Le 3 janvier 2026, l’armée américaine a lancé une opération militaire au Venezuela, bombardant des sites stratégiques et capturant le président Nicolás Maduro. Cet événement, qualifié de « course folle » par les observateurs, s’inscrit
dans un contexte de tensions géopolitiques exacerbées, avec en toile de fond la dédollarisation, le contrôle des matières premières et une nouvelle guerre froide opposant les États-Unis à la Chine et à la Russie.
Dans une émission récente de « Politique & Eco » diffusée sur YouTube, l’ingénieur et ancien consultant Jean-François Auzolle décrypte ces enjeux, soulignant comment cette intervention sert les intérêts de la « capitalisation primaire » anglo-saxonne. Complétée par une chronique économique, cette analyse révèle les motivations profondes derrière l’action de Donald Trump.
Les objectifs économiques de l’opération : contrôle des ressources et pression sur la chine
Selon Auzolle, l’intervention au Venezuela n’est pas un acte isolé mais une étape dans une logique impérialiste américaine visant à sécuriser les matières premières.
« Les Anglo-Saxons savent depuis longtemps que les Russes disposent de la plus grande planche à billets du monde, appuyée sur 20 à 30 % des ressources naturelles mondiales »,
explique-t-il (et non sur du papier artificiellement surévalué). Face à des rendements décroissants dans l’industrie – où les coûts de production chutent grâce à la numérisation –, les États-Unis cherchent à reprendre le contrôle de sphères d’influence perdues, comme en Amérique du Sud.
Le pétrole vénézuélien, souvent présenté comme la plus grande réserve prouvée au monde (environ 34 milliards de barils), est un prétexte. Auzolle relativise : des découvertes russes en mer australe (551 milliards de tonnes de pétrole de meilleure qualité) et des projets comme Sakhaline 3 rendent le brut vénézuélien – lourd, solide à l’état naturel et coûteux à extraire (jusqu’à 500 dollars le baril pour être rentable) – moins attractif. ExxonMobil, grand perdant de la nationalisation sous Maduro, préférerait s’allier aux Russes plutôt que de s’embourber au Venezuela. Pourtant, Trump applique les plans de l’ « État profond », ou plutôt de la « capitalisation primaire » : des familles immensément riches (présentes chez Vanguard, BlackRock ou State Street) qui capitalisent depuis des siècles et influencent les politiques mondiales.
L’objectif principal ? « Casser la Chine ». Les États-Unis ont financé la production chinoise pour maximiser les marges (comme avec l’iPhone à 90 % de marge), mais face à l’ascension militaire de Pékin, ils cherchent à isoler la Chine de ses fournisseurs. Le Venezuela, sous embargo américain, vendait son pétrole en yuan depuis 2017, contournant le pétrodollar – un accord de 1974 entre les USA et l’Arabie saoudite imposant le dollar pour les transactions pétrolières. En capturant Maduro, Trump ferme une porte à la Chine, qui dépendait du brut vénézuélien (moins de 4 % de ses importations, mais stratégique). L’Iran, avec son pétrole léger idéal pour raffiner le brut lourd vénézuélien, pourrait être la prochaine cible, privant Pékin d’une autre source clé.
La capitalisation primaire et l’influence globale des élites anglo-saxonnes
Auzolle introduit le concept de « capitalisation primaire » : des élites organisées depuis l’an 1000, qui contrôlent les flux via des cercles de réflexion et des ONG comme le Lucis Trust (avec 100 milliards de dollars de budget, influençant l’ONU). Contrairement à la France, où « à chaque élection, on remet la planche à zéro », ces familles assurent une continuité stratégique. Elles sélectionnent des candidats incompétents pour maintenir leur emprise, comme le soulignait un Rothschild au XIXe siècle : « L’essentiel, c’est que le peuple croit en la démocratie et que nous choisissions tous les candidats. »
En Europe, cette influence se traduit par une perte de souveraineté : vente de savoir-faire (comme Alstom aux Américains), promotion des énergies renouvelables mythiques, et dépendance à l’OTAN. Auzolle raconte une anecdote lors d’une visite au SHAPE (commandement OTAN) : un officier américain encourageait l’Europe à dépendre des USA pour sa défense. Aujourd’hui, l’Europe est « désarmée« , avec des industries délocalisées en Chine (comme BMW ou Volkswagen) et un endettement massif (310 milliards d’euros d’emprunts pour la France en 2026, sans valeur ajoutée).
La chronique économique : un monde de « brut » et les richesses confisquées
Dans la chronique économique suivante, Philippe Béchade qualifie 2026 d’ « un monde de brut », marquant une intervention brutale causant une cinquantaine de morts, dont des gardes cubains. Les motivations américaines sont claires : s’emparer des richesses vénézuéliennes. Au-delà du pétrole, il y a de l’or en jungle orientale, des terres rares et même 600.000 bitcoins minés pour contourner les embargos imposés par Trump en 2017 (exclusion de SWIFT).
Les Chinois, via leur système CUPS, ont fourni oxygène monétaire et matériel d’extraction, incompatible avec les standards américains. Trump propose de « confisquer » 50 millions de barils pour financer la remise à niveau, forçant les Vénézuéliens à acheter américain – une violation flagrante des règles de l’OMC. Cela réaffirme la doctrine Monroe (rebaptisée « Doctrine Trump ») : l’Amérique latine est le « pré carré » des USA. Les marchés restent stables, mais l’or et l’argent montrent des manipulations (chute suspecte le 5 janvier), suggérant des interventions pour sauver des positions short américaines.
Perspectives : vers un retour des empires et la « Disneyisation » de l’Europe ?
Auzolle prédit un retour des empires : USA, Russie et Chine atteignent une « taille critique » pour exister, tandis que l’Occident méprise ses partenaires potentiels. L’Europe, ayant abandonné la méritocratie (avec des leaders plagiaires ou sans diplômes), se dirige vers la « Disneyisation » : un grand parc touristique, avec « fromages qui puent » et musées, loin de la production de valeur. Le Groenland pourrait être la prochaine cible, pour ses ressources et sa position stratégique, malgré la nécessité de coopérer avec les Russes sur les brise-glaces.
Face au silence de Pékin et Moscou qui réfléchissent ensemble à une réponse, cette intervention marque une escalade. Elle souligne l’hypocrisie : Trump gracie des narcotrafiquants tout en accusant Maduro, tandis que la drogue (organisée par la CIA en Afghanistan ou Colombie) recycle des fortunes à Wall Street.
En conclusion, l’opération au Venezuela n’améliore pas le quotidien des Américains, comme l’admet John Evans. Elle vise à affaiblir la Chine, sécuriser le dollar et perpétuer la domination anglo-saxonne. Pour l’Europe, c’est un avertissement : sans autonomie stratégique, elle risque de devenir un vassal dans cette nouvelle guerre froide. Comme le résume Auzolle, « nous n’existons pas politiquement » – un appel à repenser nos alliances avant qu’il ne soit trop tard.


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