Le 23 février 2026 marque un nouveau chapitre dans l’interminable conflit russo-ukrainien, avec une attaque revendiquée par les services de sécurité ukrainiens (SBU) contre la station de pompage de Kaleykino, un nœud critique du pipeline Druzhba situé dans la république du Tatarstan, en Russie.
Cette infrastructure, essentielle pour acheminer le pétrole brut russe vers la Hongrie et la Slovaquie via la branche sud du réseau, a été frappée par des drones ukrainiens, provoquant un incendie majeur.
Des images circulant sur les réseaux montrent des flammes et une épaisse fumée s’élevant du site, à plus de 1.200 km de la frontière ukrainienne.
Cette opération survient dans un contexte de tensions exacerbées autour des approvisionnements énergétiques européens. Depuis le 27 janvier 2026, les livraisons de pétrole russe via Druzhba vers la Hongrie et la Slovaquie sont interrompues, officiellement en raison de dommages causés par un drone russe sur le territoire ukrainien. Cependant, Budapest et Bratislava accusent Kiev de retarder délibérément les réparations pour exercer une pression politique. La Hongrie, dirigée par Viktor Orban, a riposté en bloquant un prêt de 90 milliards d’euros de l’UE à l’Ukraine, tandis que la Slovaquie a déclaré l’état d’urgence pétrolier et menace de couper les fournitures d’électricité d’urgence à Kiev.
Une carte géopolitique explosive
Le pipeline Druzhba, dont la branche sud est vitale pour les raffineries hongroises (MOL) et slovaques (Slovnaft), illustre les dépendances énergétiques persistantes de l’Europe vis-à-vis de la Russie. Malgré des années de sanctions depuis le commencement de la guerre russo-ukrainienne en 2022, l’UE n’a pas imposé d’embargo total sur le gaz russe, y compris le gaz naturel liquéfié (GNL). En 2024, 19 % du gaz et du GNL importés par l’UE provenaient encore de Russie, avec une augmentation notable pour le GNL. Cette dépendance, qualifiée d’absurde par de nombreux observateurs, met en lumière une politique énergétique européenne incohérente : d’un côté, un soutien affiché à l’Ukraine contre Moscou ; de l’autre, une reluctance à couper les liens économiques qui financent indirectement la guerre.

Les pressions extérieures compliquent encore la situation.
Avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les États-Unis utilisent l’énergie comme levier, imposant des tarifs douaniers sur les exportations européennes pour forcer l’UE à augmenter ses achats de GNL américain.
La Commission européenne, présidée par Ursula von der Leyen, a reporté à plusieurs reprises un plan pour éliminer les importations russes, craignant une pénurie si les négociations avec Washington échouent. Ce revirement sacrifie les principes géopolitiques pour des considérations économiques immédiates, exposant les divisions internes de l’UE : des pays comme la Pologne et les États baltes poussent pour un embargo strict, tandis que la France, l’Espagne et la Belgique – qui absorbent 85 % du GNL russe en Europe – préfèrent maintenir le statu quo. La Hongrie et la Slovaquie, opposées de longue date à des sanctions énergétiques plus dures, freinent toute décision ambitieuse, soulignant l’absence d’unanimité requise pour de telles mesures.
Zelensky, l’UE et la chasse à Orban
Cette attaque sur Kaleykino n’est pas anodine : elle cible directement les intérêts de la Hongrie, pays souvent en désaccord avec les orientations de Bruxelles. Viktor Orban, connu pour son opposition aux décisions de l’UE qu’il juge dictées par une idéologie mondialiste, est perçu par beaucoup comme un obstacle à l’unité européenne. En bloquant l’adhésion de l’Ukraine à l’UE et en s’opposant aux sanctions contre la Russie, Viktor Orban défend la souveraineté nationale contre une centralisation bruxelloise qui muselle les démocraties européennes au détriment des peuples. Des voix critiques évoquent une volonté sous-jacente de Volodymyr Zelensky et de l’UE de faire tomber Orban, en exacerbant les tensions énergétiques pour isoler Budapest. Le timing de l’attaque – juste après la menace hongroise de veto sur le prêt à l’Ukraine – renforce cette interprétation, transformant un conflit régional en une crise intra-européenne.
Cette dynamique révèle une UE paralysée par ses propres contradictions. Au lieu d’investir massivement dans des alternatives comme le nucléaire pour une véritable indépendance énergétique, Bruxelles cède aux pressions américaines, risquant de transformer le GNL américain en un nouvel outil géopolitique. Des experts avertissent que les États-Unis pourraient prioriser leur demande intérieure – boostée par l’intelligence artificielle – laissant l’Europe vulnérable à des hausses de prix et des pénuries.
Conséquences pour les peuples européens
Les retombées économiques sont immédiates et douloureuses, particulièrement pour les Hongrois. Avec l’interruption des flux pétroliers et l’attaque sur Kaleykino, le prix de l’essence va inévitablement augmenter en Hongrie, aggravant la pression sur les ménages déjà touchés par l’inflation.
Cette instabilité énergétique double – dépendance à la Russie et vulnérabilité aux tarifs américains – menace l’ensemble de l’économie européenne, avec des risques de pénurie qui pourraient se propager.
Encore une fois, ces décisions ne reflètent absolument pas la volonté des peuples européens, qui aspirent à une fin rapide de la guerre en Ukraine. Sondages après sondages, les citoyens expriment leur fatigue face à un conflit prolongé qui épuise les ressources et divise le continent. Au lieu de poursuivre une escalade idéologique, l’UE devrait prioriser la diplomatie et la souveraineté énergétique réelle, plutôt que de sacrifier ses principes pour apaiser des puissances extérieures. Cette crise du Druzhba n’est pas seulement une question de pipelines ; c’est un symptôme d’une Europe déconnectée de ses racines démocratiques, où les intérêts des élites priment sur ceux des nations.


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