Analyse des frappes israélo-américaines sur l’Iran

Analyse des frappes israélo-américaines sur l’Iran

Une stratégie de « perfide » ou un calcul raté ?

Dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, les frappes israélo-américaines sur l’Iran, survenues le 28 février 2026, marquent une escalade significative. Baptisée « Roaring Lion » (Lion rugissant) par Israël et « Epic Fury » par les États-Unis, cette opération conjointe vise un changement de régime à Téhéran.

Selon l’analyse de Jacques Baud, ancien officier de renseignement suisse et auteur spécialisé dans les conflits israélo-iraniens, ces attaques ne sont pas seulement prévisibles, mais s’inscrivent dans une stratégie de « perfide » – un terme juridique international désignant l’utilisation trompeuse de négociations pour masquer des préparatifs militaires.

Contexte des attaques : la quatrième agression

L’Iran n’a jamais attaqué Israël ou les États-Unis, pourtant, c’est la quatrième fois que le duo israélo-américain frappe le pays perse. Jacques Baud rappelle les précédents en 2024 et 2025, soulignant l’absence de condamnations occidentales, ce qui a encouragé cette impunité. L’opération iranienne de riposte, nommée « True Promise 4 », est perçue par Téhéran comme une continuation des défenses antérieures.

La décision d’attaquer semble avoir été prise lors de la visite de Benjamin Netanyahou à Washington le 11 février 2026, comme révélé par le Council on Foreign Relations.

Cette action n’a été approuvée ni par le Congrès américain ni par le Conseil de sécurité des Nations Unies, violant les normes internationales.

Plus choquant encore : ces frappes interviennent alors que des négociations se déroulaient à Genève entre Américains et Iraniens, sous les auspices de la Suisse.

Les négociations comme couverture militaire

Jacques Baud accuse les États-Unis, sous Donald Trump, d’instrumentaliser les pourparlers diplomatiques. « Les Américains utilisent les négociations non pas pour la paix, mais comme une couverture pour préparer une attaque », explique-t-il. Ce modus operandi s’est répété avec l’Iran en 2024-2025, avec le Hamas en Palestine, et même avec le Venezuela. Techniquement, cela constitue une « perfide » : leurrer l’adversaire en feignant la bonne foi.

Le discours de Trump sur l’état de l’Union le 25 février, truffé d’accusations fantaisistes contre l’Iran, préparait le terrain narratif pour justifier l’assaut. Les experts sérieux anticipaient cette escalade, d’autant que les négociations à Genève paraissaient sincères du côté iranien.

Objectifs des frappes : décapitation et changement de régime

Les Israéliens ont ciblé le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, détruisant sa résidence et tuant sa famille, y compris un petit-enfant. Jacques Baud note que Khamenei s’y attendait, ayant déclaré être prêt à mourir et ayant préparé sa succession. Environ 40 responsables iraniens auraient été éliminés, mais des remplaçants ont été annoncés immédiatement, démontrant la résilience du système iranien.

Critiquant la stratégie occidentale, Baud argue que l’Occident est passé de stratèges à tacticiens : « Attaquer la tête du serpent sans exploiter la surprise est inefficace. » L’Iran avait dupliqué ses structures de commandement, anticipant l’assaut grâce à la montée en puissance visible des forces américaines dans le Golfe Persique. Sans forces au sol pour exploiter la décapitation – comme des troupes parachutistes ou un gouvernement alternatif – les Américains et Israéliens n’ont pas pu capitaliser sur leur succès initial.

Riposte iranienne : une stratégie graduée et résiliente

L’Iran a répliqué avec des missiles sur des bases américaines dans sept pays du Moyen-Orient, franchissant les défenses Patriot et Dôme de Fer. Jacques Baud prédit une escalade graduelle : épuisement des défenses adverses, puis frappes sur des cibles économiques américaines.

Les Iraniens, attaqués quatre fois, voient désormais le conflit comme existentiel et visent un « succès décisif » pour dissuader de futures agressions.

Contrairement à 2025, où Téhéran limita sa réponse, l’Iran pourrait fermer le détroit d’Ormuz (désormais fermé), bloquant 20 % du pétrole mondial (20 millions de barils par jour). Cela pourrait être physique ou via des refus d’assurance pour les pétroliers, impactant les prix de l’énergie et affaiblissant Trump avant les midterms de 2026. Des sondages (Politico, janvier 2026 ; YouGov) montrent que 70 % des Américains s’opposent à une guerre avec l’Iran, particulièrement chez les démocrates.

Rôle des alliés et conséquences régionales

La France, impliquée dans la déstabilisation de l’Iran via des groupes d’opposition (retirés des listes terroristes américaines en 2012), pourrait être ciblée. Jacques Baud note que les ripostes iraniennes sur des bases américaines dans des pays alliés remettent en question ces alliances : « Être allié des États-Unis expose à des risques inutiles. » Contrairement aux Israéliens, qui tirent « sur tout et n’importe quoi », les Iraniens sont stratégiques, légitimant leurs actions aux yeux des Arabes.

Économiquement, Israël risque des destructions massives, pires que la « guerre des 12 jours » de 2025. Baud avertit que la logique pousse l’Iran à « raser Israël » pour survivre, bien que ce ne soit pas leur intention initiale.

Le Mythe du programme nucléaire iranien

Les motifs invoqués – brutalité contre l’opposition ou programme nucléaire – sont démontés par Jacques Baud. Les manifestations de décembre-janvier 2026 (30.000 morts allégués, probablement exagérés) furent provoquées par les américains via l’effondrement du rial. L’opposition est militarisée, non pacifique.

Sur le nucléaire : des rapports américains (CIA 2007DNI 2024-2025 – voir ici et ici) confirment que l’Iran stoppa son programme en 2003 et n’en construit pas. La fatwa de Khamenei l’interdisait, mais sa mort pourrait changer cela.

Ironiquement, les attaques répétées pourraient pousser l’Iran vers l’arme nucléaire pour se défendre, créant un nouvel « équilibre de la terreur ».

Implications globales : vers une troisième guerre mondiale ?

L’ONU est contournée, le Conseil de sécurité muet sauf Russie et Chine, qui condamnent. Les négociations avec la Russie (sur l’Ukraine) sont impactées : les Russes voient les américains comme perfides, militarisation des pourparlers. La Suisse, hôte des pourparlers, n’a rien compris, selon Jacques Baud.

Les BRICS ne sont pas une alliance militaire, mais cet événement pourrait accélérer le désengagement du dollar américains. Jacques Baud craint une escalade mondiale via les alliances, mais note la retenue rationnelle de Russie, Chine et Iran, contrastant avec l’impulsivité occidentale.

L’Iran a renforcé ses liens avec Moscou et Pékin récemment, refusant auparavant leur aide par fierté. Netanyahou a fui Israël, tandis que les Iraniens montrent confiance en leur résilience.

Succession et perspectives

Un conseil provisoire dirige l’Iran post-Khamenei ; un successeur devrait être annoncé. Baud est optimiste pour l’Iran : sa capacité de durée dépasse celle d’Israël et des américains, limités par des stocks d’armes épuisés (fournis à l’Ukraine et Israël).

En conclusion, ces frappes révèlent une diplomatie occidentale viciée, risquant un conflit prolongé coûteux pour Trump et déstabilisant la région. Comme l’écrit Jacques Baud dans ses ouvrages, les fake news et la perfidie gouvernent, mais la résilience iranienne pourrait inverser la donne. »

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