L’UE et l’Australie signent un accord commercial aux dépens des agriculteurs français

Canberra, 24 mars 2026 – Au terme de huit années de négociations, l’Union européenne et l’Australie ont signé mardi un vaste accord de libre-échange au Parlement de Canberra. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre australien Anthony Albanese ont paraphé le texte en grande pompe. Pourtant, derrière les discours officiels sur un partenariat « ambitieux »,

cet accord s’inscrit dans une série de décisions unilatérales de Bruxelles qui, une fois de plus, sacrifient les intérêts agricoles français au profit d’objectifs géopolitiques et industriels.

La Commission européenne vante une suppression quasi-totale des droits de douane, promettant une hausse des exportations européennes d’environ un tiers. Les secteurs de l’automobile et des produits laitiers seraient les grands gagnants.

Mais pour la France, le bilan est bien plus sombre : l’ouverture progressive du marché européen à la viande bovine australienne (jusqu’à 30.600 tonnes sur dix ans, avec un tiers seulement les cinq premières années) et à 25.000 tonnes de viande ovine et caprine risque de déstabiliser durablement les filières d’élevage déjà fragilisées.

Des éleveurs français, comme ceux de la filière ovine, craignent une « perte de valeur » de l’agneau national face à une concurrence produite dans des conditions aux antipodes des normes européennes. Patrick Soury, vice-président de la Fédération nationale ovine, résume le sentiment général : « On est sacrifiés. »

Une logique de trahison répétée après le Mercosur

Cet accord intervient quelques semaines seulement après l’entrée en vigueur provisoire du traité avec le Mercosur, imposé malgré les protestations massives des agriculteurs français et européens. Là encore, la Commission a choisi d’ouvrir grand les portes à des importations massives de bœuf, volaille, sucre et soja sud-américains, produits selon des normes environnementales, sanitaires et sociales bien inférieures à celles exigées des producteurs européens.

Résultat : une concurrence déloyale qui écrase les prix, menace des milliers d’exploitations et accélère la désertification rurale.

Les organisations professionnelles, de la FNSEA à la Coordination rurale, ont dénoncé un « jeu de dupes » et un « reniement » des promesses de protection.

Ursula von der Leyen et la Commission poursuivent ainsi une stratégie claire : externaliser la production agricole au profit de partenaires lointains tout en imposant aux paysans français des réglementations toujours plus draconiennes (Green Deal, normes « vertes », coûts de production exorbitants). L’hypocrisie est flagrante :

l’Europe interdit chez elle ce qu’elle accepte d’importer massivement.

Et ce n’est pas un hasard si, après le Mercosur, Bruxelles s’empresse de conclure avec l’Australie : l’objectif prioritaire est d’assurer l’accès aux minéraux critiques (lithium, terres rares, manganèse) indispensables à la transition énergétique et aux batteries électriques. L’agriculture française devient, une nouvelle fois, la variable d’ajustement.

Décisions unilatérales et dérive autoritaire de Bruxelles

Ce qui frappe dans cette séquence est la méthode : des décisions prises à Bruxelles, souvent en coulisses, sans réel débat démocratique ni prise en compte des oppositions nationales.

La Commission avance sur la base de « mandats clairs » qu’elle s’attribue elle-même, contournant les Parlements et les États membres les plus réticents.

La France, pourtant première puissance agricole européenne, se retrouve isolée, son « non » initial balayé au profit d’une coalition germano-espagnole pressée de signer. Des clauses de sauvegarde sont promises, mais les agriculteurs savent désormais qu’elles restent souvent théoriques face à la réalité des flux commerciaux.

Cette approche illustre une centralisation croissante du pouvoir à Bruxelles, où la présidente von der Leyen impose sa vision d’un libre-échange sans frein, quitte à ignorer la colère montante des campagnes françaises. Les manifestations de tracteurs à Paris et Bruxelles, les barrages routiers et les blocages de ports n’ont pas suffi à infléchir la ligne bruxelloise. Au contraire, l’application provisoire de ces accords permet de les rendre irréversibles avant même une ratification complète par les instances démocratiques.

Un risque majeur pour la souveraineté alimentaire française

Les conséquences sont déjà prévisibles : chute des prix à la production, faillites en cascade dans les filières bovine et ovine, dépendance accrue aux importations (la France importe déjà plus d’un agneau sur deux). La souveraineté alimentaire, pilier de l’indépendance nationale, est progressivement sacrifiée sur l’autel d’une idéologie libre-échangiste qui profite surtout aux grands groupes industriels et aux importateurs. Pendant ce temps, les éleveurs français, étranglés par les normes européennes, doivent affronter une concurrence déloyale qui rend leurs efforts inutiles.

La France dispose pourtant d’un potentiel nourricier exceptionnel qui lui permettrait d’assurer son autosuffisance alimentaire à hauteur de 130 % de ses besoins grâce à ses 28 millions d’hectares de terres agricoles.

Au lieu de valoriser cette force stratégique pour se nourrir d’abord elle-même et réorienter la production vers le marché intérieur, les accords successifs imposés par Bruxelles accentuent la dépendance du pays aux importations lointaines (50 à 60 % des fruits et légumes par exemple) tout en consacrant 43 % des surfaces agricoles à l’exportation massive. Cette logique paradoxale prive la France de sa capacité à échapper aux diktats et chantages extérieurs et porte atteinte à sa dignité nationale : redevenir maître de ses productions essentielles devient non seulement une question de survie économique, mais un impératif de souveraineté.

Bruxelles assure que les volumes restent « limités » et que des mécanismes de protection existent. Mais les agriculteurs, confrontés à une crise sans précédent, n’y croient plus. Après le Mercosur, l’accord avec l’Australie confirme une tendance lourde : l’UE, sous la houlette de sa présidente, privilégie les intérêts géostratégiques et les grands groupes au détriment des producteurs français. Une politique qui, à force de concessions unilatérales, risque de creuser encore le fossé entre une élite bruxelloise et une France rurale qui se sent trahie. L’accord doit encore être ratifié par le Conseil et, pour certains aspects, par le Parlement européen. Mais pour beaucoup d’agriculteurs, le mal est déjà fait.

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