Selon une note statistique publiée jeudi 30 avril par le ministère de l’Éducation nationale, près de 10 % des heures d’enseignement n’ont pas été assurées dans les collèges et lycées publics durant l’année scolaire 2024-2025. Précisément 9,8 %. Un chiffre qui progresse encore de 0,7 point en un an, malgré les engagements répétés du gouvernement.
Derrière cette moyenne, une réalité bien connue des familles : celle des cours annulés, des emplois du temps troués et des élèves livrés à eux-mêmes. Dans la majorité des cas près de trois sur quatre ces heures perdues s’expliquent par l’absence d’enseignants non remplacés. Maladies, bien sûr, mais aussi obligations internes au système : formations, préparation et surveillance des examens, corrections. Autant de missions indispensables qui, pourtant, se traduisent concrètement par des classes sans professeur.
À cela s’ajoute un autre facteur, plus structurel : la fermeture ponctuelle d’établissements. Environ un quart des heures non assurées y est lié, notamment lors des périodes d’examens. Plus rarement, des événements exceptionnels, intempéries ou réunions pédagogiques, viennent également interrompre les cours.
L’étude met en lumière des écarts saisissants entre établissements. Dans les situations les plus favorables, les pertes se limitent à 3 % des heures. À l’autre extrémité, elles atteignent 19 %, soit près d’un cours sur cinq envolé. Le problème n’a rien de nouveau. Depuis plusieurs années, l’Éducation nationale tente d’améliorer les remplacements de courte durée, notamment pour les absences inférieures à quinze jours. Sans résultats probants.
Le ministère justifie la suppression annoncée de 4 000 postes d’enseignants l’an prochain par la baisse du nombre d’élèves. Une logique démographique contestée par les syndicats, qui dénoncent un contresens au regard des difficultés déjà constatées sur le terrain.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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