Darmanin se rend en Algérie pour sauver la peau de Macron

Two men in suits sit on cream armchairs in a formal meeting room with EU, French, and Algerian flags behind them.

Gérald Darmanin a atterri à Alger hier. Le ministre de la Justice n’est resté que vingt-quatre heures sur place, mais son déplacement concentre plusieurs urgences bilatérales. Il s’agit du troisième voyage d’un ministre français en quelques semaines : Laurent Nuñez s’y est rendu en février, Alice Rufo début mai. Lundi, le garde des Sceaux doit rencontrer son homologue Lotfi Boudjemaa, et une entrevue avec le président Abdelmadjid Tebboune n’est pas exclue. L’objectif affiché est de remettre en marche les échanges judiciaires, quasiment gelés depuis l’été 2024.

Le point le plus concret concerne la DZ Mafia. Ce réseau marseillais, identifié par les enquêteurs comme responsable d’une grande partie des 49 homicides liés au narcotrafic dans les Bouches-du-Rhône en 2023, utiliserait le territoire algérien pour organiser des circuits financiers et mettre à l’abri certains de ses cadres. Selon le ministère, Paris a adressé à Alger plusieurs dizaines de demandes d’entraide ces derniers mois. Gérald Darmanin est accompagné de trois magistrats de haut rang : Laureline Peyrefitte, directrice des affaires criminelles et des grâces, Vanessa Perrée, procureure nationale anticriminalité organisée, et Pascal Prache, procureur national financier. Leur mission consiste à rouvrir un dialogue direct avec leurs homologues sur les commissions rogatoires en attente et les profils recherchés.

Le deuxième volet porte sur le journaliste sportif Christophe Gleizes. Arrêté en mai 2024 alors qu’il préparait un reportage sur le football en Kabylie, il a été condamné en appel en juin 2025 à sept ans de prison pour apologie du terrorisme. La France a récemment obtenu une visite consulaire après plusieurs mois d’interruption. La piste d’une grâce présidentielle est désormais évoquée, mais Paris évite toute déclaration publique appuyée pour ne pas nuire aux tractations.

Un épisode récent fragilise toutefois cette reprise de contact. Le 11 avril, un agent du consulat d’Algérie à Créteil a été mis en examen avec deux autres hommes dans l’enquête sur l’enlèvement de l’influenceur opposant Amir Boukhors. Alger a immédiatement dénoncé une « cabale judiciaire » et mis en garde contre un nouveau refroidissement.

Le déplacement intervient aussi dans un contexte de tensions politiques internes en France. Fin avril, Emmanuel Macron a plaidé pour le maintien du dialogue avec Alger tout en fustigeant les partisans d’une rupture. Bruno Retailleau a réagi en réaffirmant sa ligne de fermeté, notamment sur le refus algérien de reprendre les étrangers sous obligation de quitter le territoire.

Antoine, rédacteur stagiaire, service information

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