Près de deux mois après le lancement de l’opération Fureur épique (Epic Fury) contre l’Iran le 28 février 2026, le président américain Donald Trump a annoncé avoir renoncé, pour l’instant, à une nouvelle série de frappes contre Téhéran.
Cette décision, prise à la dernière minute et motivée par des appels des dirigeants des pays du Golfe, a plongé la région et la communauté internationale dans une attente fébrile.
Alors que les négociations piétinent face à la fermeté iranienne, qui surprend Washington, Israël semble seul à plaider pour une reprise rapide des hostilités.
Israël isolé dans son appel à la guerre
Selon les informations relayées par les médias américains (voir ici et ici), le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou aurait activement sollicité Donald Trump dès fin février pour déclencher le conflit. Aujourd’hui, l’armée israélienne affiche sa préparation :
des listes de cibles potentielles en Iran sont régulièrement mises à jour.
L’objectif affiché est clair : démontrer à Washington que Tel-Aviv est prêt à frapper si la guerre doit reprendre, afin de conserver son « momentum ».
Pourtant, Israël apparaît bien isolé. La Chine, par la voix de Xi Jinping – qui a récemment accueilli Donald Trump pour plusieurs jours –, a averti qu’une reprise des hostilités serait « particulièrement inopportune » ce jour lors de la visite officielle de Vladimir Poutine. La plupart des alliés traditionnels des États-Unis partagent cette prudence.
Les Gardiens de la révolution iranienne ont pour leur part menacé d’internationaliser le conflit en activant leurs proxies en cas de nouvelles frappes américaines ou israéliennes.
Le Guide suprême a salué la « résistance historique » de l’Iran, laissant entendre que toute reddition de Téhéran n’est pas à l’ordre du jour.
Les pétromonarchies sur leurs gardes
Les monarchies du Golfe observent la situation avec une extrême méfiance. Depuis le 28 février, elles ont pris conscience que les bases américaines installées sur leur sol, censées les protéger, pouvaient se transformer en cibles prioritaires en cas de riposte iranienne. L’Arabie saoudite a nettement pris ses distances avec Israël et Washington ces dernières semaines (voir ici). Les pétromonarchies redoutent également de nouvelles frappes de représailles et s’inquiètent des conséquences durables sur le transport des hydrocarbures, pilier de leur économie.
Les médias américains rapportent qu’au moins une dizaine de mines sous-marines auraient été posées dans le détroit d’Ormuz. Ces déclarations suffisent à paralyser une partie du trafic maritime et à faire exploser les primes d’assurance. Les infrastructures énergétiques endommagées (puits, raffineries, sites de transport) mettront des mois, voire des années, à être réparées, même en cas de désescalade rapide.
La France se prépare… mais la diplomatie reste prioritaire
Face à cette éventualité, la ministre des Armées française, Catherine Vautrin, a indiqué que la France se préparait à d’éventuelles opérations de déminage dans le détroit d’Ormuz et à des missions d’escorte de navires mais aussi que les pays européens en avaient la capacité (voir ici).
« C’est d’abord la voie diplomatique, ensuite l’escorte des bateaux », a-t-elle précisé.
Cependant, dans la mesure où les initiatives françaises ont systématiquement été écartées par Téhéran, ces déclarations sont largement perçues comme relevant de la communication de crise.
Trump face à un dilemme lourd de conséquences
Donald Trump se trouve aujourd’hui dans une position délicate. Les hésitations et revirements successifs du président américain témoignent de sa conscience des risques considérables d’une escalade. Il doit choisir entre :
- Trouver une issue diplomatique sans avoir pleinement atteint ses objectifs, souvent qualifiés d’« mal définis » ;
- Ou s’engager dans de nouvelles hostilités massivement rejetées par une large partie de sa base électorale et par ses partenaires internationaux, à l’exception notable d’Israël.
Le monde retient son souffle. La reprise des combats, que Tel-Aviv semble appeler de ses vœux, n’est pour l’instant ni confirmée ni exclue. Dans les jours qui viennent, la décision de Donald Trump pourrait déterminer si la région bascule à nouveau dans le chaos ou si une fragile désescalade parvient à s’imposer.


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