L’armée américaine a mené une opération militaire dans le sud de l’Iran lundi 25 mai, quelques heures seulement après l’arrivée de responsables iraniens à Doha pour faire avancer les discussions de paix. Le commandement central des États-Unis a déclaré avoir visé des rampes de tir et des embarcations qui tentaient de déposer des mines à proximité de Bandar Abbas. Ces actions, présentées comme une riposte défensive, visaient selon Washington à écarter une menace directe contre ses soldats déployés dans la région.
Plusieurs détonations ont été signalées par les médias officiels iraniens aux alentours de minuit dans cette ville portuaire qui borde le détroit d’Ormuz. La télévision d’État a ensuite annoncé un retour au calme et l’ouverture d’une enquête pour identifier la cause précise des explosions. Aucun décompte de victimes ou de destructions n’a été rendu public dans l’immédiat. Le Pentagone a insisté sur sa volonté de limiter l’ampleur de ses interventions depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril dernier.
Ces tirs sont intervenus alors que les contacts diplomatiques connaissaient une nouvelle impulsion. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi et le principal négociateur du pays se trouvaient justement dans la capitale qatarie lundi, une première depuis les frappes de représailles menées par Téhéran contre plusieurs États du Golfe. Au même moment, une équipe pakistanaise emmenée par le Premier ministre Shehbaz Sharif et le chef de l’armée Asim Munir était reçue en Chine, un acteur qui soutient les initiatives de médiation d’Islamabad.
Malgré l’opération armée, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a tenu un discours mesuré depuis l’Inde, où il effectue un déplacement officiel. Il a expliqué que les pourparlers avec l’Iran achoppaient désormais sur le choix des termes exacts d’un projet d’accord préliminaire et que ce travail de rédaction demanderait quelques jours supplémentaires. Il a également affirmé que le détroit d’Ormuz finirait par être dégagé, qualifiant le blocus imposé par Téhéran d’inacceptable pour l’économie mondiale. La fermeture de ce passage stratégique perturbe en effet la circulation de près de 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés chaque jour sur la planète.
Quelques heures avant les frappes, Donald Trump avait déjà invité à la prudence concernant l’hypothèse d’un compromis rapide, en répétant qu’il refusait de précipiter les choses. Du côté iranien, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a reconnu que la plupart des points en discussion étaient désormais réglés, tout en écartant l’idée d’une signature imminente.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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