Un juge de Southampton a condamné le 21 mai deux garçons de 15 ans à un suivi socio-éducatif intensif, sans incarcération, après les avoir reconnus coupables du viol de deux mineures. Cette décision, qui écarte l’enfermement, a immédiatement provoqué de vives réactions en Grande-Bretagne et poussé le procureur général à saisir la cour d’appel.
Les agressions se sont produites en 2024 et en 2025. Les victimes avaient alors moins de 16 ans. Le second viol a été commis sous la menace d’un couteau. Les adolescents ont filmé les scènes avant de diffuser les vidéos sur les réseaux sociaux. Un troisième mineur de 14 ans a été condamné pour avoir incité au viol de 2025.
Le juge a reconnu l’extrême gravité des faits, mais a expliqué qu’il souhaitait éviter de criminaliser des garçons très jeunes en les envoyant en détention. L’une des victimes a déclaré que les propos du magistrat l’avaient frappée comme une violence physique. Elle a exprimé son choc face à une justification qui, selon elle, ignore l’ampleur de sa souffrance.
Mardi 26 mai, le procureur général britannique Richard Hermer a annoncé qu’il déférait l’affaire à la cour d’appel de Londres. Il a mobilisé une procédure spécifique permettant de contester les peines trop clémentes, en soulignant l’intérêt public majeur et la préoccupation que ce dossier soulève. Les juges d’appel devront déterminer s’il convient d’alourdir les sanctions.
Le même jour, la Française Gisèle Pelicot, devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles après le procès des viols de Mazan, a pris la parole. Elle a expliqué être entièrement le choc que les responsables puissent retrouver la liberté alors que les victimes subissent des traumatismes qu’elles ne pourront jamais guérir. Elle a rappelé que la justice doit nommer les actes et reconnaître la douleur des victimes sans laisser place à l’impunité.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


Laisser un commentaire