Un épisode de pollution à l’ozone touche ce mercredi 27 mai l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, a annoncé la fédération Atmo France. La vague de chaleur qui s’est installée sur le pays depuis le week-end dernier, combinée à un fort ensoleillement, favorise la formation de ce polluant irritant. Des concentrations inhabituelles pour une fin mai ont été mesurées. En Île-de-France, il faut remonter à 2007 pour trouver un épisode comparable avant le mois de juin, et à 2011 pour l’Auvergne-Rhône-Alpes.
Karima Delli, présidente de l’association Respire, a dénoncé une situation où la population subit à la fois des températures étouffantes et un air dégradé. Elle a estimé que la précocité d’un tel épisode constitue un avertissement sérieux sur l’accélération des crises climatique et sanitaire. Atmo France souligne que le changement climatique ne se limite pas à la hausse du thermomètre, mais aggrave directement la qualité de l’air.
Ce gaz ne sort pas des pots d’échappement ou des cheminées. Il se forme par réaction chimique, sous l’effet du rayonnement solaire, entre les oxydes d’azote et les composés organiques volatils. Ces polluants proviennent en grande partie du trafic routier, des industries et de certaines pratiques agricoles. Une fois inhalé, l’ozone irrite les voies respiratoires, provoque des toux et peut aggraver l’asthme ou les maladies pulmonaires chroniques. Il affecte aussi la végétation en réduisant la photosynthèse et les rendements agricoles.
Dans la vallée du Rhône, le seuil d’information de 180 microgrammes par mètre cube a été dépassé dès la matinée, avec des pointes à 195 µg/m³ selon les données d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Face à cette situation, les autorités recommandent d’éviter les activités sportives en plein air et de privilégier les transports en commun ou le covoiturage. Respire demande des mesures d’urgence plus fortes : la gratuité immédiate des transports collectifs et le déclenchement de la circulation différenciée dans les agglomérations touchées. Mercredi à la mi-journée, ces dispositifs n’avaient pas encore été activés. Le déclenchement de la circulation différenciée dépend généralement du dépassement du seuil d’alerte de 240 µg/m³, qui n’était pas atteint mercredi midi.
L’épisode de chaleur, qualifié d’inédit pour la saison par Météo-France, a déjà donné des températures supérieures à 38 °C dans le sud et devrait se prolonger. La persistance du soleil et de l’air chaud laisse présager un maintien des fortes concentrations d’ozone pendant plusieurs jours. Les préfectures appellent à la vigilance, en particulier pour les jeunes enfants, les personnes âgées et les insuffisants respiratoires.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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