L’exécutif italien a officiellement demandé vendredi 29 mai à l’Union européenne de muscler sa surveillance aux frontières face à la circulation du virus Ebola en Afrique centrale. Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, au président du Conseil européen, Antonio Costa, et à la présidence chypriote de l’UE, la Première ministre Giorgia Meloni réclame l’inscription de ce dossier à l’ordre du jour du prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement, prévu les 18 et 19 juin.
Depuis qu’une épidémie a été déclarée le 15 mai en République démocratique du Congo (RDC), le bilan s’est alourdi à plus de 1 000 cas suspects et 246 décès dans ce pays, d’après les autorités sanitaires locales. L’Ouganda voisin a confirmé sept infections, dont un décès. Aucun cas n’a été signalé en Europe à ce stade, mais Rome estime que la situation exige une vigilance renforcée.
L’Italie a déjà mis en place, sur son territoire, un dispositif de contrôle sanitaire ciblé pour les voyageurs revenant des zones touchées. Un groupe d’experts de l’institut romain Spallanzani, spécialisé dans les maladies infectieuses, doit par ailleurs s’envoler ce week-end pour Kinshasa afin de fournir du matériel médical et des médicaments, ainsi qu’une assistance technique aux équipes locales.
Dans son courrier, Giorgia Meloni demande que la gestion des frontières fasse l’objet d’une coordination européenne. Elle souhaite que les ministres de la Santé des Vingt-Sept tiennent une visioconférence « dès la semaine prochaine » pour harmoniser les règles applicables aux arrivées directes et indirectes depuis les régions affectées. L’objectif est d’élaborer des protocoles communs sans empiéter sur les prérogatives des États en matière de protection de la santé. La cheffe du gouvernement italien insiste sur la nécessité d’éviter des mesures nationales dispersées qui fragiliseraient l’espace de libre circulation.
Le virus Ebola provoque des fièvres hémorragiques avec un taux de létalité pouvant atteindre 90 %, selon l’OMS. Face à l’épidémie de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest, l’UE avait coordonné un contrôle renforcé dans les aéroports et financé des centres de traitement. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) suit aujourd’hui la situation en RDC et conseille d’éviter les déplacements non indispensables, sans restreindre le commerce.
La Commission européenne n’a pas réagi officiellement vendredi. La demande italienne devrait néanmoins s’inviter aux discussions préparatoires du Conseil européen, plusieurs États craignant des cas importés.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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