À un an de la présidentielle, le socle électoral d’Emmanuel Macron se réduit et se transforme. Selon une enquête Ipsos menée pour la Fondation Jean-Jaurès, Le Monde et le Cevipof auprès de plus de 11 000 personnes (vague d’avril 2026), seuls 35 % des électeurs du président en 2022 continuent de se reconnaître dans le bloc central. Les autres se répartissent entre une tentation de droite (27 %), une tentation de gauche (23 %) et une frange désabusée (15 %). Ces données confirment l’émiettement d’un électorat qui avait permis au chef de l’État de capter des voix de la gauche modérée et de la droite classique dès le premier tour du scrutin précédent.
L’étude distingue quatre profils. Les « héritiers », ce tiers resté fidèle, ne forment pas un ensemble homogène. Leur attachement aux partis centristes est mesuré : 34,5 % d’entre eux déclarent une forte probabilité de voter pour Horizons, le mouvement d’Édouard Philippe, tandis que 32,5 % penchent pour Renaissance, désormais dirigé par Gabriel Attal, candidat déclaré à l’Élysée. L’ancien Premier ministre maire du Havre bénéficie toutefois d’une satisfaction légèrement supérieure dans tous les segments interrogés. Les deux sont en concurrence directe, avec l’idée d’un retrait du moins bien placé début 2027 si un duel RN-LFI se précise au second tour.
Sur le fond, les « héritiers » ne veulent pas d’un prolongement du quinquennat finissant. D’après l’enquête, 57 % d’entre eux souhaitent « réformer la société française en profondeur ». Le vote barrage contre l’extrême droite ou Jean-Luc Mélenchon ne suffit plus à les mobiliser, explique Antoine Bristielle, directeur de l’Observatoire de l’opinion à la Fondation Jean-Jaurès. La stratégie du rempart s’essouffle jusque dans ce noyau.
Les segments qui s’éloignent du centre obéissent à des logiques distinctes. Chez les « tentés par la droite », les questions identitaires dominent : 67 % jugent que la maîtrise de l’immigration sera déterminante pour leur vote et 70 % estiment qu’il y a « trop d’immigrés en France ». Les « tentés par la gauche », majoritairement urbains et diplômés, se tournent vers le centre-gauche sur les enjeux sociaux et écologiques ; 59 % placent la préservation de l’environnement parmi leurs priorités. Enfin, parmi les « désabusés », 51 % se déclarent insatisfaits du bilan présidentiel. À mesure que 2027 approche, la droite et la gauche cherchent à capter ces anciens électeurs macronistes.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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