Anticor se constitue partie civile dans l’affaire Alstom-General Electric

Anticor se constitue partie civile dans l’affaire Alstom-General Electric

L’enquête sur la perte de souveraineté industrielle relancée dix ans après

Dix ans après la cession controversée de la branche énergie d’Alstom à General Electric, l’affaire judiciaire rebondit de manière spectaculaire. Comme l’a révélé Le Monde le 3 mars 2026, 

l’association anticorruption Anticor s’est constituée partie civile le 20 février 2026 dans l’information judiciaire ouverte par le Parquet national financier (PNF).

Cette procédure vise des faits de corruption, trafic d’influence, prise illégale d’intérêts et abus d’autorité liés à la vente de 2014, autorisée par Emmanuel Macron alors ministre de l’Économie. Un dossier ultrasensible qui remet en lumière la perte de technologies stratégiques et interroge directement les conditions de cette opération.

Le contexte : une vente stratégique bradée sous pression américaine

En 2014, Alstom, fleuron industriel français (transports, énergie, nucléaire), est affaibli par une enquête du Department of Justice américain pour corruption internationale. Le groupe accepte de payer une amende record de plus de 700 millions d’euros en décembre 2014. Cette sanction facilite la cession de sa branche énergie (« Power and Grid ») au géant américain General Electric pour 12,3 milliards d’euros.

Emmanuel Macron, ministre de l’Économie depuis août 2014 (et auparavant secrétaire général adjoint de l’Élysée), donne son aval à l’opération en novembre 2014. Résultat : des milliers de suppressions d’emplois (notamment à Belfort), et surtout le transfert à l’étranger de technologies sensibles, dont les turbines Arabelle utilisées dans les centrales nucléaires françaises et les sous-marins nucléaires de la Marine nationale. Une perte historique de souveraineté énergétique et militaire.

L’enquête judiciaire : corruption, pantouflage et abus d’autorité

Depuis décembre 2022 (après une ordonnance de disjonction), le PNF mène une information judiciaire pour :

  • corruption passive et active (par ou sur agent public) ;
  • trafic d’influence passif et actif ;
  • prise illégale d’intérêts (pantouflage) ;
  • abus d’autorité par personne dépositaire de l’autorité publique.

Une commission rogatoire est en cours. Aucune mise en examen n’a été prononcée à ce jour. 

L’enquête porte notamment sur le rôle d’Emmanuel Macron et de son entourage, ainsi que sur les intermédiaires financiers qui ont perçu près de 100 millions d’euros de commissions pour accompagner la transaction (banques, cabinets d’avocats, agences de communication).

Parmi eux figure la banque Rothschild & Co, où Emmanuel Macron a été banquier d’affaires entre 2010 et 2012. Certains acteurs de ces structures ont par ailleurs contribué personnellement à la campagne présidentielle de Macron en 2017.

L’origine du signalement remonte à Olivier Marleix, député LR et ancien président de la commission d’enquête parlementaire sur la politique industrielle de l’État. Il évoquait un possible contournement d’Arnaud Montebourg et un « pacte de corruption ». Marleix a été retrouvé pendu à son domicile le 7 juillet 2025.

Anticor exige une enquête indépendante et transparente

Anticor, qui avait déjà déposé des plaintes en 2018 et 2019 sur le volet corruption d’Alstom, justifie son action par ces mots : 

« Dans un dossier aussi sensible, susceptible de concerner les plus hautes autorités de l’État, il est essentiel que la justice puisse exercer sa mission sans pression ni interférence. » 

L’association veut accéder au dossier, formuler des demandes d’actes et veiller à ce que toutes les responsabilités – y compris celles des décideurs publics et intermédiaires – soient examinées. Elle parle explicitement d’un possible « pacte de corruption » où des soutiens financiers à la campagne de 2017 auraient pu récompenser l’autorisation de la vente.

Les conséquences : souveraineté industrielle saccagée

Cette affaire n’est pas anecdotique. Elle symbolise la fragilisation volontaire ou non de pans entiers de l’industrie française. Outre Alstom, d’autres actifs stratégiques ont été cédés sous la même période (Alcatel, Technip, STX Chantiers navals, aéroport de Toulouse-Blagnac…). L’État a dû, des années plus tard, racheter partiellement des technologies parties chez GE.

Dix ans après, alors que le second mandat de Macron touche à sa fin et que la France tente de relancer sa souveraineté (France 2030, nucléaire), ce dossier resurgit. Anticor rappelle que « personne n’a été poursuivi en France » pour les faits de corruption pourtant reconnus aux États-Unis.

Une affaire qui interroge la justice et la souveraineté

Aucune mise en examen n’intervient pour l’instant. Emmanuel Macron, en tant qu’ancien ministre, ne peut être jugé que par la Cour de justice de la République. Mais l’entrée d’Anticor comme partie civile relance la pression pour une instruction complète et sans entrave.

Dans un monde de tensions géopolitiques et de course aux technologies critiques, cette affaire pose une question fondamentale : un État peut-il laisser filer son industrie stratégique sans contrôle réel ? La justice doit désormais trancher entre erreurs politiques et éventuelles infractions pénales. La France, et les Français, méritent la vérité.

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