Banque de France : une perte record de 7,7 milliards d’euros en 2024

Banque de France : une perte record de 7,7 milliards d’euros en 2024

Paris, 26 mars 2025 – La Banque de France a récemment reconnu une perte nette record de 7,7 milliards d’euros pour l’année 2024, un chiffre sans précédent dans son histoire, qui suscite des interrogations sur la gestion monétaire et les impacts des crises récentes. Annoncée le 19 mars dernier, cette nouvelle a fait l’effet d’une onde de choc, relayée massivement dans les médias et sur les réseaux sociaux entre le 24 et le 28 mars 2025, où l’inquiétude et les critiques se sont multipliées.

Une perte historique aux origines multiples

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, n’a pas cherché à minimiser l’ampleur de cette perte lors de sa conférence de presse du 19 mars. « C’est un chiffre qui n’a pas existé dans l’histoire de la Banque de France », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « cela n’existera plus non plus dans l’avenir prévisible ». Selon lui, cette situation est le résultat d’un « enchaînement exceptionnel » de crises : la pandémie de Covid-19 en 2020, l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, et la politique de taux élevés imposée par la Banque centrale européenne (BCE) en 2024 pour juguler l’inflation.

Dans le détail, la perte opérationnelle brute de la Banque de France s’élève à 17,9 milliards d’euros, un montant colossal qui a été partiellement atténué par un prélèvement de 10,1 milliards d’euros sur le Fonds pour risques généraux (FRG), des réserves constituées par le passé. Ce n’est pas la première fois que l’institution fait face à des difficultés : en 2023, elle avait déjà enregistré une perte opérationnelle de 12,4 milliards d’euros, mais avait réussi à la compenser intégralement pour afficher un résultat net à zéro. Cumulées, ces pertes opérationnelles sur deux ans dépassent les 30 milliards d’euros, un chiffre qui, pour certains observateurs, reflète une situation alarmante pour une banque centrale nationale.

Un contexte économique et monétaire sous tension

L’analyse des causes de cette perte met en lumière les défis structurels auxquels font face les banques centrales européennes. La politique monétaire de la BCE, marquée par une remontée rapide des taux d’intérêt en 2024 (atteignant un pic de 4 % selon certaines sources), a lourdement pesé sur les bilans. Cette hausse, visant à contrer l’inflation post-crise ukrainienne, a entraîné une augmentation du coût de rémunération des dépôts des banques commerciales, qui s’élevait en moyenne à 3,73 % en 2024. Parallèlement, les obligations à taux fixes très bas (environ 0,7 %), acquises massivement pendant la période de politique monétaire accommodante post-Covid, ont généré des revenus insuffisants pour compenser ces charges.

Ce déséquilibre n’est pas propre à la France. La Bundesbank allemande a également annoncé une perte historique de 19,2 milliards d’euros en 2024, la première depuis 1979, tandis que la BCE elle-même a enregistré un déficit de 7,94 milliards d’euros. Ces chiffres témoignent d’une crise systémique affectant les institutions monétaires européennes, prises en étau entre des impératifs de stabilité des prix et les conséquences de crises géopolitiques et sanitaires.

Des répercussions immédiates pour l’État

Cette perte nette de 7,7 milliards d’euros a des conséquences directes pour les finances publiques françaises. En temps normal, la Banque de France verse des impôts et des dividendes à l’État, mais ce déficit prive le Trésor public de recettes importantes. Dans un contexte où le déficit commercial de la France, bien qu’en amélioration à 81 milliards d’euros en 2024, reste élevé, cette perte accentue les pressions sur un budget national déjà fragilisé.

François Villeroy de Galhau a toutefois tenu à rassurer : « La situation financière de la Banque de France est suffisamment solide. » Il a écarté tout besoin de recapitalisation par l’État et affirmé que l’institution, forte de 202,7 milliards d’euros de capitaux nets et de plus-values latentes, ainsi que de ses 2 400 tonnes d’or, peut absorber ce choc. Il a également exclu de vendre les réserves d’or pour combler le déficit, une option qui avait été évoquée par certains analystes.

Une gestion critiquée et des perspectives incertaines

Malgré ces assurances, des voix critiques se font entendre. Sur les réseaux sociaux, entre le 24 et le 28 mars, des utilisateurs ont exprimé leur inquiétude, certains allant jusqu’à accuser l’administration actuelle de « non-gestion » et de mettre le pays « sous tutelle de Bruxelles ». D’autres observateurs, plus mesurés, pointent du doigt une gestion monétaire qui, bien que contrainte par des facteurs exogènes, semble avoir manqué de prévoyance. La perte cumulée de plus de 30 milliards d’euros sur deux ans est jugée « totalement anormale » pour une banque nationale, censée être un pilier de stabilité économique.

François Villeroy de Galhau reste optimiste, prévoyant une réduction des pertes en 2025 et un retour aux bénéfices « dans un nombre limité d’années ». Il mise sur une baisse progressive des taux directeurs de la BCE, qui devrait alléger la charge des dépôts bancaires. Cependant, cette projection reste entourée d’incertitudes, notamment face à un contexte international volatile, marqué par des tensions commerciales et des risques inflationnistes persistants, comme l’a récemment souligné Christine Lagarde, présidente de la BCE.

Un signal d’alarme pour l’avenir ?

Au-delà des chiffres, cette perte historique interroge la résilience des institutions financières face à des crises en cascade. Si la Banque de France dispose de réserves solides pour absorber ce choc, l’absence de recettes pour l’État et la récurrence des pertes opérationnelles soulignent la fragilité du système monétaire actuel. Alors que l’Europe fait face à des défis majeurs – transition écologique, numérique, et rivalités géopolitiques –, la capacité des banques centrales à naviguer dans cet environnement incertain sera cruciale.

Pour l’heure, l’image de la Banque de France, jadis symbole de stabilité, est écornée. Reste à savoir si les prévisions optimistes de son gouverneur se concrétiseront, ou si cette perte record n’est que le prélude à des difficultés plus profondes pour l’économie française et européenne.

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