Davos 2026 : dialogue mondial ou mirage élitaire ?

Davos 2026 : dialogue mondial ou mirage élitaire ?

En ce 20 janvier 2026, au cœur des Alpes suisses, le Forum économique mondial (WEF) bat son plein sous le thème « A Spirit of Dialogue ». Du 19 au 23 janvier, près de 3.000 leaders issus de plus de 130 pays – dont environ 65 chefs d’État et de gouvernement, 850 PDG et une centaine de pionniers technologiques – se réunissent à Davos-Klosters pour aborder les défis globaux. Cet événement, souvent qualifié de « grande messe des mondialistes », met l’accent sur la coopération dans un monde contesté, l’innovation responsable et la prospérité durable, mais il suscite aussi des interrogations sur la formation d’un super-gouvernement au-dessus des nations et des peuples.

Les thèmes clés de cette édition

Le programme s’articule autour de cinq défis majeurs : la coopération dans un monde plus contesté, le déblocage de nouvelles sources de croissance, l’investissement dans les personnes, le déploiement responsable de l’innovation, et la construction d’une prospérité respectant les limites planétaires. Des sessions explorent la géopolitique, l’intelligence artificielle, la transition énergétique et les risques économiques, comme la confrontation géoéconomique identifiée comme le principal risque mondial pour 2026 selon le Global Risks Report du WEF.

Parmi les discussions, l’idée d’une gouvernance globale renforcée émerge, avec des appels à des alliances sélectives et une coopération public-privé pour affronter les crises.

Le Global Cooperation Barometer 2026 note un déclin de la coopération internationale pour la paix et la sécurité, suggérant un besoin de structures supranationales pour naviguer dans un ordre mondial en mutation. Certains observateurs y voient les contours d’un « super-gouvernement » où des élites non élues – entreprises, ONG et États – influenceraient les politiques nationales, potentiellement au détriment de la souveraineté des peuples. Par exemple, des initiatives comme le « Great Reset » promu par le WEF en 2020, qui visait une économie plus inclusive post-pandémie, alimentent ces débats sur une centralisation du pouvoir.

La vision mondialiste : « vous ne posséderez rien et vous serez heureux »

Au cœur des critiques, le slogan associé au WEF – « You’ll own nothing and be happy » (Vous ne posséderez rien et vous serez heureux) – issu d’une prédiction pour 2030 publiée en 2016, symbolise une vision d’économie partagée et durable. Cette idée, promue par Klaus Schwab, fondateur du Forum, envisage un monde où la propriété individuelle cède la place à des services partagés, favorisant l’environnement et l’égalité.

Cependant, elle est souvent interprétée comme une utopie pour les masses, tandis que les élites conservent leurs privilèges.

Des voix soulignent l’ironie : pendant que le WEF prône la sobriété et la réduction des émissions, les participants arrivent en masse par jets privés, exacerbant les inégalités.


L’hypocrisie des élites : jets privés et contradictions environnementales

Cette année, plus de 709 jets privés ont été enregistrés pour l’événement, un record qui illustre l’hypocrisie perçue des « mondialistes ». Alors que le Forum discute de la transition énergétique et des limites planétaires, ces voyages émettent autant de CO2 que certains petits pays en un an, contrastant avec les appels à la mobilité durable pour le grand public – comme les vélos ou les transports en commun. Des critiques sur les réseaux sociaux, comme un post soulignant que ces ultra-riches imposent des régimes d’insectes et de viande de laboratoire aux autres tout en profitant de luxes, amplifient ce sentiment d’injustice.

Cette disparité renforce l’idée que le « super-gouvernement » en gestation à Davos bénéficierait avant tout aux très riches, laissant les peuples face à des contraintes sans représentation réelle. Le WEF, bien que non décisionnel, influence les agendas mondiaux via ses réseaux, comme les Young Global Leaders qui forment des dirigeants nationaux.

Vers un Nouvel Ordre Mondial (NOM) ?

Davos 2026 pourrait marquer un tournant, avec des figures comme Donald Trump potentiellement présentes pour challenger l’ordre multilatéral. Tandis que le Forum prône le dialogue pour reconstruire la confiance, des analystes avertissent que sans inclusion des peuples, ces initiatives risquent d’alimenter le populisme et la fragmentation. Reste à voir si cette « grande messe » débouchera sur des actions concrètes ou renforcera les clivages entre élites et citoyens ordinaires.

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