Un geste symbolique à Lille
En janvier 2026, une scène symbolique s’est déroulée à Lille : des policiers ont ouvert leur cordon de sécurité pour laisser passer des pompiers manifestants, sous les applaudissements et les remerciements mutuels. Ce geste, capturé en vidéo, illustre un malaise croissant au sein des services de l’État, où les agents de terrain expriment une perte de confiance envers leur hiérarchie, perçue comme déconnectée des réalités quotidiennes et alignée sur des politiques gouvernementales controversées. Les pompiers protestaient contre un manque d’effectifs et des conditions de travail dégradées, un refrain récurrent qui s’étend à la police et d’autres corps d’État.
L’affaire Agnès Mazin-bottier : un cas emblématique de désobéissance
Ce n’est pas un incident isolé. Agnès Mazin-Bottier, ancienne directrice départementale de la police nationale des Landes, a été démise de ses fonctions le 14 janvier 2026 après avoir refusé d’exécuter un ordre direct du préfet Gilles Clavreul. Lors d’une manifestation d’agriculteurs devant la préfecture, elle a privilégié la négociation plutôt que les interpellations ordonnées, évitant ainsi une escalade de violence. Accusée de désobéissance, elle a été écartée par un simple SMS, une méthode qualifiée de « grossière et brutale » par le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN).
Mazin-Bottier, émue lors de son départ sous les ovations de ses collègues, a opté pour une retraite anticipée, se disant « écœurée » par le comportement du préfet.
Le préfet a défendu sa décision, invoquant des « manquements répétés », mais le SCPN dénonce une mise à l’écart « arbitraire et humiliante« , exacerbant les tensions entre commissaires et préfets.
L’érosion de la loyauté hiérarchique sous macron
Cette affaire met en lumière une érosion de la loyauté hiérarchique, particulièrement sous la présidence d’Emmanuel Macron. Des sondages et rapports soulignent une défiance croissante : en 2022, 57 % des Français ne faisaient pas confiance à Macron en matière de sécurité, un chiffre qui a grimpé à 70 % en 2023.
Au sein des forces de l’ordre, le malaise est palpable.
Un rapport de Terra Nova de 2025 pointe une dégradation du lien police-population, avec une surutilisation de la force et une perte de sens des missions imposées par une hiérarchie distante. Les suicides chez les policiers atteignent 50 à 70 par an, avec des plaintes sur des commissariats insalubres et un manque de moyens.
Le malaise chez les pompiers et les échos historiques
Les pompiers, souvent en première ligne, partagent ce sentiment. Bien que des cas historiques de désobéissance existent – comme lors de la Commune de Paris en 1871, où les sapeurs-pompiers ont ignoré les ordres pour combattre des incendies – des tensions modernes émergent. En 2024, des pompiers ont défié des refus officiels pour aider lors de catastrophes, comme en Grèce où des équipes françaises sont intervenues malgré les obstacles gouvernementaux. Sous Macron, les manifestations des « Gilets jaunes » et des agriculteurs ont vu des agents de base exprimer une réticence à réprimer des concitoyens, percevant les ordres comme excessifs et alignés sur des intérêts perçus comme « collaborationnistes » – un terme évoquant une soumission à des forces extérieures, comme l’UE ou des lobbies agro-industriels, au détriment des intérêts nationaux.
Les syndicats policiers amplifient le discours de résistance
Des syndicats policiers ont amplifié ce discours. En 2023, lors des émeutes, des unions ont menacé de « rejoindre la résistance » si le gouvernement ne changeait pas de cap, déclarant : « Aujourd’hui la police est en combat car nous sommes en guerre. Demain nous serons en résistance. » Macron a résisté aux appels pour un état d’urgence, craignant d’affaiblir son autorité, tandis que des émeutiers pillaient des postes de police. Grégory Joron, syndicaliste, a affirmé que « les policiers ont perdu confiance dans le Président », citant une « haine anti-flics » alimentée par des politiques défaillantes.
Des signes de tension dans les autres services de l’état
D’autres services de l’État montrent des signes similaires. Des gendarmes et agents administratifs rapportent une culture toxique, avec des blocages pour ceux qui dénoncent des abus, comme dans un témoignage de 2024 sur des violences internes non signalées. Un baromètre Cevipof de 2022 note un décrochage de la confiance des jeunes envers la police.
Parallèles historiques et perspectives d’avenir
Cette dynamique évoque des parallèles historiques avec le régime de Vichy, où la police collaborationniste a exécuté des ordres nazis, menant à des rafles et déportations, malgré des résistances isolées. Aujourd’hui, le terme « collaborationiste » est réapproprié par des critiques pour décrire un État perçu comme inféodé à des intérêts supranationaux, au risque d’aliéner ses propres forces. Si cette tendance persiste, elle pourrait mener à une crise plus profonde, où la base refuse de collaborer avec une hiérarchie jugée illégitime, menaçant la cohésion des services publics.


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