Le gazole marin, ce carburant détaxé pourtant vital pour nos chalutiers, est en train de couler la filière pêche française. En dix jours seulement, le litre est passé de 58-62 centimes à 77-90 centimes selon les ports bretons – et jusqu’à frôler l’euro dans certains cas. À Guilvinec, Loctudy, Lorient ou Concarneau, les armements travaillent déjà à perte. Plusieurs patrons l’ont dit sans détour : « Si on atteint un euro le litre, les bateaux restent à quai. » Le Comité national des pêches parle d’une hausse « impossible à absorber » et réclame des mesures d’urgence. Les marins-pêcheurs paient cash les conséquences d’une crise qu’ils n’ont pas créée.
« Cette hausse est en train de nous tuer »
David Le Quintrec, patron pêcheur et président de l’UFPA Union française des pêcheurs artisans, résume la situation : « Le gazole est arrivé à un prix critique. » Christophe Collin, directeur d’un armement bigouden, est plus direct : « On travaille à perte, ça nous plombe complètement. » Jérôme Nicol, qui gère cinq chalutiers, prévient : au-delà du seuil symbolique d’un euro, il arrête tout.
Le carburant représente 30 à 50 % des coûts.
Impossible de répercuter sur le prix du poisson vendu aux enchères. Résultat : sorties en mer raccourcies, emplois menacés, filière déjà fragilisée par le Brexit, le Covid et la guerre en Ukraine qui risque l’effondrement.
Le Finistère est en première ligne. Maël de Calan, président du conseil départemental, a écrit à la ministre de la Mer pour exiger le rétablissement immédiat d’une aide au carburant comme en 2022. Une réunion d’urgence est prévue vendredi à Bercy. Pour l’instant, le gouvernement « étudie tous les scénarios » et « surveille la situation ». Traduction : rien de concret, alors que les bateaux risquent de rester au port dans les jours qui viennent.
Le vrai coupable : les choix géopolitiques suicidaires de Bruxelles et de ses élites
Cette flambée n’est pas un accident de la météo ou un caprice des marchés. Elle est la conséquence directe du conflit au Moyen-Orient – guerre États-Unis/Israël/Iran, blocage du détroit d’Ormuz – qui a fait exploser le baril de pétrole.
Et qui a provoqué cette guerre ? Les mêmes dirigeants européens qui, depuis des années, multiplient les décisions immatures et incompétentes : déploiements militaires précipités, soutiens unilatéraux sans débat démocratique, sanctions ruineuses qui se retournent contre nous.
On crée la crise énergétique, on entretient les tensions géopolitiques, puis on laisse les peuples payer l’addition. Les pêcheurs bretons, les agriculteurs, les transporteurs, les ménages ruraux : tous sacrifiés sur l’autel d’une politique étrangère néoconservatrice et d’une transition idéologique qui nous a rendus dépendants du pétrole étranger. Pendant qu’on nous serine le « Green Deal » et la sortie du nucléaire, on nous rend vulnérables à chaque secousse au Moyen-Orient. On interdit aux particuliers de stocker du carburant « pour éviter les pénuries », mais on ne protège pas ceux qui font tourner le pays.
Les élites européennes jouent aux apprentis sorciers avec les conflits du monde entier, imposent des milliards d’aides et de sanctions sans consulter les peuples, et refusent ensuite le bouclier carburant ou les aides massives.
Résultat : inflation alimentaire, précarité qui explose dans la France périphérique, factures qui explosent. Les pêcheurs ne sont que les derniers en date à trinquer. Demain ce seront les routiers, après-demain les artisans.
Il est temps que les dirigeants rendent des comptes
Le gouvernement français est saisi, mais la racine du mal est à Bruxelles et dans cette caste européenne qui gouverne sans jamais assumer les conséquences de ses actes. Les marins-pêcheurs n’ont pas demandé cette guerre. Ils n’ont pas voté pour ces déploiements. Ils veulent simplement travailler, nourrir la France et vivre dignement.
Les peuples ne sont pas des variables d’ajustement. Ils ne doivent plus payer pour l’immaturité et l’incompétence de ceux qui les dirigent. Il faut des aides d’urgence immédiates pour la pêche, mais surtout un changement radical : reprendre le contrôle de notre politique étrangère et énergétique, arrêter de sacrifier les Français sur l’autel de conflits inutiles et d’idéologies mortifères.
Les pêcheurs bretons lancent un cri d’alarme. Il serait temps que les dirigeants européens l’entendent avant que la filière ne coule pour de bon – et avec elle, une partie de notre souveraineté alimentaire.


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