Iran : les stocks de missiles s’effondrent

Iran : les stocks de missiles s’effondrent

Les faits accablants sur l’épuisement des stocks

Le 4 mars 2026, François Asselineau publiait sur X un post particulièrement incisif, accompagné d’une capture d’écran d’un article Reuters exclusif. Le tweet met en lumière une réalité brutale : 

après seulement quelques jours de frappes intensives sur l’Iran (opération « Epic Fury » lancée le 28 février), les stocks américains de munitions, et notamment de missiles de croisière Tomahawk, sont déjà en train de fondre à vue d’œil.

Les chiffres sont accablants. Près de 400 missiles Tomahawk ont été tirés en 72 heures, soit environ 10 % de l’inventaire total des États-Unis. Cela représente l’équivalent de plusieurs années, voire d’une décennie de production au rythme actuel (seulement 57 unités commandées pour 2026). L’agence Reuters révèle que les patrons de Lockheed Martin, Raytheon (RTX) et des principaux industriels de l’armement sont convoqués d’urgence à la Maison Blanche le 6 mars pour trouver des solutions. Le Pentagone prépare déjà une rallonge budgétaire de 50 milliards de dollars pour reconstituer les stocks. Trump accuse ouvertement l’administration Biden d’avoir « dilapidé » ces armes en Ukraine, mais la réalité est plus cruelle : la machine de guerre américaine tourne à vide face à un conflit qu’elle n’avait visiblement pas anticipé à cette échelle.

Une guerre non désirée par le peuple américain

Au-delà des chiffres techniques, cette guerre pose une question politique fondamentale : qui la veut vraiment ?

Rien n’indique que le peuple américain l’ait réclamée. Après deux décennies d’interventions au Moyen-Orient (Irak, Afghanistan, Syrie, Libye…), les sondages et l’opinion publique montrent une lassitude profonde. Les Américains veulent avant tout des emplois, des frontières sécurisées, une économie qui profite à la classe moyenne et un désengagement des conflits interminables. Donald Trump avait été élu en promettant « America First » et la fin des guerres sans fin. Or, en quelques semaines, le voilà entraîné dans une escalade majeure contre l’Iran, avec l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei et des frappes sur des sites nucléaires.

Trump fragilisé pour les midterms et les élections futures

Une guerre qui, loin de renforcer sa position, risque de le fragiliser durablement. Les midterms de novembre 2026 approchent. Les républicains, déjà divisés entre isolationnistes et néoconservateurs, pourraient payer cher cette aventure. Les électeurs du Midwest et des États pivots, ceux-là mêmes qui ont porté Trump au pouvoir, supportent de moins en moins le coût humain, financier et inflationniste des guerres étrangères. Si le conflit s’enlise ou si les prix de l’énergie explosent, le retour de bâton pourrait être sévère, non seulement pour Donald Trump personnellement, mais pour l’ensemble du camp républicain en vue des élections de 2028.

Démocrates et républicains : même bellicisme, même volonté de domination mondiale

Car au fond, le problème dépasse Trump.

Que ce soient les démocrates ou les républicains, les deux grands partis américains partagent la même obsession : maintenir l’hégémonie mondiale des États-Unis par la force militaire si nécessaire.

Sous Obama, Biden, Trump ou Obama, la politique étrangère reste fondamentalement interventionniste. L’Empire ne tolère aucun rival sérieux, qu’il s’agisse de la Russie, de la Chine ou de l’Iran. Les discours changent (« changement de régime », « démocratie », « sécurité d’Israël » ou « America First »), mais l’objectif reste identique : diriger le monde.

L’amateurisme et le prix à payer

François Asselineau a raison de souligner l’amateurisme et le caractère « bâclé » de cette opération. Tuer Khamenei risque d’en faire un martyr et de souder le peuple iranien autour du régime, comme l’histoire l’a souvent montré face à une civilisation millénaire qui « a inventé les échecs » pendant que d’autres jouent encore aux dames.

Au final, cette guerre n’est pas seulement un gaspillage de missiles. C’est un révélateur : les États-Unis, qu’ils soient dirigés par un républicain ou un démocrate, restent prisonniers de leur propre logique impériale. Et ce sont les peuples américain et iranien qui en paieront le prix le plus lourd.

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