La Chine et l’Espagne haussent le ton contre Israël

La Chine et l’Espagne haussent le ton contre Israël

Un isolement diplomatique qui rappelle la mise en garde gaullienne

Alors que les opérations militaires israéliennes se poursuivent au Liban, deux puissances aux profils très différents – la Chine et l’Espagne – viennent de franchir un nouveau cap dans leur critique ouverte de l’État hébreu.

Ces prises de position, intervenues en l’espace de quelques jours en avril 2026, illustrent une montée en puissance de la pression internationale sur Tel Aviv.

Elles font écho, près de soixante ans plus tard, à la célèbre analyse du général de Gaulle sur le « peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ».

Pékin : « Le Liban ne doit pas devenir une autre Gaza »

La Chine a nettement durci son discours. Le 31 mars 2026, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur adjoint Sun Lei a déclaré sans ambiguïté : 

« Le Liban ne doit pas devenir une autre Gaza. »

Il a appelé Israël à retirer immédiatement ses forces du territoire libanais et à respecter la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale du pays. Le 10 avril, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a réitéré cette ligne :

la souveraineté et la sécurité du Liban « ne doivent pas être violées », les civils doivent être protégés et toutes les parties doivent faire preuve de « retenue » et de désescalade après les récentes frappes israéliennes.

Ce n’est plus une simple déclaration de principe. Pékin passe d’une posture de neutralité prudente à un ton nettement plus direct, positionnant la Chine comme une voix montante dans le dossier moyen-oriental. Sans menacer d’action militaire ou économique immédiate, elle assume désormais un rôle d’arbitre diplomatique, invitant la communauté internationale à empêcher la répétition de la « tragédie de Gaza ».

Madrid : la riposte espagnole face à la menace de Netanyahu

Parallèlement, l’Espagne n’a pas hésité à durcir sa position. Le gouvernement de Pedro Sánchez, déjà très critique depuis la reconnaissance de l’État palestinien et les accusations de violations du droit international, a multiplié les déclarations fermes. En réaction, Benjamin Netanyahu a accusé Madrid de mener une « guerre diplomatique » contre Israël et de « diffamer » les soldats de Tsahal. 

Le 10 avril 2026, le Premier ministre israélien a annoncé l’exclusion immédiate des représentants espagnols du centre de coordination civilo-militaire pour Gaza. Il a averti : 

« Je ne suis pas disposé à tolérer cette hypocrisie et cette hostilité. Je ne permettrai à aucun pays de mener une guerre diplomatique contre nous sans payer un prix immédiat. »

La réponse espagnole n’a pas tardé. Des responsables gouvernementaux ont rétorqué en substance : « Nous ne vous diffamons pas, nous vous définissons : vous êtes un régime génocidaire et criminel. » L’échange reflète une dégradation spectaculaire des relations entre les deux pays, Madrid assumant une ligne parmi les plus dures en Europe.

L’écho de la position gaullienne

Ces développements contemporains font étrangement résonner les mots prononcés par le général de Gaulle le 27 novembre 1967, lors d’une célèbre conférence de presse à l’Élysée. Dans le contexte de la guerre des Six Jours, le fondateur de la Ve République avait déclaré :

« Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. »

De Gaulle, qui avait choisi de ne pas s’aligner sur la position pro-israélienne de nombreux pays occidentaux, soulignait à la fois l’exceptionnalité historique du peuple juif et les risques géopolitiques inhérents à sa réunification sur une terre disputée. Il mettait en garde contre une possible dérive conquérante, tout en reconnaissant le « capital considérable d’intérêt et même de sympathie » accumulé par les Juifs.

Aujourd’hui, face à une Chine qui élève la voix et à une Espagne qui refuse de baisser la garde, la diplomatie israélienne semble confrontée à cette même question de perception :

jusqu’où peut aller la « sûreté de soi » d’un État puissant sans risquer un isolement croissant sur la scène internationale ?

Dans un monde multipolaire où Pékin affirme son influence et où des pays européens traditionnellement plus modérés durcissent leur ton, l’épisode actuel pourrait marquer un tournant. Israël paie-t-il aujourd’hui le prix de cette « ambition ardente » que redoutait déjà de Gaulle ? Ou assiste-t-on simplement à une recomposition classique des alliances face à un conflit qui s’éternise ? L’Histoire, comme souvent, tranchera. Mais le signal est clair : la patience diplomatique internationale s’épuise.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

NOUS CONCERNANT
NOUS CONCERNANT
MultiPol 360
À l’heure où tout semble s’effondrer dans les sociétés humaines et où ceux qui prônaient un Nouvel Ordre Mondial unipolaire découvrent avec rage que la majorité des peuples du monde n’acceptent plus la dictature occidentale, notre équipe a décidé de vous présenter ce monde en mutation en analysant les faits principaux qui sont soit occultés soit manipulés par les médias aux ordres. Nous couvrons l’essentiel de l’actualité française et internationale sans que vous perdiez votre temps à chercher parmi les milliers d’informations qui nous sont proposées chaque jour. Aujourd’hui, ceux qui veulent s’informer pour approcher la vérité et résister à la désinformation du Système ont un nouvel outil à leur disposition : Il s’appelle MultiPol360. Nous sommes heureux de le mettre à votre disposition. Bienvenue dans le monde multipolaire de demain !

NOS CONSEILS DE LECTURE

Vous y trouverez des conseils de lecture qui vous aideront à mieux comprendre les enjeux de la géopolitique et des interactions qui gouvernent notre monde.

SITES AMIS