Le fiasco européen au Groenland : symbole d’une désorientation géopolitique

Le fiasco européen au Groenland : symbole d’une désorientation géopolitique

En ce début d’année 2026, l’Europe se retrouve une fois de plus au cœur d’une comédie géopolitique absurde, illustrée par le déploiement éclair – et le retrait tout aussi rapide – d’une poignée de soldats allemands au Groenland.

Cet épisode, survenu entre le 16 et le 18 janvier, met en lumière les tensions croissantes avec les États-Unis sous la présidence réélue de Donald Trump, tout en révélant les fractures internes de l’Union européenne et de l’OTAN.

Alors que Trump réaffirme ses ambitions impérialistes sur cette île arctique stratégique, les dirigeants européens, comme le chancelier allemand Friedrich Merz, semblent perdus, oscillant entre une riposte symbolique et un pivot inattendu vers la Russie.

Les ambitions persistantes de Trump sur le Groenland

Donald Trump n’a jamais caché son intérêt pour le Groenland, un territoire autonome sous souveraineté danoise depuis le XVIIIe siècle, mais qu’il perçoit comme un « grand deal immobilier » essentiel pour la sécurité nationale américaine. Dès 2019, lors de son premier mandat, il avait proposé d’acheter l’île, la qualifiant d’atout stratégique face aux « menaces » russes et chinoises en Arctique. Réélu en 2024, il a réitéré en 2025 et 2026 que les États-Unis « feraient ce qu’il faut » pour s’emparer du territoire si le Danemark ne pouvait le protéger adéquatement. Les motivations sont claires : l’île regorge de ressources minérales critiques comme les terres rares, le lithium, le cobalt, l’uranium, le cuivre, le nickel et l’or, indispensables pour les technologies vertes, l’industrie militaire et les transitions énergétiques. De plus, le réchauffement climatique ouvre de nouvelles routes maritimes, comme le passage du Nord-Ouest, qui pourraient raccourcir les trajets commerciaux de 40 % et renforcer la position stratégique américaine.

La base américaine de Pituffik (anciennement Thulé), établie en 1951, sert déjà de pivot pour la surveillance antimissile, mais Trump vise une expansion, potentiellement au détriment de l’écosystème fragile de l’île, qui abrite 10 % des réserves d’eau douce mondiale dans sa calotte glaciaire. Historiquement, les États-Unis ont une longue tradition d’expansion territoriale par achat – comme l’Alaska en 1867 ou la Louisiane en 1803 – et Trump s’inscrit dans cette lignée, avec des propositions comme 10.000 dollars par habitant pour convaincre les Groenlandais. Cependant, un tel rachat requerrait l’accord du Parlement danois, un référendum local et probablement danois, rendant l’opération improbable sans pressions économiques ou militaires.

La riposte européenne : un déploiement symbolique et un retrait précipité

Face à ces menaces, l’Europe a tenté une réponse avec la mission « Arctique Endurance » du 15 au 17 janvier 2026, sous l’égide du Danemark. Ce déploiement limité – impliquant la France avec une quinzaine de chasseurs alpins, l’Allemagne avec treize à quinze soldats, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni avec des contingents minimes – visait à évaluer les capacités de surveillance et à affirmer l’unité de l’OTAN sans escalade. La France, sous Emmanuel Macron, a joué un rôle clé, annonçant un renforcement terrestre, aérien et maritime, ainsi que l’ouverture d’un consulat à Nuuk le 6 février.

Pourtant, l’épisode allemand tourne au ridicule : arrivés en retard le 16 janvier via un avion danois après une escale, les quinze soldats ont quitté l’île après seulement 44 heures, le 18 janvier, sans explication officielle, embarquant dans un vol civil d’Icelandair faute de moyens militaires.

Berlin a invoqué une mission « achevée comme prévu », mais des spéculations lient ce retrait aux menaces de Trump d’imposer des droits de douane sur les pays européens impliqués. Cet incident expose les faiblesses de l’Europe : divisions internes, dépendance à l’OTAN et impuissance face à un allié unilatéral.

La population Inuite : victimes d’abus historiques et de convoitises actuelles

Au cœur de cette saga se trouve la population inuite, majoritaire (88 % des 57 000 habitants), qui a subi des abus coloniaux danois effroyables. Dans les années 1950-1970, des stérilisations forcées ont touché la moitié des femmes en âge de procréer, via des implants contraceptifs sans consentement, causant une chute démographique dramatique. Des enfants ont été arrachés pour « rééducation » au Danemark, et des violences sexuelles endémiques persistent, avec un tiers des Groenlandais victimes. Ces exactions, qualifiées de génocide silencieux, alimentent une quête d’indépendance, avec un possible référendum en 2025.

Aujourd’hui, les Inuits s’opposent à l’exploitation intensive des ressources, favorisant des partis autonomistes et écologistes. Un projet de loi discuté au Parlement groenlandais vise à limiter l’accès des étrangers à la propriété foncière, ciblant les investissements non nordiques pour protéger le marché local et la souveraineté face à la Chine, la Russie et les États-Unis. Cela répond à la pression sur les prix immobiliers et aux convoitises géopolitiques, sans interdire totalement les investissements.

Le pivot de Merz vers la Russie : un signe de perte de repères ?

Dans ce chaos, le chancelier allemand Friedrich Merz, lors d’une réception le 15 janvier, a déclaré que l’Europe devait « retrouver son plus grand voisin : la Russie », marquant un virage vers un dialogue post-conflit en Ukraine. Ce revirement, salué par le Kremlin, contraste avec les tensions arctiques et expose une Europe désorientée : pliant face aux USA au Groenland, tout en cherchant à apaiser Moscou pour des enjeux économiques comme l’énergie.

L’Europe à la dérive

Cet épisode groenlandais n’est pas anecdotique ; il symbolise une Europe ridicule, incapable de défendre ses intérêts face à un impérialisme américain décomplexé et à des menaces russes ou chinoises. Tandis que les Inuits luttent pour leur souveraineté, les dirigeants européens, de Macron à Merz, naviguent sans boussole. Sans une unité réelle et des investissements concrets, l’Arctique risque de devenir un nouveau théâtre de domination, au détriment de tous. La crise est loin d’être résolue, et 2026 s’annonce comme une année de tests majeurs pour une Europe qui semble avoir oublié où elle habite.

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