En novembre 2025, le président Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’un nouveau « service national » volontaire et militaire, d’une durée de 10 mois, prévu pour démarrer à l’été ou en septembre 2026.
Présenté comme un moyen de renforcer la cohésion nationale et de créer un réservoir de forces mobilisables face aux menaces géopolitiques croissantes, ce programme s’inscrit dans un contexte européen marqué par l’escalade des tensions avec la Russie, la guerre en Ukraine et les appels à une remilitarisation continentale.
Cependant, une analyse critique révèle des failles profondes : un dispositif inefficace, coûteux et potentiellement mortel pour les jeunes volontaires, qui risquent d’être envoyés au front sans préparation adéquate contre des armées ennemies hautement entraînées et équipées. Pire, il semble servir une agenda idéologique atlantiste et européen, menant vers un chaos orchestré plutôt qu’une défense réelle.
Contexte historique et géopolitique : de la conscription suspendue à une remilitarisation opportuniste
Le Service militaire volontaire (SMV) n’est pas une nouveauté absolue. Créé en 2015 par la loi n° 2015-917, il cible initialement les jeunes de 18 à 25 ans en exclusion professionnelle, avec une formation militaire adaptée pour favoriser l’insertion. Ce cadre succède à la conscription obligatoire, établie en 1798 par la loi Jourdan-Delbrel et suspendue en 1997 sous Jacques Chirac. Mais le nouveau programme, influencé par la Revue nationale stratégique 2025, vise une échelle bien plus ambitieuse : renforcer les armées françaises (visant 210.000 actifs et 80.000 réservistes d’ici 2030) dans un environnement géopolitique tendu.
Les tensions actuelles sont palpables : la « menace russe », amplifiée par la guerre en Ukraine en 2022, pousse des pays comme les États scandinaves et baltes à réintroduire des formes de service national. En Europe, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, appelle à une militarisation accrue, avec des fonds massifs pour l’armement (150 milliards d’euros) et des déploiements potentiels en Ukraine. La France, alignée sur l’OTAN et l’UE, semble préparer sa jeunesse à un conflit prolongé, comme l’évoquent des généraux comme Thierry Burkhard et Fabien Mandon, qui parlent de « menaces croissantes » provenant de Russie, Iran et Chine. Pourtant, ce discours belliciste masque une réalité :
78 % des Français s’opposent à un engagement direct en Ukraine, et l’Europe glisse vers une austérité imposée aux citoyens au profit d’aides militaires massives (plus de 100 milliards d’euros depuis 2022).
Détails du programme : un volontariat attractif sur le papier, mais illusoire
Ouvert aux 18-25 ans sur base volontaire, le service prévoit une sélection basée sur motivation et aptitude médicale, avec environ 80 % des participants âgés de 18-19 ans. La structure inclut un mois de formation initiale suivi de neuf mois de service sur le territoire national, sous statut militaire. Financé par la loi de programmation militaire 2026-2030, il vise à promouvoir l’esprit de défense et une « masse mobilisable » pour les crises. Les candidatures sont ouvertes depuis janvier 2026, avec une première cohorte de 3.000 jeunes en septembre, potentiellement jusqu’à 50.000 par an d’ici 2035. La rémunération, inférieure à 745 euros par mois, est bien en deçà des standards européens.
Ce dispositif diffère du Service national universel (SNU) de 2019, civil et pour les 15-17 ans, dont l’avenir est menacé par des coupes budgétaires. Mais les défis logistiques pour intégrer ces volontaires sont immenses, et le programme risque d’évoluer vers l’obligatoire si les objectifs ne sont pas atteints.
Comparaison avec l’Allemagne : des approches similaires, mais des incitations différentes
L’Allemagne a adopté en novembre 2025 un service militaire volontaire controversé, effectif mi-2027, pour atteindre les objectifs OTAN (460.000 soldats). Voici un tableau comparatif :

L’Allemagne opte pour une rémunération attractive pour éviter une fuite de main-d’œuvre, tandis que la France mise sur un volume élevé mais sous-payé, risquant des abandons massifs. Les deux pays partagent un objectif de défense européenne, mais ignorent les oppositions populaires (ex: 80 % en Bulgarie/Roumanie contre une guerre avec la Russie).
Les controverses : coûts, inefficacité et un décret discret inquiétant
Malgré un soutien apparent (81 % des Français favorables selon Ifop), les critiques fusent : coûts exorbitants (plus de 2 milliards d’euros d’ici 2035), diversion des fonds de l’éducation et de l’emploi, et inefficacité face à 10.000 postes vacants dans l’armée. Nombreux sont ceux qui préfèrent une armée professionnelle.
Plus alarmant, un décret du 31 octobre 2025 (n°2025-1030) crée des « opérateurs de référence » pour des missions internationales, comparés à Blackwater ou Wagner. Ce texte, passé sans consultation parlementaire, permet des contrats de 10 ans avec des entités UE pour des crises ou conflits, risquant une externalisation de la guerre et un engagement indirect en Ukraine, contournant l’article 35 de la Constitution. Cela érode la souveraineté et prépare une « fuite en avant belliciste« .
Les risques pour les volontaires : chair à canon face à des armées ennemies supérieures
Le cœur du problème réside dans la non-adéquation entre la réalité des conflits modernes et la préparation des volontaires.
Motivés par le patriotisme ou l’aventure, ces jeunes – souvent inexpérimentés – risquent d’être déployés dans des zones à haute intensité, comme l’Ukraine, où les pertes s’élèvent à 1.000 par jour. Face à des armées ennemies comme la Russie, très bien entraînées et équipées (avec des systèmes avancés et une doctrine nucléaire), les volontaires français, après seulement 10 mois de formation basique, deviendraient de la « chair à canon » pour des causes non nationales. Le programme identifie des « compétences utiles » via la Journée Défense et Citoyenneté, transformant le volontariat en piège pré-mobilisation, évoquant les escalades de 1914 ou 1939.
Les critiques soulignent que l’engagement des jeunes est une « fausse bonne idée » dans un contexte de gouvernement corrompu, aligné sur l’UE et l’OTAN, servant des intérêts étrangers plutôt que la souveraineté. Les missions illégitimes, sans approbation parlementaire, exposent à des risques inutiles, avec des abandons élevés (40 % au SNU) dus à des conditions spartiates et une paye misérable.
Critiques idéologiques : une manœuvre vers le chaos européen
Ce service est vu comme une manœuvre idéologique démagogique, exploitant la peur pour justifier une Europe belliciste sous von der Leyen, qui rejette les plans de paix en Ukraine et pousse à une confrontation en 2030. Il dénature l’esprit de défense, réduisant à un entraînement utilitaire sans éducation civique, divisant la nation et masquant les échecs domestiques (chômage des jeunes à 25 %, inflation).
Le discours du général Fabien Mandon, appelant à accepter la perte d’enfants et des souffrances économiques pour une guerre hypothétique contre la Russie, est qualifié de « macabre » et de honte pour l’uniforme, démoralisant les troupes et violant le devoir de réserve militaire. Il prépare à des sacrifices massifs sans mandat public, transformant l’armée en machine à broyer les familles pour des agendas atlantistes décidés à Washington et Bruxelles.
Enfin, l’engagement des jeunes sous un régime perçu comme illégitime (77 % de désapprobation pour Macron) risque de les faire collaborer à une oligarchie corrompue, évoquant les erreurs de Vichy pendant la seconde guerre mondiale. Au lieu de défendre le territoire, ils pourraient réprimer des mouvements civiques, dans un contexte de tensions internes et externes exacerbées.
Un appel à la vigilance
Le nouveau service militaire volontaire, bien que volontaire en apparence, prépare une génération à un chaos européen provoqué, où les vies des jeunes sont sacrifiées pour des géopolitiques non consensuelles.
Face à des armées ennemies supérieures et des risques disproportionnés, il est temps de questionner cette « fuite en avant » : mieux vaudrait investir dans l’éducation et la diplomatie que dans une remilitarisation opportuniste. Les jeunes devraient y réfléchir à deux fois, attendant un gouvernement véritablement patriotique pour s’engager.


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