En ce 10 février 2026, alors que la France se prépare à un remaniement gouvernemental mineur et à des élections présidentielles en 2027, deux annonces simultanées ébranlent les fondements de notre République. Emmanuel Macron, en fin de mandat et inéligible pour un troisième, place des fidèles à des postes clés :
Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics âgée de 40 ans, est nommée Première présidente de la Cour des comptes, tandis que le départ surprise de François Villeroy de Galhau ouvre la voie à un nouveau gouverneur de la Banque de France.
Ces mouvements, loin d’être anodins, illustrent une mainmise systématique du pouvoir exécutif sur les institutions indépendantes, transformant la démocratie en une « République des copains et des coquins ». Ils perpétuent un système opaque où le népotisme et le pantouflage minent l’intérêt général, au profit d’une élite autoprotégée.
La nomination d’Amélie de Montchalin : juge et partie dans un système de contrôle financier verrouillé
Amélie de Montchalin, fidèle macroniste depuis 2017, accède à la tête de la Cour des comptes, une institution bicentenaire chargée de vérifier la régularité des comptes publics et d’évaluer les politiques budgétaires. Cette nomination, officialisée en Conseil des ministres aujourd’hui, fait d’elle la première femme et la plus jeune à occuper ce poste irrévocable, potentiellement jusqu’à ses 68 ans – soit 28 années de mandat. Mais derrière ce symbole de renouvellement et d’égalité des genres se cache une réalité plus sombre : un conflit d’intérêts flagrant.
Comment une ministre qui a piloté l’adoption du budget 2026 peut-elle impartialement juger les mêmes comptes qu’elle a élaborés ?
Des voix s’élèvent pour dénoncer une situation où elle sera « juge et partie », risquant de maquiller les défaillances d’un gouvernement dont elle est issue.
Cette désignation s’inscrit dans une longue série de placements stratégiques par Emmanuel Macron, rappelant des affaires passées où des alliés ont été « recasés » sans concurrence réelle. Elle illustre le pantouflage à l’envers : non pas un passage au privé, mais un glissement interne au sein de l’État pour sécuriser des positions influentes. Historiquement ancré en France depuis le XIXe siècle, ce phénomène voit des diplômés des grandes écoles comme l’ENA monnayer leurs réseaux pour des postes lucratifs, favorisant des arrangements opaques qui privilégient les intérêts particuliers sur l’intérêt général. Des critiques soulignent que cela expose à des fuites de données sensibles et à des risques de chantage, érodant la souveraineté nationale. Dans le cas de Montchalin, passée par plusieurs ministères et le privé, on craint une perte d’indépendance pour la Cour, déjà soupçonnée de partialité sous des présidences précédentes.
Pire, cette nomination n’exige aucun vote parlementaire, renforçant l’accusation d’une concentration des pouvoirs. Des députés comme Éric Coquerel (LFI) ou Jean-Philippe Tanguy (RN) appellent à y renoncer, arguant qu’elle compromet l’impartialité des évaluations budgétaires futures. En pleine crise des finances publiques, avec une dette explosive et des sondages défavorables à Macron, cette manœuvre apparaît comme une tentative de pérenniser l’influence macroniste au-delà de 2027.
La nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes par Emmanuel Macron, annoncée le 9 février 2026 et qui sera officialisée en Conseil des ministres le 11 février, est un énième scandale en raison de plusieurs facteurs remettant en question l’indépendance et l’impartialité de cette institution. La Cour des comptes est en effet une juridiction financière indépendante chargée de contrôler la régularité des comptes publics, d’évaluer les politiques publiques et d’alerter sur les dérives budgétaires, jouant un rôle essentiel dans la transparence et la bonne gestion des finances de l’État français.
Amélie de Montchalin, macroniste historique, est l’actuelle ministre des Comptes publics depuis décembre 2024. Elle a géré les débats budgétaires surréalistes pour les lois de finances 2025 et 2026, sous les gouvernements de François Bayrou et Sébastien Lecornu.
Conflits d’intérêts potentiels partout : En tant que ministre récente, Amélie de Montchalin a directement participé à l’élaboration et à la défense des budgets qu’elle devra désormais auditer. Cela pourrait compromettre l’objectivité des rapports de la Cour sur les finances de l’État, de la Sécurité sociale et des collectivités locales.
Atteinte à l’indépendance de la Cour des comptes : Cette institution est censée être un contre-pouvoir neutre vis-à-vis de l’exécutif.
Nommer une proche du président, issue du cœur du macronisme et sans expérience traditionnelle dans la haute fonction publique financière, est inacceptable. La Cour deviendra évidemment un outil de validation des politiques macronistes plutôt qu’un organe de contrôle rigoureux.
Triomphe du népotisme : Macron nomme des fidèles à tous les postes clés de la République, annihilant toute possibilité de véritable contrôle et transformant les institutions les plus prestigieuses en chambres d’enregistrement. Un clan est au pouvoir, dans un contexte d’instabilité politique post-dissolution de l’Assemblée en 2024, où la France fait face à des déficits persistants et à des défis budgétaires majeurs.
Passivité et complicité des fausses oppositions de gauche et de droite : Beaucoup de rodomontades devant les caméras, mais jamais rien de concret. Monsieur Macron ne sera pas destitué, le PS, après LR, gère la catastrophe avec lui. La France est devenue une République bananière.
Des réactions supplémentaires soulignent l’absurdité de cette nomination. Par exemple, certains appellent à la suppression de la Cour des comptes elle-même, arguant que ses rapports ne sont jamais suivis, que ses recommandations sont non-contraignantes, et qu’elle coûte un « pognon de dingue » (220 millions d’euros) sans servir à grand-chose. D’autres rappellent que Montchalin a été battue aux urnes en 2022 et a été recalée au Budget, où elle lisait des notes de ses sherpas de Bercy, particulièrement mise en difficulté par des opposants comme Jean-Philippe Tanguy. Des voix expriment le désespoir face à cette situation, notant que les opposants politiques corrompus ne font rien, laissant le pays être détruit. Il est suggéré de réviser les institutions et les modes de nomination, car la Ve République confie trop de pouvoirs au président. D’autres proposent une Constituante et une VIe République pour réduire drastiquement le pouvoir présidentiel. La marre de cette caste qui se refile les postes en toute impunité est partagée, et on questionne si la Ve peut encore protéger les Français contre un délire mégalomane.
Le départ stratégique de François Villeroy de Galhau : un coup d’avance pour contrôler la politique monétaire
Simultanément, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France depuis 2015, annonce sa démission anticipée pour juin 2026, alors que son mandat s’étendait jusqu’en 2027. Officiellement motivé par une reconversion personnelle à la tête de la Fondation Apprentis d’Auteuil, ce départ permet à Macron de nommer un successeur pour un mandat irrévocable de six ans, évitant ainsi que le prochain président – potentiellement issu du RN, en tête des sondages – ne s’en charge. Ce timing suspect est perçu comme une stratégie pour verrouiller une institution clé de la politique monétaire et européenne, protégeant un profil pro-européen contre une alternance politique.
Mais ce choix de reconversion soulève une interrogation majeure : comment expliquer le passage d’un poste aussi lucratif, avec une rémunération globale avoisinant les 508.678 euros par an (incluant salaire de base, indemnités de logement et internationales), à une présidence bénévole à la Fondation des Apprentis d’Auteuil ?
Cette transition d’une fonction hautement rémunérée vers un engagement volontaire, sans compensation financière directe, paraît hautement improbable sans motivations cachées. Serait-ce une façade pour masquer une opération de verrouillage institutionnel, ou un calcul personnel pour sécuriser des réseaux influents au-delà de la sphère publique ? Dans un système déjà miné par le copinage, ce geste « altruiste » venant d’un banquier alimente les soupçons d’arrangements opaques, où les élites préservent leur pouvoir et leurs privilèges sous couvert de philanthropie…?
Ce mouvement renforce l’idée d’un système gangrené par le copinage, où les nominations priorisent la loyauté sur le mérite. Des exemples abondent sous la « Macronie » : tentatives de placer des proches à des postes diplomatiques sans concours, subsides à des associations liées à l’entourage présidentiel, ou dissolution de corps administratifs pour faciliter le « recasage » d’alliés. Cette opacité, couplée à une impunité perçue – comme dans les affaires Benalla ou McKinsey –, alimente une dérive autoritaire, avec un usage extensif du 49.3 et une marginalisation des oppositions. Le résultat ? Une érosion de la confiance publique, favorisant des théories « conspirationnistes » et une division sociétale profonde.
Le pantouflage et la république des copains : une mainmise systématique sur les postes clés
Ces nominations ne sont pas isolées ; elles s’inscrivent dans une pratique endémique où le pouvoir exécutif verrouille constamment des institutions supposées indépendantes.
Le pantouflage, ce passage fluide entre public et privé, permet aux élites de s’autoprotéger via des parachutes dorés, au détriment des citoyens contraints à l’austérité. Des cas comme celui d’Alexis Kohler, passé de l’Élysée à une banque internationale, ou de hauts fonctionnaires rejoignant des secteurs qu’ils régulaient, illustrent des conflits d’intérêts flagrants et un manque de transparence criant. L’encadrement juridique, via la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), reste permissif, avec des sanctions rares et des délais insuffisants.
Sous Macron, ce système opaque est exacerbé par un népotisme qui privilégie un réseau élitiste issu des mêmes écoles, gérant scandales par des enquêtes superficielles et une communication contrôlée. Cela mine la démocratie en concentrant le pouvoir dans un clan restreint, transformant l’État en outil de protection mutuelle. Les citoyens, eux, paient le prix d’une gouvernance déconnectée, marquée par une dette galopante et des réformes impopulaires.
Pour sauver la démocratie : des candidatures publiques et accessibles en externe
Face à cette « République des copains et des coquins », une réforme s’impose : rendre les candidatures à ces postes clés publiques et accessibles en externe.
Au lieu de nominations discrétionnaires par le président, des appels d’offres ouverts, avec évaluation par des commissions indépendantes et vote parlementaire systématique, éviteraient le pantouflage et les conflits d’intérêts. Cela renforcerait la HATVP avec des pouvoirs accrus, des délais d’incompatibilité allongés et des sanctions dissuasives. Des associations comme Anticor appellent à ces changements depuis des années, mais l’inertie des élites bloque toute avancée. Sans cela, la France risque une dérive autoritaire, où les institutions servent les puissants plutôt que le peuple.
En conclusion, ces nominations de février 2026 ne sont pas de simples transitions ; elles continuent d’assassiner la démocratie en verrouillant l’appareil d’État contre toute alternance. Elles perpétuent un système où l’opacité, le népotisme et l’impunité règnent, érodant la confiance et favorisant les extrêmes. Il est temps pour les citoyens et les oppositions de réclamer une transparence radicale, avant que la République ne devienne une coquille vide au service d’une caste.


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