En 2025, la France a franchi un cap démographique historique : pour la première fois depuis 1945, le nombre de décès a dépassé celui des naissances, marquant un solde naturel négatif. Selon les données publiées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) en janvier 2026,
cette évolution reflète une baisse continue de la natalité couplée à une hausse de la mortalité, liée au vieillissement de la population.
Ce tournant pose des questions sur l’avenir du modèle social français, tout en soulignant l’importance croissante de l’immigration pour maintenir la croissance démographique.
Les chiffres clés d’un basculement inédit
L’année 2025 a enregistré 645.000 naissances, soit une diminution de 2,1 % par rapport à 2024 et une chute de 24 % comparée au pic de 2010. En parallèle, 651.000 décès ont été comptabilisés, en hausse de 1,5 % sur un an, attribuée notamment à une épidémie de grippe sévère et à des épisodes de canicule.
Le solde naturel – différence entre naissances et décès – s’établit ainsi à -6.000, un chiffre négatif pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Malgré ce recul, la population française continue de croître grâce à un solde migratoire positif estimé à +176.000 personnes. Au 1er janvier 2026, la France compte 69,1 millions d’habitants, en hausse de 0,25 % par rapport à l’année précédente. Les personnes âgées de 65 ans et plus représentent désormais 22,2 % de la population, presque autant que les moins de 20 ans (22,5 %).

Les causes profondes de cette baisse de la natalité
La fécondité en France a atteint son niveau le plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale, avec un indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) à 1,56 enfant par femme (1,53 en métropole). Cette baisse touche tous les âges, particulièrement les femmes de moins de 30 ans, tandis que l’âge moyen à la maternité s’élève à 31,2 ans. Contrairement aux années précédentes, le nombre de femmes en âge de procréer reste stable, accentuant l’impact de cette tendance.
Du côté de la mortalité, le vieillissement des baby-boomers (nés entre 1946 et 1974) joue un rôle majeur, ces générations arrivant aux âges où la mortalité est plus élevée.
L’espérance de vie à la naissance progresse toutefois légèrement : 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes.
En comparaison européenne, la France conserve un ICF relativement élevé (deuxième de l’UE en 2023 avec 1,65), mais la moyenne européenne est à 1,38. Seulement sept pays de l’UE sur 27 affichaient un solde naturel positif en 2024 (l’Irlande, la France, l’Espagne, Chypre, le Luxembourg, Malte et la Suède).
Un contexte historique et des implications sociétales
Depuis 2010, les naissances ont diminué de 23,6 %, et le solde naturel est passé de +281.600 à négatif en 2025. Ce phénomène, anticipé par les démographes mais survenu plus tôt que prévu, interroge sur les défis à venir : financement des retraites, système de santé surchargé, et dépendance accrue à une immigration souvent non qualifiée pour tenter de soutenir l’économie, bien que celle-ci pose des problèmes d’intégration, avec un taux de chômage des immigrés extra-UE à 12,3 % en 2024 et un impact fiscal net souvent négatif ou neutre (moins de 0,5 % du PIB).
Certains experts, comme Sylvie Le Minez de l’Insee, soulignent la rapidité de cette évolution : « Ce qui frappe, c’est à quel point, en quelques années, le solde naturel a diminué en raison de la diminution rapide des naissances. » D’autres y voient une opportunité de stabilisation démographique, évitant une surpopulation, mais aussi un risque de déséquilibre culturel et économique si l’immigration non choisie, avec ses coûts en aides sociales et sous-emploi (perte estimée de 3,4 % du PIB due au moindre taux d’emploi des immigrés), n’est pas mieux contrôlée.
Vers un avenir démographique incertain
Ce basculement marque un tournant pour la France, qui doit adapter ses politiques publiques. Des mesures pour encourager la natalité, comme des aides familiales renforcées ou une meilleure conciliation vie professionnelle et familiale, pourraient inverser la tendance en priorisant une croissance démographique endogène, plutôt que de s’appuyer sur une immigration non qualifiée qui, malgré son rôle dans le solde migratoire (+176.000 en 2025), génère des défis d’intégration et des coûts nets pour les finances publiques, sans pleinement compenser le vieillissement. Les prochaines années diront si 2025 était une anomalie ou le début d’une nouvelle ère démographique, où une immigration plus sélective et qualifiée pourrait être envisagée.


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