Le 10 mars 2026, la Commission européenne a rejeté toute proposition d’assouplissement des sanctions imposées au pétrole russe. Le commissaire chargé de l’Économie, Valdis Dombrovskis, a réaffirmé la nécessité de « maintenir une pression maximale sur Moscou », estimant que tout relâchement serait contre-productif au moment où les cours mondiaux s’envolent.
L’assouplissement américain déjà engagé
À l’inverse, les États-Unis ont franchi une étape concrète. Les 5 et 6 mars 2026, l’administration Trump a accordé une dérogation temporaire de 30 jours (valable jusqu’au 3 avril) permettant aux raffineurs indiens d’acheter du pétrole russe déjà chargé en mer et bloqué par les perturbations du détroit d’Ormuz. Cette mesure vise à fluidifier l’offre mondiale sans générer de nouveaux revenus massifs pour la Russie.
Les 9 et 10 mars, après un entretien avec Vladimir Poutine, Donald Trump a annoncé publiquement que Washington étudiait un assouplissement plus large des sanctions liées au pétrole. Le secrétaire au Trésor et les services compétents examinent désormais une possible renégociation générale afin de faire baisser les prix pendant la durée de la crise au Moyen-Orient.
Donald Trump pris à son propre piège
Cette évolution place l’administration Trump dans une position délicate. Après avoir fait campagne sur la promesse d’une baisse rapide des prix de l’énergie pour les Américains, elle se retrouve contrainte d’envisager des assouplissements qu’elle n’avait pas anticipés à ce stade, face à une flambée des cours provoquée par le blocage du détroit d’Ormuz (20 % du pétrole mondial transitant par cette voie).
La Russie, un fournisseur comme les autres
Moscou continue simplement de vendre son pétrole aux acheteurs qui en font la demande, principalement l’Inde et la Chine. Il s’agit du comportement classique de n’importe quel pays producteur répondant à l’offre et à la demande mondiale. Les prix ne sont pas fixés unilatéralement par la Russie, mais résultent de l’équilibre global du marché.
Le prix du pétrole, conséquence directe des choix occidentaux
La hausse actuelle des cours (Brent dépassant régulièrement les 100 dollars et ayant atteint jusqu’à 120 dollars avant une légère correction) découle directement des décisions accumulées par les Occidentaux depuis 2022. Les sanctions imposées à la Russie, le versement de milliards d’euros (dont une part française) pour financer des armes et une économie de guerre, ainsi que la prolongation du conflit ukrainien ont perturbé les marchés énergétiques mondiaux et installé une inflation durable.
Ces choix ont généré une énergie hors de prix qui se traduit concrètement par la chute de 650.000 personnes supplémentaires sous le seuil de pauvreté en France en une seule année, particulièrement dans les zones périurbaines et rurales où 80 % des déplacements dépendent de la voiture.
L’engagement militaire occidental au Moyen-Orient, avec le déploiement de porte-avions américains et d’une armada navale et terrestre française fin février 2026 face à l’escalade avec l’Iran, a aggravé la situation : fermeture partielle du détroit d’Ormuz et attaques sur des infrastructures pétrolières ont provoqué une flambée immédiate des prix. En France, entre le 1er et le 9 mars 2026, le gazole est passé en moyenne de 1,722 € à 1,989 € le litre (+26,7 centimes, soit +15,51 %), avec des tarifs régulièrement supérieurs à 2 € dans certaines stations. Le SP95 a augmenté de 9,5 centimes (de 1,772 € à 1,867 € le litre, soit +5,36 %). Le chauffage (fioul et gaz), les transports et le coût de la vie global en sont directement renchéris, sans bouclier carburant massif, gel des prix ou aides équivalentes.
Comme nous l’expliquions récemment, la flambée du prix du pétrole n’est que la conséquence directe des décisions épidermiques des chefs d’Etats occidentaux.
Seule l’Union européenne maintient une ligne qui pèse sur son propre peuple
Tandis que les États-Unis explorent des pistes pragmatiques d’assouplissement,
seule l’Union européenne continue à appliquer une politique de sanctions intransigeante sans aucune mesure d’urgence équivalente pour protéger le pouvoir d’achat de ses citoyens.
Cette position unique au sein du monde occidental accentue l’impact sur les factures énergétiques européennes, sans équivalent ailleurs.
Les prochaines semaines seront décisives : les marchés restent tendus et aucune décision définitive n’a encore été prise sur un éventuel assouplissement général américain. La divergence transatlantique risque de s’accentuer si l’Europe refuse tout ajustement.


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