Scandale nucléaire au Japon : Hamaoka, un coup dur pour la relance atomique

Scandale nucléaire au Japon : Hamaoka, un coup dur pour la relance atomique

Quinze ans après la catastrophe de Fukushima, qui a marqué un tournant dans la perception mondiale de l’énergie nucléaire, le Japon est à nouveau ébranlé par un scandale majeur.

La compagnie Chubu Electric Power, exploitant de la centrale de Hamaoka située dans la préfecture de Shizuoka (à environ 230 km au sud-ouest de Tokyo), a admis avoir falsifié des données sismiques pour sous-estimer les risques sismiques de ses réacteurs 3 et 4. Cette révélation, survenue le 5 janvier 2026 lors d’une conférence de presse, remet en question la fiabilité des évaluations de sécurité et pourrait retarder de plusieurs années la relance du parc nucléaire japonais, dans un contexte où le gouvernement mise sur l’atome pour assurer son indépendance énergétique.

Les faits : Une manipulation délibérée depuis 2018

La centrale de Hamaoka, implantée dans une zone à haut risque sismique, a été arrêtée en 2011 suite à l’accident de Fukushima. Depuis, les opérateurs doivent soumettre des données rigoureuses pour obtenir l’autorisation de redémarrage, en vertu des normes renforcées post-Fukushima qui insistent sur la résistance aux séismes et aux tsunamis. Or, Chubu Electric a reconnu que ses employés, dès 2018, ont intentionnellement sélectionné des données sismiques inexactes et irréalistes lors des simulations de résistance. L’objectif ? Minimiser l’intensité du « séisme de référence » utilisé dans les calculs, facilitant ainsi l’obtention des certifications nécessaires.

Le PDG de Chubu Electric, Kingo Hayashi, a déclaré lors de la conférence : « Pour l’estimation de résistance sismique des réacteurs 3 et 4 de Hamaoka, nous avons constaté que la méthode employée était intentionnellement différente de celle expliquée aux autorités. » Testuya Toyoda, responsable de la section énergie atomique, a ajouté que « l’intention était de minimiser l’intensité du séisme de référence utilisé pour les calculs. » Cette falsification a été révélée grâce à une dénonciation d’un tiers anonyme, menant à une enquête interne qui a confirmé les irrégularités.

L’Autorité de régulation nucléaire (NRA), présidée par Shinsuke Yamanaka, a qualifié l’affaire d’ « extrêmement grave », soulignant qu’elle viole les règles internationales de sécurité nucléaire. En réponse, la NRA a suspendu immédiatement toutes les procédures d’examen pour le redémarrage des réacteurs, remettant les compteurs à zéro. Des inspections approfondies sont annoncées, ce qui pourrait prendre des années, selon Yamanaka. Chubu Electric a mis en place un panel indépendant d’experts externes pour enquêter sur la sélection des données.

Les implications : Un frein à la politique énergétique pro-nucléaire

Ce scandale intervient alors que le Japon, archipel pauvre en ressources énergétiques, dépend fortement des importations et cherche à relancer son parc nucléaire pour renforcer sa souveraineté.

Avant Fukushima en 2011, le pays comptait 54 réacteurs ; aujourd’hui, seuls 33 sont potentiellement exploitables, et seulement 14 ont redémarré sous des normes plus strictes.

Le gouvernement pro-nucléaire vise à maximiser l’utilisation de l’atome, mais cette affaire « sape » ces efforts, selon des éditoriaux comme celui du Japan Times.

Les retards potentiels pour Hamaoka, une centrale clé, pourraient aggraver les défis énergétiques. De plus, l’affaire érode la confiance du public, déjà fragile depuis Fukushima, où un séisme et un tsunami avaient causé une fusion des cœurs. Bien que la manipulation ne concerne pas directement les tsunamis, elle met en lumière les failles dans les auto-évaluations des opérateurs. Des impacts économiques sont déjà visibles, avec une chute des actions de Chubu Electric.

Réactions publiques et médiatiques

Les réactions sont vives. La NRA est décrite comme « furieuse », et le scandale a été largement couvert par les médias japonais (Asahi, Mainichi, NHK) et internationaux (Reuters, Ars Technica, ABC News). Sur la plateforme X, des publications soulignent l’impact sur la politique nucléaire, avec des publications du Japan Times notant que le « fuite de données jette un froid sur la politique énergétique du gouvernement ». NHK WORLD a rapporté que le régulateur qualifie l’incident d’ « extrêmement grave ». Des éditoriaux, comme celui du Mainichi, jugent Chubu Electric « inapte » à exploiter une centrale nucléaire. Des voix comme celle de Dr Paul Dorfman sur X soulignent le coup porté à la relance nucléaire. Cependant, l’engagement public reste modéré, indiquant que le scandale émerge encore.

Chubu Electric a présenté des excuses publiques, mais des critiques persistent, accusant l’entreprise de prioriser les intérêts économiques sur la sécurité.

Perspectives futures : vers une régulation plus stricte ?

Ce scandale pourrait entraîner une refonte des processus de validation, avec une plus grande indépendance des évaluations. Des organisations comme le Citizens’ Nuclear Information Center (CNIC) dénoncent une « fabrication de données » qui mine la crédibilité du secteur. 

Alors que le Japon fait face à des défis climatiques et géopolitiques, la question nucléaire reste clivante.

Sans restaurer la confiance, la relance atomique risque de stagner, rappelant que la sécurité ne saurait être compromise pour des impératifs énergétiques. Des mises à jour sur les enquêtes en cours seront cruciales pour l’avenir du secteur.

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