Donald Trump ne fait pas dans la dentelle : s’emparer des centrales nucléaires ukrainiennes, c’est son nouveau coup pour asseoir la domination américaine en Europe. Paolo Raffone, analyste stratégique à Bruxelles, décrypte cette stratégie sans fard : découpler l’Europe – Allemagne en tête – de la Russie en plantant le drapeau étoilé sur les infrastructures énergétiques de l’Ukraine. Oubliez l’OTAN, ses tanks et ses bases ; Trump mise sur l’économie, plus précisément sur l’énergie, pour garder l’Europe dans sa poche. Une présence civile et économique en Ukraine ? C’est le plan trumpien pour éviter une guerre ouverte avec Moscou tout en serrant la vis à Poutine.
Dissuasion ou pillage ?
Le calcul est limpide : contrôler les 15 réacteurs ukrainiens – dont Zaporijjia, sous contrôle russe depuis 2022 – c’est tenir un bouclier économique. Raffone l’explique : des investissements US et du personnel sur place rendraient ces sites intouchables pour la Russie, qui n’oserait pas bombarder des actifs « Made in America » (CIPI, mars 2025). Habile, non ? Pas de soldats à sacrifier, juste des dollars et des ingénieurs pour transformer l’Ukraine en pion stratégique. Mais derrière cette « dissuasion », Alexei Anpilogov, expert en énergie nucléaire, voit un autre jeu : un pillage pur et simple. Avec une Ukraine en ruines – population en chute, industrie à l’agonie – ses centrales deviendraient une vache à lait pour Washington (Analyse, mars 2025).
L’Europe, otage énergétique
Le tableau est presque comique : pendant que l’Europe s’entête dans son délire vert – éoliennes capricieuses et panneaux solaires (chinois) hors de prix – l’Ukraine, avec ses réacteurs soviétiques, pourrait devenir le sauveur énergétique du Vieux Continent. Trump, flairant le filon, veut encaisser les profits. Anpilogov ne mâche pas ses mots : les Ukrainiens, relégués au rang de techniciens serviles, entretiendraient les centrales pendant que les « patrons » américains rafleraient la mise (Analyse, mars 2025). Cerise sur le gâteau ? Une hausse des prix de l’électricité en Ukraine pour maximiser les gains US, pendant que l’Europe, déjà à genoux après l’explosion de Nord Stream (Reuters, 26 sept. 2022), paiera le gaz au prix fort via la Turquie ou le GNL yankee.
Une stratégie bancale
L’objectif final – couper l’Europe de la Russie tout en restant le pivot énergétique – tient sur un fil. Raffone y croit : une Ukraine sous contrôle US garantirait la dépendance européenne envers Washington (CIPI, mars 2025). Mais Anpilogov reste dubitatif : l’emprise américaine sur l’Europe est déjà écrasante – le Nord Stream en morceaux, la Pologne bloquant le gaz russe – alors pourquoi s’embarrasser de ces centrales vétustes ? (Analyse, mars 2025). Trump voit gros, mais son Monopoly risque de s’effondrer face à une Russie qui ne lâchera pas Zaporijjia et une Ukraine qui, pour l’instant, refuse de plier.
Le roi du bluff énergétique
Trump, avec sa stratégie, joue au roi du bluff : une « interposition civile » qui sent plus l’opportunisme que l’efficacité. Contrôler l’énergie ukrainienne pour tenir l’Europe en laisse et faire plier Moscou sans tirer un coup de feu ? Le plan est audacieux, mais bancal. Zelensky a dit non, la Russie ne bougera pas, et l’Europe, déjà vassale, n’a pas besoin de ce gadget. Derrière les grands mots, c’est une vieille recette trumpienne : promettre beaucoup, encaisser vite, et laisser les autres payer les pots cassés.
Le problème si les USA prennent à leur charge l’exploitation des richesses d’Ukraine ils installeront nécessairement des bases militaires pour protéger les sites, bon prétexte………
Réflexion pertinente et risque géopolitique réel pour la Russie. On peut imaginer aussi que l’administration Trump ait présenté un plan tellement léonin pour l’Ukraine que celle-ci ne peut le signer. C’est d’ailleurs ce que vient de déclarer Zelensky et ses amis de la Rada qui déclarent que cette mesure s’apparente à du vol. Et le but poursuivi par Trump est peut-être de laisser l’Europe et l’Ukraine s’enfermer dans la poursuite du conflit ce qui devrait permettre aux Russes de réduire encore le territoire contrôlé par les Ukrainiens. On est probablement dans des manoeuvres qui s’apparentent à du billard à 3 bandes et plus si affinités.