Vers une guerre imminente avec l’Iran ?

Vers une guerre imminente avec l’Iran ?

L’analyse de Larry Johnson sur les tensions géopolitiques

Dans un contexte de tensions internationales exacerbées, les États-Unis continuent de déployer des forces militaires massives au Moyen-Orient, tournant les regards du monde vers l’Iran. Une récente discussion entre l’analyste géopolitique Glenn Diesen et Larry Johnson, ancien officier de la CIA, met en lumière les risques d’une escalade vers une guerre ouverte.

Basée sur des sources internes et une analyse historique, cette conversation révèle que les préparatifs américains pourraient dépasser une simple démonstration de force, signalant potentiellement une attaque imminente, soit en soutien à Israël, soit dans une opération autonome.

Les signaux d’alerte : pressions sur Trump et mobilisation militaire

Johnson, s’appuyant sur des informations de contacts encore actifs dans la sécurité nationale, décrit la situation comme « bien plus grave » qu’une simple intimidation diplomatique. Il évoque deux scénarios principaux : une reprise de l’opération « Midnight Hammer » – une frappe aérienne coordonnée avec l’Iran par le passé – ou une préparation à une attaque israélienne, avec les États-Unis en position de soutien. « Ils n’ont pas dit que c’était simplement pour pousser l’Iran à faire des concessions à la table des négociations, » insiste Johnson.

Un élément clé est la pression exercée sur le président Trump par des figures influentes du lobby pro-israélien.

Johnson cite Stephen Bryan, ancien sous-secrétaire à la Défense et sioniste modéré, dont un article récent critique violemment les négociations américano-iraniennes à Oman. Bryan accuse l’Iran d’user d’une stratégie de « rope-a-dope » – une référence à la tactique de Muhammad Ali pour épuiser l’adversaire. Pour Johnson, l’émotivité inhabituelle de Bryan indique une « énorme pression » sur Trump pour frapper l’Iran, amplifiée par la visite imminente de Benjamin Netanyahu à Washington. « Je pense qu’il est très probable que nous assistions à des violences dans les deux prochaines semaines, » prévient Johnson, espérant toutefois se tromper.

Netanyahu, selon Johnson, vise non seulement à coordonner une action militaire mais aussi à relancer des efforts déstabilisateurs, comme la tentative de « révolution de couleur » en Iran fin 2025, qui a échoué malgré le soutien du Mossad et de la CIA.

Le narratif falsifié : terrorisme et bilan humain

La discussion critique vivement la rhétorique occidentale, accusée de déformer les faits pour justifier une agression. Johnson défie quiconque de rechercher le nombre d’Israéliens tués par des « groupes mandataires iraniens » depuis 1992 : « Moins de 5.000. » En comparaison, plus de 70.000 Palestiniens ont été tués par Israël en deux ans et trois mois. « Cela ne colle tout simplement pas, » argue-t-il, dénonçant les allégations sur le soutien iranien au Hamas et au Hezbollah comme des « fausses pistes. »

Diesen renchérit en soulignant l’hypocrisie des arguments humanitaires : les interventions militaires américaines des 20-30 dernières années n’ont créé que « chaos et divisions » pour affaiblir les adversaires d’Israël, sans stabiliser les régions. « Si tu penses que chaque pays de la région doit être divisé, détruit et plongé dans le chaos pour qu’Israël soit en sécurité, alors fais cet argument, » lance Diesen, critiquant la duplicité de prétendre agir pour le bien des populations tout en alimentant la violence.

Capacités militaires iraniennes : une défense robuste

Larry Johnson détaille l’arsenal iranien, soulignant que Téhéran s’est préparé depuis des décennies. L’Iran dispose de 18 types de missiles balistiques, cinq missiles de croisière et plus de 15 drones, dont un missile balistique intercontinental récemment testé. « Ils ont fini par comprendre qu’ils sont en guerre avec les États-Unis, » explique-t-il, rappelant des agressions passées : le soutien américain à Saddam Hussein en 1980, fournissant des précurseurs chimiques causant 500.000 morts iraniens, ou les bombardements américain au Liban en 1983 précédant l’attentat contre les Marines.

Avec le soutien de la Chine et de la Russie – incluant des radars 3D avancés et des exercices navals conjoints en mer d’Arabie mi-février – l’Iran est mieux armé qu’en juin 2025 lors de la « guerre de 12 jours. » Johnson avertit que toute attaque déclencherait une riposte massive, potentiellement submergent les défenses comme le Dôme de Fer ou le Patriot. « L’Iran a la capacité d’infliger des dégâts dévastateurs à Israël, » prédit-il, évitant Jérusalem mais visant Haïfa et Tel-Aviv.

Échecs américains passés et imprévisibilité

La conversation met en exergue les limites de la puissance militaire américaine. Johnson cite l’échec en Mer Rouge contre les Houthis malgré deux porte-avions et une supériorité technologique : « Nous avons échoué à les empêcher d’interférer. » Face à l’Iran, avec une force aérienne moderne et des missiles hypersoniques, les États-Unis déploient des F-35 pour la suppression des défenses aériennes, mais avec des vulnérabilités – comme la détection par des radars chinois. Les porte-avions, coûteux et obsolètes face aux missiles low-cost, sont maintenus à 1.000 miles des côtes, rendant leurs armes inefficaces.

Larry Johnson compare cela à des défaites historiques : l’Afghanistan après 21 ans contre des insurgés sous-armés, ou Israël incapable de vaincre le Hamas à Gaza malgré un encerclement total. « Nous refusons d’affronter la réalité politique, » conclut-il, plaidant pour une diplomatie mature plutôt que la haine aveugle.

Réactions régionales et chemins non empruntés

L’Iran a averti que toute guerre deviendrait régionale, frappant bases américaines et alliés complices. Johnson s’attend à des soulèvements chiites en Irak, et à des utilisations potentielles de l’Arménie ou l’Azerbaïdjan comme bases – avec des ripostes iraniennes et russes. L’Arabie Saoudite et le Qatar pourraient rester neutres, mais l’Irak s’aligne sur Téhéran.

Diesen regrette les occasions manquées : après le 11 septembre, Vladimir Poutine et l’Iran proposèrent une coopération contre l’extrémisme sunnite (voir ici et ici), ignorée par l’Occident qui s’allia même à Al-Qaïda en Syrie. « Les chemins non empruntés sont extraordinaires, » dit-il, appelant à harmoniser intérêts stratégiques plutôt que diaboliser.

Un appel à la raison

Larry Johnson termine sur une note d’espoir nuancé : l’Iran et Israël ont eu de bonnes relations par le passé, même sous Khomeini.

Mais tant que le sionisme extrême persiste, le conflit perdure. « L’Iran n’a pas envoyé d’aventuriers militaires attaquer d’autres pays, » rappelle-t-il, contrastant avec les interventions américaine.

Cette analyse souligne l’urgence d’une diplomatie réelle pour éviter une catastrophe. Comme le dit Larry Johnson, « le monde n’est pas tel qu’on nous le présente. » Pour plus de détails, consultez le blog Sonar21 de Larry Johnson ou la vidéo originale sur YouTube reprise ci-dessous.

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