Vers une paix contrainte en Ukraine ?

Vers une paix contrainte en Ukraine ? analyse des négociations diplomatiques et de la crise économique

Analyse des négociations diplomatiques et de la crise économique

Dans un contexte de guerre prolongée en Ukraine, qui dépasse désormais la durée de la Grande Guerre patriotique pour la Russie (1432 jours contre 1418 – mais sans commune mesure concernant les pertes subies et infligées), les pourparlers diplomatiques entre les États-Unis, la Russie et l’Ukraine s’intensifient. Une récente rencontre à Abu Dhabi, impliquant pour la première fois des représentants sécuritaires des trois pays, a été qualifiée de « constructive » par toutes les parties. Pourtant, selon Dimitri Peskov, porte-parole du Kremlin, « un travail sérieux reste à accomplir » et il serait erroné d’attendre des résultats immédiats.

Ces discussions, qui font suite à des réunions à Davos et Moscou, interviennent alors que l’Ukraine fait face à une impasse économique et militaire critique.

Romain Bessonet, spécialiste de l’espace post-soviétique et traducteur des discours de Vladimir Poutine, a décrypté cette situation dans l’émission Choc du Monde sur TVL.

Une impasse diplomatique avec des signes d’avancée

Pour la première fois, les négociations ont pris une tournure publique, bien que les précédentes se soient déroulées à huis clos depuis plusieurs mois. Les délégations, dirigées par des responsables des services de renseignement – comme le chef des renseignements militaires russes et Kirill Boudanov pour l’Ukraine –, soulignent la dimension sécuritaire du conflit. Malgré l’absence d’annonces concrètes à Abu Dhabi, Moscou et Kiev se sont engagés à reprendre les discussions ce dimanche.

Romain Bessonet qualifie ces échanges de progrès, mais contraints par la réalité du terrain. « Le pouvoir ukrainien est dans une impasse complète », explique-t-il, pointant du doigt l’effondrement économique dû aux bombardements russes sur les infrastructures critiques. Le réseau électrique ukrainien ne fonctionne que 5 à 10 heures par jour dans de nombreuses régions, y compris Kiev, affectant sévèrement l’industrie – la métallurgie représente 10 % du PIB. Des révoltes populaires émergent, avec des blocages de routes dans des régions comme Odessa et Ternopil, où les civils subissent des coupures prolongées au profit des usines.

La fébrilité de Volodymyr Zelensky à Davos est un indicateur clé. Initialement réticent, il s’y est rendu pour plaider en faveur d’une aide européenne qui tarde à arriver. Les promesses de reconstruction des infrastructures énergétiques et d’aide militaire – comme les systèmes Patriot allemands – ne se concrétisent pas. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a annoncé une pause dans les livraisons, les stocks étant épuisés. Ajoutez à cela les conditions du FMI : suppression des subventions à l’électricité et un plan d’austérité incluant une hausse de la TVA, sous peine de non-déblocage d’une tranche de 5 milliards de dollars.

Les enjeux territoriaux et la pression américaine

Le point de blocage principal reste les concessions territoriales. Moscou exige la « libération complète du Donbas » comme minimum. Zelensky, qui affirmait récemment que l’intégrité territoriale n’était « pas négociable », est acculé. Les garanties de sécurité pour l’Ukraine – excluant une adhésion à l’OTAN – semblent réglées, selon Bessonet.

Les Américains, conscients de la situation, proposent un plan de reconstruction de 800 milliards de dollars, financé en grande partie par les Européens, en échange d’un accord.

Cependant, Zelensky craint un coup d’État des nationalistes, notamment du corps d’armée Azov. Pour les « domestiquer », des postes clés leur sont offerts, comme la possible nomination d’Andrei Biletsky au poste de chef d’état-major. Bessonet voit dans ces manœuvres une préparation à des concessions forcées, avec une paix possible en 2026 si l’Europe ne fournit pas les centaines de milliards nécessaires pour maintenir l’Ukraine à flot.

Sans cela, le scénario rappelle la chute du Sud-Vietnam en 1975, après l’arrêt de l’aide américaine.

Le front militaire : stagnation hivernale et pertes humaines

Sur le terrain, l’hiver freine les avancées majeures. La ville de Koupianks subit sa quatrième bataille depuis le début du conflit, avec des revendications contradictoires de contrôle. Le général russe Valeri Guerassimov annonce des progrès au sud vers Zaporijjia, à 12 km de la ville. Bessonet estime qu’aucun revers décisif ne changera la donne : les Russes économisent leurs forces pour éviter un épuisement économique, tandis que les Ukrainiens manquent d’hommes.

Zelensky revendique (très exagérément) 35.000 soldats russes tués par mois, visant 50.000 pour forcer Moscou à négocier. Bessonet balaie ces chiffres : « Évaluer l’efficacité par le ‘body count’ n’a pas de sens », rappelant le Vietnam où les Américains tuaient 20.000 Vietcongs mensuellement sans victoire. La Russie avance lentement pour préserver son économie, capable de mobiliser massivement mais au risque d’une saignée.

L’économie Russe : résiliente mais sous pression

Contrairement aux prédictions d’effondrement, l’économie russe stagne relativement avec une croissance prévue à 1,1 % en 2026 (FMI) et une inflation à 6 % (France : 0,9 %). Le conflit pèse, avec une hausse de la TVA à 17 % (exemptions pour enfants et médicaments), mais Moscou peut le financer 2-3 ans encore. Les pénuries de main-d’œuvre sont comblées par l’immigration (70.000 Indiens, 100.000 Vietnamiens). Les exportations d’hydrocarbures se réorientent vers la Chine, boostées par les sanctions américaines sur le Venezuela.

Un jackpot inattendu : la hausse du cours de l’or a généré 216 milliards de dollars de profits (Bloomberg), compensant les actifs gelés en Europe. Les réserves de change russes sont à leur plus haut depuis 1991. Les investissements chinois modernisent l’industrie, poussant les Américains à accélérer les négociations pour éviter un axe russo-chinois dominant.

Vers une Paix sans Capitulation ?

Emmanuel Macron et Mark Rutte (secrétaire général de l’OTAN) prônent une paix sans capitulation ukrainienne et une défense européenne indépendante. Bessonet y voit un rêve : sans les États-Unis et leur « planche à billets », l’Europe ne peut financer la guerre. Les Russes exigent une démilitarisation, une dénazification (droits pour les russophones et l’Église orthodoxe), et une neutralité ukrainienne – pas une capitulation, mais un compromis.

Les tirs de missiles russes comme l’Orchnik servent d’avertissement contre tout déploiement européen. Si un accord est signé, aucune troupe étrangère ne sera tolérée, sous peine de perdre les garanties américaines.

En conclusion, 2026 pourrait marquer la fin du conflit, contrainte par l’effondrement ukrainien et la résilience russe.

Comme l’explique Bessonet, sans aide massive, Volodymyr Zelensky n’a d’autre choix que la négociation. Reste à voir si l’Europe et les États-Unis aligneront leurs intérêts pour une paix durable.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

NOUS CONCERNANT
NOUS CONCERNANT
MultiPol 360
À l’heure où tout semble s’effondrer dans les sociétés humaines et où ceux qui prônaient un Nouvel Ordre Mondial unipolaire découvrent avec rage que la majorité des peuples du monde n’acceptent plus la dictature occidentale, notre équipe a décidé de vous présenter ce monde en mutation en analysant les faits principaux qui sont soit occultés soit manipulés par les médias aux ordres. Nous couvrons l’essentiel de l’actualité française et internationale sans que vous perdiez votre temps à chercher parmi les milliers d’informations qui nous sont proposées chaque jour. Aujourd’hui, ceux qui veulent s’informer pour approcher la vérité et résister à la désinformation du Système ont un nouvel outil à leur disposition : Il s’appelle MultiPol360. Nous sommes heureux de le mettre à votre disposition. Bienvenue dans le monde multipolaire de demain !

NOS CONSEILS DE LECTURE

Vous y trouverez des conseils de lecture qui vous aideront à mieux comprendre les enjeux de la géopolitique et des interactions qui gouvernent notre monde.

SITES AMIS