Washington contre la censure européenne : freedom.gov, un portail pour reconquérir la liberté d’expression

Washington contre la censure européenne : freedom.gov, un portail pour reconquérir la liberté d’expression

Un outil américain inédit pour briser le mur du silence

Dans un contexte où la liberté d’expression en Europe est de plus en plus bridée par des réglementations étatiques, les États-Unis lancent une riposte inédite. Le Département d’État américain développe un portail en ligne hébergé sur freedom.gov, conçu pour permettre aux citoyens européens et d’autres régions d’accéder à des contenus bloqués ou supprimés par leurs gouvernements, y compris ceux qualifiés de « discours de haine » ou de « propagande terroriste ».

Une page d’accueil symbolique et des fonctionnalités en préparation

Le site, encore en phase de préparation, affiche aujourd’hui une page d’accueil sobre : « Freedom Is Coming », « Information is power. Reclaim your human right to free expression. Get ready. » (L’information, c’est le pouvoir. Réclamez votre droit humain à la liberté d’expression. Préparez-vous.) Une animation stylisée évoque le galop d’un cavalier fantôme, symbole historique de résistance. Des discussions internes ont porté sur l’intégration d’une fonction VPN pour faire apparaître le trafic comme provenant des États-Unis, sans aucun suivi des utilisateurs. Le projet, piloté par la sous-secrétaire à la Diplomatie publique Sarah Rogers, a été reporté après avoir été initialement prévu pour la Conférence de Munich sur la sécurité.

L’Europe face à un arsenal de contrôle numérique sans précédent

Cette initiative intervient alors que l’Europe accumule les outils de contrôle numérique. Le Digital Services Act (DSA) impose aux plateformes de modérer activement les « risques systémiques » sous peine d’amendes colossales pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial.

Des contenus légitimes mais jugés controversés – débats sur l’immigration, questions sociétales ou critiques politiques – disparaissent régulièrement des réseaux.

En France, l’exécutif a multiplié les appels à une régulation encore plus stricte : transparence forcée des algorithmes, bannissement des plateformes récalcitrantes, interdiction des faux comptes. Un arsenal législatif déjà dense (lois sur la presse, contre le séparatisme, fake news électorales, etc.) rend toute parole dissidente potentiellement risquée.

Le cri d’alarme d’un entrepreneur de la tech

Un entrepreneur emblématique de la tech, Pavel Duro, fondateur d’une messagerie chiffrée (Telegram), a récemment lancé un cri d’alarme à l’occasion de son 41e anniversaire : « Ce qui était la promesse d’un échange libre d’informations devient l’outil ultime de contrôle. » Arrêté pour avoir défendu la confidentialité des données, il prévient que sa génération risque d’être la dernière à jouir d’un internet libre, face aux projets de scans massifs de messages privés, aux vérifications d’âge obligatoires ou aux poursuites pour simples critiques en ligne. Il dépeint un monde sombre où la vie privée, la souveraineté individuelle et la liberté d’expression sont progressivement confisquées.

L’Union européenne, laboratoire d’une dictature molle

Cette évolution n’est pas un hasard isolé. Elle s’inscrit dans une transformation plus profonde de l’Union européenne : une forme subtile d’autoritarisme qui avance masquée sous les apparences de la démocratie et de la protection des citoyens. Pas de chars ni d’arrestations massives, mais une bureaucratie tentaculaire, des réglementations opaques, des pressions économiques et une censure numérique insidieuse qui pathologise la dissidence en la qualifiant de « désinformation » ou de « menace étrangère ». Le DSA lui-même exerce une influence censoriale au-delà des frontières européennes, forçant les géants du web à supprimer des voix souverainistes ou populistes au nom de « valeurs communes ». Des rapports américains récents dénoncent cette mécanique qui transforme l’Europe en laboratoire d’un contrôle feutré, où la contradiction est étouffée sans bruit.

Les États-Unis, dernier rempart d’une liberté d’expression absolue ?

Face à cela, les États-Unis, forts de leur Premier Amendement qui protège une expression quasi-absolue (même les opinions les plus extrêmes tant qu’elles ne constituent pas une menace imminente), apparaissent comme un contre-modèle. Ils rappellent que l’information est un véritable pouvoir et que le droit humain à s’exprimer librement ne peut être sacrifié sur l’autel d’une « morale d’État » imposée par des élites qui contrôlent déjà largement les médias traditionnels.

Une initiative qui fait trembler Bruxelles et Paris

L’initiative freedom.gov pourrait bien être perçue à Bruxelles et à Paris comme une ingérence, voire un encouragement à contourner les lois nationales. Elle risque de tendre un peu plus les relations transatlantiques déjà fragiles. Pourtant, pour des millions d’Européens qui voient leurs débats publics stérilisés, ce portail représente un signal fort : la liberté numérique n’est pas négociable.

Un appel à ne plus se résigner

Dans un continent où les réseaux sociaux sont devenus le dernier espace de parole libre, cette riposte américaine rappelle une évidence oubliée : les peuples doivent pouvoir juger par eux-mêmes, sans être infantilisés par des régulateurs qui prétendent les protéger en les muselant. Le combat ne fait que commencer. L’avenir dira si ce « Get ready » sera suivi d’effets concrets et qu’elle ne sera pas une nouvelle plateforme de propagande américaine ; mais le message est clair : la reconquête de la liberté d’expression passe aussi par le refus de la résignation face à l’érosion silencieuse des droits fondamentaux.

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