Hier, la Fédération internationale de judo (IJF) a pris une décision aussi simple que courageuse :
réintégrer pleinement la Russie et la Biélorussie, avec drapeau, hymne, maillot national, dès le Grand Slam d’Abou Dhabi qui se déroule en ce moment même.
Un judoka russe, Ayub Bliev, est monté sur la plus haute marche du podium sous ses couleurs nationales pour la première fois depuis quatre ans. Le ciel ne s’est pas écroulé. Le monde continue de tourner. Et le judo vient de redonner au sport sa dignité.

Pendant que certains hurlent au scandale, rappelons simplement ce qu’est le sport selon Pierre de Coubertin : « Une religion avec des églises, des dogmes, un culte… mais surtout un sentiment religieux : la fraternité humaine. » Coubertin n’a jamais dit « sauf si ton gouvernement nous déplaît ». Il n’a jamais dit « sauf si un journal occidental a décidé que ton pays est le diable ». Il a dit : le sport doit unir les peuples, pas les diviser.
Et pourtant, depuis 2022, une russophobie maladive s’est abattue sur le monde sportif comme une peste.
On a vu des fédérations internationales, souvent sous pression politique évidente, transformer les tatamis, les pistes et les bassins en tribunal de l’Inquisition.
On a exclu des athlètes qui n’avaient jamais pris les armes, jamais voté une loi, jamais appuyé sur un bouton. On a puni des gamins de 16 ans parce qu’ils étaient nés du prétendu mauvais côté d’une frontière.
Le ridicule a parfois atteint des sommets proprement délirants :
- La Fédération féline internationale (FIFe) a interdit les chats élevés en Russie ou par des Russes aux expositions mondiales – oui, des chats, dès mars 2022.
- Pour les chiens, la Fédération cynologique Internationale (FCI) a gelé les titres en Russie, et des shows comme Crufts ont banni une trentaine d’éleveurs russes et leurs toutous des concours de beauté.
- L’Union cycliste internationale (UCI) a interdit les maillots nationaux russes, disqualifiant des juniors pour des inscriptions « trop russes » – comme une ado de 14 ans en Allemagne en 2022 pour son nom en cyrillique.
- Des orchestres comme le Cardiff Philharmonic ont annulé des concerts de Tchaïkovski (dont l’Ouverture 1812) en mars 2022, jugée « inappropriée » en temps de guerre.
- Les ballets du Bolchoï ? Annulés en cascade, comme au Royal & Derngate en février 2022.
l’International Paralympic Committee (IPC) a initialement autorisé les 83 athlètes russes et biélorusses (71 Russes, 12 Biélorusses) à concourir sous bannière neutre (« Neutral Paralympic Athletes » ou NPA), sans drapeau national ni comptabilisation des médailles dans le tableau officiel.
Et puis il y a eu les Jeux olympiques de Berlin en 1936
Sous Hitler. Avec les saluts nazis dans les tribunes, les pancartes « Juden unerwünscht » (Juifs indésirables) à l’entrée des stades, et pourtant… le CIO n’a pas boycotté.
Jesse Owens a couru, a gagné, a ridiculisé la théorie de la suprématie aryenne sous les yeux du Führer. Le sport avait tenu bon face à la pire dictature du XXe siècle.

Aujourd’hui, on exclut des athlètes parce qu’un dirigeant occidental a décidé qu’ils étaient « complices » par leur seule nationalité. C’est ça, le progrès ?
Le judo vient de dire stop.
Il a rappelé que la politique et le sport ne font pas bon ménage, jamais. Il a rappelé que le tatami est un lieu où l’on se salue avant et après le combat, quel que soit le passeport. Il a rappelé que le judo est né au Japon pour éduquer des hommes, pas pour les punir collectivement.
En réintégrant la Russie, l’IJF n’a pas fait de politique. Elle a fait du sport.
Elle a redonné à des milliers de jeunes judokas russes le droit de rêver. Elle a redonné à des millions de spectateurs le plaisir de voir les meilleurs s’affronter, pas une version amputée et hypocrite du sport mondial.
Le reste des fédérations va-t-il suivre ? Probablement pas tout de suite. La peur de « l’opinion publique » (c’est-à-dire de quelques chaînes d’info en boucle et de quelques politiciens en manque de buzz) est encore trop forte. Mais le judo a ouvert la brèche et un jour, on regardera en arrière avec la même honte qu’on regarde aujourd’hui ceux qui boycottaient Jesse Owens : alors que même Roosevelt, pourtant farouchement anti-nazi, n’a pas osé appeler au boycott par calcul électoral…
Le sport est plus grand que la politique. Le judo vient de le prouver. Respect.



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