En février 2026, un post sur X (anciennement Twitter) a remis en lumière un document intrigant datant de mars 2014 : un email envoyé par Jeffrey Epstein à un contact chez Deutsche Bank, proposant une opération financière visant à parier sur la dépréciation du rouble russe face au dollar américain. Ce message, partagé sur les réseaux sociaux, s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, juste avant l’annexion de la Crimée par la Russie. L’email suggère une spéculation sur une option binaire, avec un investissement de 255.000 dollars pour un gain potentiel d’un million si le rouble s’affaiblissait. Ce document, marqué comme confidentiel et potentiellement protégé par le secret avocat-client, soulève des questions sur les liens d’Epstein avec les milieux financiers internationaux et sur d’éventuelles informations privilégiées. Cet article explore le contenu de l’email, le contexte historique et les implications plus larges, en s’appuyant sur des recherches récentes.
Le contenu de l’email et l’opération proposée
L’email, daté du 13 mars 2014 et envoyé depuis l’adresse jeevacation@gmail.com, est adressé à Tazia Smith, directrice des partenariats clients clés chez Deutsche Bank Securities à New York. Sous le sujet « ruble short – lets play » (littéralement « short sur le rouble – jouons »), Epstein propose une option binaire européenne sur la paire USD/RUB (dollar américain contre rouble russe). Les détails techniques incluent :
- Une option call binaire à 3 % OTM (out-of-the-money), coûtant 25,4 % du payout.
- Strike : 37,55 USD/RUB.
- Payout : 1 000 000 USD si le taux USD/RUB dépasse 37,55 à l’expiration.
- Premium : 255 000 USD.
- Expiration : 11 avril 2014, avec règlement le 14 avril 2014.
Epstein compare cela à des options vanilla (standard) pour illustrer l’avantage d’une payout plus « propre » en cas de dépréciation du rouble de 3 %. Il note que le rouble s’est déjà affaibli, rendant l’opération attractive. Le document porte la référence EFTA00870605, suggérant qu’il provient d’archives judiciaires ou de fuites liées aux affaires d’Epstein.
Ce type d’option binaire, où le gain est tout ou rien selon que le seuil est atteint, est souvent utilisé pour des paris spéculatifs sur des devises volatiles. En 2014, le rouble était effectivement sous pression en raison des tensions en Ukraine, et le taux USD/RUB a grimpé au-delà de 37,55 peu après, potentiellement rendant l’opération rentable pour Epstein.
Le contexte géopolitique : Maïdan, Crimée et chute du Rouble
Mars 2014 marque un tournant dans la crise ukrainienne. La révolution de couleur de l’Euromaïdan, débuté fin 2013, a conduit à la chute du président pro-russe Viktor Yanoukovytch en février 2014. Les États-Unis et l’Union européenne ont soutenu les manifestants, avec des figures comme Victoria Nuland (sous-secrétaire d’État américaine) impliquées dans les discussions sur le futur gouvernement ukrainien. Le post X original lie cela à un « coup d’État orchestré par le réseau Soros », et soutenu par de nombreux critiques de l’ingérence occidentale.
La Russie a réagi en annexant la Crimée le 18 mars 2014, après un référendum le 16 mars. Cette escalade a entraîné des sanctions internationales et une chute du rouble : le taux USD/RUB est passé d’environ 36 en mars à plus de 50 fin 2014, exacerbée par la baisse des prix du pétrole. Epstein, en pariant sur une dépréciation à court terme, semblait anticiper ces événements.
Des publications sur X suggèrent même qu’il aurait pu bénéficier d’informations d’initiés, à ce jour pas encore suffisamment prouvé.
Des recherches montrent que des analystes de Deutsche Bank exploraient à l’époque des scénarios pour affaiblir l’économie russe via une chute des prix du pétrole,
ce qui s’aligne avec la volatilité du rouble. Epstein, connu pour ses connexions avec des élites mondiales, y compris russes, pourrait avoir exploité ces dynamiques.
Les liens d’Epstein avec Deutsche Bank : un scandale financier
Deutsche Bank a entretenu une relation avec Epstein de 2013 à 2018, malgré sa condamnation en 2008 pour sollicitation de prostitution mineure et son statut de délinquant sexuel enregistré. La banque a ignoré de nombreux signaux d’alarme, motivée par les revenus potentiels estimés à 2-4 millions de dollars par an. En 2020, le Département des Services Financiers de New York (DFS) a infligé une amende de 150 millions de dollars à Deutsche Bank pour des manquements en matière de conformité anti-blanchiment, y compris le traitement de transactions suspectes d’Epstein, comme des frais de scolarité et des retraits en espèces massifs.
Parmi ces transactions, des virements via le « Butterfly Trust » (un trust lié à Epstein) incluaient des paiements à des femmes d’origine est-européenne et à des co-conspirateurs présumés. En 2023, Deutsche Bank a réglé un procès pour 75 millions de dollars, accusée d’avoir facilité le trafic sexuel d’Epstein en ignorant les risques. Des emails internes montrent que la banque a priorisé les profits sur la due diligence, malgré des avertissements sur la réputation.
Epstein avait transféré ses comptes de JPMorgan Chase à Deutsche Bank en 2013, via un gestionnaire de relations qui vantait les opportunités lucratives. Des documents des « Epstein Files » révèlent d’autres échanges où il mentionne que « Deutsche Bank devient intéressante bientôt », indiquant un intérêt croissant pour la banque dans un contexte russe.
Implications et théories controversées
La publication originale accuse le « réseau Rothschild » de spéculer sur le rouble, liant cela à Soros et à une orchestration du conflit ukrainien pour des profits. Bien que ces allégations soient controversées et souvent qualifiées d’antisémites, elles s’appuient sur des faits vérifiables : des spéculateurs ont profité de la crise, et des entités comme BlackRock ont investi en Ukraine post-conflit. Cependant, aucune preuve directe n’associe Epstein à un complot plus large impliquant Soros ou Rothschild, bien que ses connexions élitistes (y compris avec des figures russes) alimentent les spéculations.
Des publications sur X évoquent qu’Epstein a perdu 167.000 dollars sur ce pari, avant de s’intéresser au rouble comme monnaie de réserve potentielle – une ironie soulignée par des partisans de la Russie.
Cet email de 2014 illustre comment Epstein, au cœur de scandales sexuels et financiers, exploitait les crises géopolitiques pour des gains personnels, avec la complicité tacite de banques comme Deutsche Bank. Alors que la Russie et l’Occident restent en conflit, ces révélations rappellent les intersections entre finance, politique et pouvoir. Bien que l’authenticité du document semble confirmée par son inclusion dans des archives judiciaires, il invite à une vigilance accrue sur les spéculations en temps de guerre. Des enquêtes supplémentaires pourraient révéler plus sur les sources d’information d’Epstein, mais pour l’instant, cela reste un chapitre sombre de l’histoire financière récente.


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