Budapest, 16 février 2026 – Le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó ont signé ce lundi un accord intergouvernemental de coopération nucléaire civile. Une cérémonie officielle à laquelle a assisté le Premier ministre Viktor Orbán, qui a qualifié l’événement d’entrée dans un « âge d’or » des relations américano-hongroises.
Un accord stratégique pour diversifier l’énergie hongroise
L’accord prévoit plusieurs décennies de coopération dans le nucléaire civil. Pour la première fois, la Hongrie pourra acheter du combustible nucléaire américain pour compléter ou remplacer ses approvisionnements russes actuels. Washington s’engage également à faire de la Hongrie un hub régional pour les petits réacteurs modulaires (SMR) de technologie américaine et à soutenir la gestion des déchets via des solutions proposées par des entreprises comme Holtec International.
Cet accord s’inscrit dans une stratégie claire de l’administration Trump : réduire l’influence russe dans le secteur énergétique d’Europe centrale. La Hongrie dépend en effet fortement de la Russie pour son parc nucléaire : la centrale historique de Paks utilise du combustible et de la technologie russe, tandis que le projet Paks II (deux réacteurs VVER-1200 de Rosatom) a vu couler son premier béton le 5 février 2026, malgré les sanctions occidentales (partiellement levées pour ce projet en novembre 2025).
La proximité Orbán-Trump au cœur de l’accord
L’accord est le fruit direct de la relation personnelle étroite entre Viktor Orbán et Donald Trump. Le 7 novembre 2025, Orbán a été reçu à la Maison Blanche pour un déjeuner bilatéral et est retourné dans le Bureau ovale après six ans d’absence. Trump y a salué un « nouvel âge d’or » et a apporté son soutien explicite à la réélection d’Orbán aux législatives d’avril 2026, le qualifiant de « véritable ami, combattant et gagnant ».
Marco Rubio, en visite à Budapest, a été encore plus direct : « Le président Trump est profondément engagé pour votre succès, car votre succès est notre succès. » Il a souligné que la relation personnelle entre les deux dirigeants avait permis des avancées concrètes, notamment l’exemption hongroise des sanctions américaines sur le pétrole russe.
Le sommet de Budapest qui n’a finalement pas eu lieu
Orbán avait également tenté de jouer les intermédiaires entre Donald Trump et Vladimir Poutine. En octobre 2025, un sommet Trump-Poutine à Budapest avait été annoncé pour tenter de négocier la paix en Ukraine. Le Premier ministre hongrois s’était réjoui d’accueillir les deux dirigeants sur son sol. Finalement, le sommet a été annulé par Washington en raison des exigences de Moscou pourtant préexistantes, même si Trump a finalement laissé la porte ouverte à une rencontre future. Orbán a continué à affirmer que les préparatifs étaient « toujours en cours », mais le projet n’a pas abouti.
La double proximité d’Orbán : Trump… et Poutine
Malgré ce rapprochement spectaculaire avec Washington, Viktor Orbán maintient des liens étroits avec Vladimir Poutine. Le 28 novembre 2025, il s’est rendu à Moscou pour une nouvelle rencontre avec le président russe, défendant une « position équilibrée » sur l’Ukraine et continuant à acheter du pétrole et du gaz russes. Paks II reste un projet phare russo-hongrois, financé en grande partie par un prêt russe de 10 milliards d’euros.
Cette double proximité illustre la stratégie pragmatique d’Orbán : diversifier ses sources d’énergie avec les États-Unis pour gagner en souveraineté et en technologie, tout en préservant son partenariat historique avec la Russie pour des approvisionnements bon marché et stables.
Washington, de son côté, voit dans cet accord une opportunité de grignoter le marché nucléaire européen traditionnellement dominé par Rosatom.
Avec les élections hongroises qui approchent en avril 2026, ce rapprochement américano-hongrois prend aussi une dimension politique intérieure : Marco Rubio a clairement fait passer le message que Donald Trump souhaite la réélection d’Orbán. Un soutien qui pourrait s’avérer décisif dans un scrutin serré.
L’accord signé ce 16 février marque donc un tournant : la Hongrie reste fidèle à son équilibre géopolitique atypique, tandis que les États-Unis entendent bien concurrencer la Russie sur son propre terrain historique en Europe centrale.
🚨URGENT 🇺🇸 🇭🇺
— Nathalie (@NathalieE0810) February 16, 2026
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio et le Premier ministre hongrois Szijjártó ont signé un accord de coopération nucléaire civile entre la Hongrie et les États-Unis.
Ursula et Bruxelles sont sous le choc. pic.twitter.com/o34DpMfxZ2


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