Dans les salons feutrés de la haute finance genevoise, le scandale vient de frapper au cœur même du mythe Rothschild. Le 24 février 2026, The Telegraph révélait que la baronne Ariane de Rothschild, PDG et présidente du groupe Edmond de Rothschild (184 milliards de francs suisses d’actifs, soit environ 175 milliards d’euros), a envoyé une lettre paniquée à ses clients privés : « Ne partez pas à cause de mes liens avec Epstein. »
C’est la dernière salve d’une bombe à retardement : la publication, fin janvier 2026, par le Département de la Justice américain, de 3 millions de documents (emails, agendas, contrats) issus des « Epstein Files ». Parmi eux, des centaines de messages entre Ariane de Rothschild et le pédocriminel Jeffrey Epstein, entre 2013 et 2019. Une proximité qui n’était pas seulement « professionnelle », comme la banque l’a d’abord prétendu, mais bel et bien personnelle, intime et régulière (voir ici).
La lettre de la baronne : « Ne me quittez pas »
Le texte, vu par The Telegraph, est un modèle de communication de crise chez les ultra-riches. Voici les extraits les plus importants, verbatim :
- « Notre groupe s’apprête à annoncer des résultats très solides, avec un bilan robuste et un capital de haute qualité. »
- « Je suis confiante dans l’avenir de notre groupe. Soyez assurés de ma détermination, et de celle de mes équipes, à vous accompagner sur le long terme. Je tiens à vous remercier une nouvelle fois pour votre confiance. »
- Sur les échanges publiés : « Ces échanges privés ont été rendus publics sans contexte ni chronologie, et incluent des éléments clairement faux ou altérés. »
- Sur la découverte des crimes d’Epstein : « J’ai découvert la réalité et l’ampleur des crimes commis par J. Epstein et son entourage en même temps que le grand public. Je le dis sans ambiguïté – en tant que mère, en tant que PDG et en tant qu’actionnaire – ces actes sont d’une extrême gravité et je les condamne dans les termes les plus forts. Je tiens à exprimer une nouvelle fois ma sincère compassion aux victimes de J. Epstein. »
- Sur les accusations : « Ma famille et mes filles ont été profondément blessées et choquées par les accusations scandaleuses dirigées contre nous, particulièrement sur les réseaux sociaux. La violence de certains raccourcis et accusations infondées contribue à un climat que l’on aurait pu croire appartenir à une autre époque. »
La baronne insiste : ses liens « ne remettent pas en cause mon intégrité ni celle des activités du groupe ». Elle rappelle avoir été introduite en 2013 par Terje Rød-Larsen (ex-vice-Premier ministre norvégien, artisan des accords d’Oslo), à une époque où Epstein passait encore pour un « homme d’affaires influent » auprès des décideurs internationaux.
Les détails sordides des échanges (2013-2019)
Les documents du DOJ montrent une relation qui va bien au-delà du business (voir ici) :
- Conseils intimes et familiaux : Epstein aide Ariane dans une bataille juridique contre d’autres membres de la famille Rothschild (dont David de Rothschild). Elle se plaint de son mari Benjamin (décédé en 2021). Epstein propose même de vendre tout ou partie de la banque et lui trouve des acheteurs potentiels.
- Email post-Brexit (juin 2016) : « Nous savons tous les deux pourquoi nous détestons autant les Britanniques ! Quel bazar ! Au moins, on va continuer à trader de la volatilité pendant un moment. »
- Email 2017 sur les filles : Epstein demande si ses quatre filles ont reçu les vaccins contre le HPV (« tous mes assistants passent un check-up santé complet »). Elle répond qu’elles l’ont fait. Il lui propose ensuite d’« amener les filles » sur son île de Little Saint James et organise un voyage à Cuba en novembre 2017.
- Rencontres multiples : Plus d’une douzaine de rendez-vous à New York, Paris, chez Epstein. Ils coordonnent leurs agendas mondiaux, parlent au téléphone régulièrement.
- Contrat à 25 millions de dollars : En 2015, Epstein signe (via sa société Southern Trust) un contrat avec le groupe Rothschild pour de l’analyse de risques et de la planification successorale. Il se présente comme représentant la famille.
- Email surréaliste de décembre 2018 : Epstein raconte à Ariane qu’un cours à Harvard affirme qu’Hitler aurait vécu dans un refuge pour SDF financé par… les familles Gutmann, Epstein et Rothschild (voir ici et ici). Elle répond : « Que ce soit une façon de dire que la générosité n’est pas récompensée ou que la théorie du complot existe encore, c’est assez pathétique… »
Le tout alors qu’Epstein avait déjà été condamné en 2008 pour proxénétisme de mineures.
La banque en mode survie
Le conseil d’administration, présidé par Yves Perrier, a officiellement « organisé une surveillance indépendante de la situation » (déclaration du 25-26 février 2026). Le porte-parole de la banque : « Les entrées de capitaux restent particulièrement fortes depuis le début de l’année. Les résultats de mars le confirmeront. La lettre envoyée était une communication transparente et proactive. »
Un client anonyme, cité par The Telegraph : « Si la banque est affectée juridiquement ou financièrement, cela me met en risque. Si la direction a accepté ou toléré ce type d’association, comment garantir l’intégrité ? »
L’atmosphère interne est « extrêmement tendue ».
L’effet papillon d’une affaire sordide
Ce n’est pas qu’un scandale de plus. C’est l’effet papillon classique des élites : un battement d’ailes à Genève peut provoquer un ouragan mondial.
- Fuite de clients : Les ultra-riches détestent le bruit. Une première vague de retraits pourrait forcer la banque à vendre des actifs à perte, affaiblir son bilan et déclencher une crise de confiance.
- Enquêtes réglementaires : La FINMA suisse, l’AMF française et les autorités européennes scrutent déjà. Un banquier qui fréquentait un pédocriminel notoire pendant 6 ans, cela soulève de sérieuses questions sur la rigueur des vérifications préalables et sur le respect des règles de conformité réglementaire.
- Réputation de la dynastie : Les Rothschild, symbole de la finance « discrète et intouchable » depuis 250 ans, voient leur nom traîné dans la boue des réseaux sociaux. Les « théories du complot » explosent (déjà des milliers de posts « Rothschild-Epstein »).
- Domino chez les puissants : Cette affaire s’ajoute aux noms déjà cités dans les fichiers (politiciens, milliardaires, PDG). Chaque nouvelle révélation érode un peu plus la confiance dans « l’élite qui se serre les coudes ».
- Conséquences géopolitiques et sociétales : Quand la baronne de Rothschild elle-même doit supplier ses clients, cela montre que personne n’est intouchable. Cela alimente la colère populaire, renforce les populismes, et pourrait accélérer la défiance massive envers les banques privées, les paradis fiscaux et les réseaux « d’influence ».
Une fois de plus, une élite qui se croyait au-dessus des lois se retrouve exposée par ses propres turpitudes.
Ariane de Rothschild, mère de quatre filles, condamne aujourd’hui « avec la plus grande fermeté » les crimes qu’elle découvrait « en même temps que le public »… tout en ayant proposé à Epstein d’amener ses propres filles sur son île…??!
L’effet papillon est en marche. Et pour l’instant, c’est tout l’empire Rothschild qui tremble. Les clients, eux, ont déjà commencé à calculer le coût de la « confiance ».


Laisser un commentaire