Slovénie : le nouveau président de l’Assemblée nationale annonce un référendum sur la sortie de l’OTAN

Slovénie : le nouveau président de l’Assemblée nationale annonce un référendum sur la sortie de l’OTAN

Ljubljana, 14 avril 2026 – Zoran Stevanović, leader du parti souverainiste Resni.ca (« Vérité »), a été élu le 10 avril président de l’Assemblée nationale (dirige les travaux du parlement et représente l’institution) slovène avec 48 voix sur 90.

Trois jours plus tard, dans une interview à la radio-télévision publique RTV Slovenia, il a confirmé une promesse électorale majeure : organiser un référendum sur le retrait de la Slovénie de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

« Nous avons promis au peuple un référendum sur la question de la sortie de l’OTAN et nous tiendrons ce référendum », a-t-il déclaré sans ambiguïté. Il a également insisté sur la nécessité pour la Slovénie de mener une politique étrangère pleinement souveraine et indépendante, refusant toute ingérence dans les conflits militaires ou diplomatiques d’autres puissances : « La Slovénie n’en tire jamais profit. »

Cette annonce intervient dans un contexte politique slovène particulièrement instable. Les élections législatives de mars 2026 ont fragilisé la majorité du Premier ministre sortant Robert Golob, plaçant Resni.ca, formation anti-système, en position d’arbitre.

Si le référendum se concrétise, la Slovénie – membre de l’OTAN depuis 2004 – deviendrait le premier pays européen à consulter directement sa population sur son maintien dans l’Alliance depuis la fin de la Guerre froide.

Un écho à l’histoire gaullienne de la souveraineté

Cette initiative slovène rappelle un précédent historique majeur. Il y a exactement soixante ans, en mars 1966, le général Charles de Gaulle décidait de retirer la France du commandement intégré de l’OTAN tout en y restant membre politique.

Par une lettre adressée au président américain Lyndon B. Johnson, la France affirmait alors sa volonté de « disposer d’elle-même » et refusait de voir sa défense subordonnée à une organisation dirigée depuis l’étranger.

De Gaulle estimait incompatible avec la souveraineté nationale le fait d’être automatiquement entraîné dans des conflits décidés ailleurs, particulièrement dans un contexte de Guerre froide où les superpuissances risquaient d’entraîner l’Europe dans des escalades incontrôlables. Cette décision permit à la France de développer une dissuasion nucléaire indépendante « tous azimuts », affirmant ainsi son autonomie stratégique et sa capacité à parler d’égal à égal avec Washington et Moscou.

L’OTAN face à ses contradictions actuelles

Aujourd’hui, la question de la pertinence de l’OTAN revient avec une acuité nouvelle. Créée en 1949 comme alliance purement défensive face à la menace soviétique, l’Organisation est de plus en plus perçue par certains observateurs comme un instrument au service d’interventions offensives et d’escalades géopolitiques. Que ce soit à travers des exigences transactionnelles de contributions financières accrues de la part des Européens ou via un soutien massif et prolongé à certains conflits par procuration, l’Alliance apparaît à beaucoup comme ayant dévié de sa vocation originelle de garante de la paix et de la stabilité sur le continent.

Dans ce contexte, la Slovénie pourrait ouvrir une brèche. Si le référendum aboutissait à une sortie, ce serait un signal fort envoyé à l’ensemble des capitales européennes : la sécurité collective atlantique n’est plus considérée comme une évidence intouchable. L’annonce slovène s’inscrit dans un courant souverainiste qui gagne du terrain sur le continent, questionnant ouvertement le modèle actuel de dépendance stratégique.

Pour l’heure, la tenue effective du référendum dépendra de la formation d’une majorité parlementaire et d’un éventuel nouveau gouvernement. Zoran Stevanović a d’ailleurs précisé que, contrairement à l’OTAN, un retrait de l’Union européenne ne recueillerait pas, selon lui, l’adhésion populaire, la Slovénie tirant selon lui davantage de bénéfices de l’UE.

Quoi qu’il en soit, cette déclaration du nouveau président de l’Assemblée nationale slovène relance le débat fondamental sur la souveraineté stratégique en Europe. Soixante ans après le geste gaullien, la question reste la même : les États européens peuvent-ils, et doivent-ils, reprendre en main leur propre destin en matière de défense et de politique étrangère ? La réponse slovène pourrait bien faire écho bien au-delà des frontières de ce petit pays des Balkans.

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