Pékin ne plie pas face à l’hégémonie de Trump : le tungstène comme armes de résistance

Pékin ne plie pas face à l’hégémonie de Trump : le tungstène comme armes de résistance

Alors que l’administration Trump intensifie sa politique de « pression maximale » contre la Chine, Pékin multiplie les ripostes économiques ciblées.

Loin de céder, la Chine transforme chaque offensive américaine en opportunité de réaffirmer sa souveraineté.

Deux dossiers emblématiques illustrent cette détermination : les contrôles draconiens sur les exportations de tungstène, métal stratégique vital pour l’industrie de défense américaine, et le maintien obstiné des importations massives de pétrole iranien malgré les frappes militaires et les sanctions américaines. Dans un contexte de guerre par procuration au Moyen-Orient, Pékin montre qu’il ne se laissera pas asphyxier par l’hégémonie américaine.

Le tungstène, nouvelle arme de la guerre commerciale

La Chine produit et raffine près de 80 % du tungstène mondial, métal indispensable aux munitions perforantes, aux blindages, aux outils de coupe haute performance et aux semi-conducteurs. Dès février 2025, quelques jours seulement après l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers américains de 10 % (puis 20 %) sur les produits chinois, le ministère du Commerce chinois (MOFCOM) a imposé des licences d’exportation obligatoires sur une vingtaine de produits dérivés du tungstène (ammonium paratungstate, oxydes, carbures, etc.).

Ce n’est pas un embargo total officiel, mais un système de licences individuelles qui, dans les faits, bloque ou ralentit drastiquement les ventes vers les États-Unis et leurs alliés. Résultat : les exportations chinoises d’APT (forme intermédiaire principale) ont chuté de plus de 40 % dans certains mois de 2025, tandis que les cours du tungstène ont explosé, atteignant des records historiques (jusqu’à +557 % depuis 2024 sur certains dérivés). Seules 15 entreprises d’État chinoises sélectionnées sont désormais autorisées à exporter pour la période 2026-2027. Pékin justifie officiellement ces mesures par la « protection des ressources nationales et de la sécurité », mais le timing est sans équivoque : une réponse directe aux tarifs Trump et aux restrictions technologiques américaines sur les semi-conducteurs.

Washington, qui ne produit plus de tungstène depuis 2015, se retrouve en position de faiblesse. Le Pentagone a dû accélérer la recherche d’alternatives (Canada, Corée du Sud, Australie), mais les projets miniers alternatifs mettront des années à voir le jour. La Chine a ainsi transformé une contrainte technique en levier géostratégique, prouvant qu’elle maîtrise l’art de la riposte asymétrique.

Le pétrole iranien : Pékin défie les sanctions et les frappes américaines

Le bras de fer ne s’arrête pas aux minéraux critiques. Au Moyen-Orient, l’administration Trump a fait de l’Iran un terrain de « guerre par procuration » contre la Chine. En février 2025, le président Trump a signé le mémorandum NSPM-2 ordonnant une campagne pour ramener à zéro les exportations pétrolières iraniennes, y compris vers la Chine. Les frappes américano-israéliennes lancées fin février 2026 contre les infrastructures iraniennes ont visé explicitement les flux énergétiques, perturbant temporairement les livraisons.

Pourtant, Pékin n’a pas cédé d’un pouce. La Chine reste le premier – et quasiment unique – acheteur du pétrole iranien : plus de 80 % des exportations iraniennes (environ 1,4 million de barils par jour en 2025) sont dirigées vers des raffineries chinoises, principalement les « teapots » indépendants du Shandong. Malgré les sanctions secondaires américaines, la « flotte fantôme » (shadow fleet) et les techniques de transbordement en haute mer permettent à Pékin de continuer à importer ce brut à prix discount (jusqu’à 20-30 % en dessous du Brent).

Pour Trump, frapper l’Iran n’est pas seulement une question de non-prolifération ou de lutte contre le terrorisme : c’est aussi un moyen indirect de priver la Chine de son approvisionnement énergétique bon marché (l’Iran représentait près de 13 % des importations pétrolières chinoises en 2025).

En perturbant ces flux, Washington espère forcer Pékin à se tourner vers des fournisseurs plus chers ou plus dépendants des États-Unis.

Mais la Chine répond par la résilience : elle a diversifié ses ports d’accueil, renforcé ses partenariats avec la Russie et l’Iran, et continue d’acheter massivement malgré les frappes. Résultat : les prix du pétrole ont grimpé (Brent à 82 dollars le baril), pénalisant l’économie américaine plus que l’économie chinoise.

Une stratégie globale de résistance à l’hégémonie américaine

Ces deux dossiers – tungstène et pétrole iranien – ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans une stratégie cohérente de Pékin :

répondre à chaque coup par une contre-mesure calibrée, tout en maintenant ses lignes d’approvisionnement vitales.

Alors que Trump menace de nouveaux tarifs à 100 % et renforce les contrôles sur les technologies, la Chine protège ses intérêts sans jamais rompre les ponts commerciaux.

Cette résistance s’explique par une lecture claire de la situation : pour Pékin, les actions américaines au Moyen-Orient (frappes sur l’Iran, pressions sur le Venezuela) constituent bel et bien des guerres par procuration destinées à affaiblir sa puissance émergente. En maintenant ses importations iraniennes malgré les risques, la Chine envoie un message limpide : elle ne se laissera pas dicter sa politique énergétique ni sa sécurité nationale par Washington.

Face à cette détermination, l’administration Trump est contrainte de négocier des trêves temporaires (comme la suspension partielle de certaines restrictions en novembre 2025). Mais chaque répit est fragile. La Chine, en position de force sur les minéraux critiques et les flux énergétiques alternatifs, démontre qu’elle est prête à jouer le long terme.

Dans ce nouveau Grand Jeu du XXIe siècle, Pékin a clairement choisi son camp : celui de la souveraineté et de la multipolarité. Tant que Washington continuera à confondre leadership et hégémonie, la Chine continuera à riposter avec les armes qu’elle maîtrise le mieux : ses ressources stratégiques et sa capacité à contourner les sanctions.

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