RDC : hantavirus passe au second plan, tandis qu’Ebola fait son apparition

Man in a suit and glasses speaks into a microphone at a United Nations press briefing, with the UN emblem in the blue background.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé vendredi 22 mai que le risque épidémique d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) était désormais considéré comme « très élevé » sur le plan national. Le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a précisé que le niveau régional restait « élevé » et le niveau mondial « faible ». Cette révision remplace la qualification précédente d’« élevé » pour le pays.

La situation dans l’est de la RDC s’est dégradée ces derniers jours. La riposte engagée par les autorités sanitaires a pris du retard, ce qui a provoqué des tensions au sein de la population. Un incident significatif s’est produit jeudi à l’hôpital de Rwampara, dans la province de l’Ituri. Des personnes en colère ont mis le feu aux tentes de confinement des malades. Les dégâts sont importants et les structures sont désormais hors d’usage.

Selon les chiffres communiqués par l’OMS, la dix-septième épidémie d’Ebola enregistrée en RDC a fait 177 victimes sur environ 750 cas probables. La contamination est due à la souche Bundibugyo du virus. Identifiée pour la première fois en 2007 en Ouganda, cette souche ne dispose d’aucun vaccin ni traitement autorisé à ce jour. Les équipes médicales se concentrent donc sur le respect des gestes barrière et le dépistage précoce des nouveaux cas.

Le manque d’outils médicaux rend le contrôle de l’épidémie plus ardu. En parallèle, les mesures imposées par la lutte contre Ebola, comme l’enterrement rapide des corps sans cérémonie, contredisent des pratiques culturelles profondément ancrées. Ces contraintes nourrissent l’incompréhension et la colère chez les proches des défunts. À Rwampara, c’est justement le sentiment d’être privé de rituels funéraires qui a contribué au soulèvement.

Le virus Ebola se transmet par contact étroit avec les liquides corporels d’une personne infectée. La maladie provoque des fièvres hémorragiques souvent mortelles. Pour le moment, l’OMS ne modifie pas son évaluation du risque mondial, qu’elle maintient à un niveau faible. L’organisation onusienne poursuit son soutien logistique et technique aux équipes congolaises dans une zone de l’Ituri déjà fragilisée par des violences armées récurrentes.

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