La crise au Proche-Orient se poursuit avec l’épineuse affaire des mines

La crise au Proche-Orient se poursuit avec l’épineuse affaire des mines

Elle pourrait ralentir la reprise de l’activité économique

La crise au Proche-Orient entre dans une phase particulièrement délicate. Alors qu’un cessez-le-feu fragile est en vigueur jusqu’au 21 avril, l’affaire des mines déployées dans le détroit d’Ormuz constitue le principal obstacle à une sortie de crise et menace de freiner durablement la reprise de l’activité économique régionale.

Depuis la mise en place de ce cessez-le-feu la semaine dernière, les Gardiens de la Révolution iraniens ont averti les navires de commerce de se tenir à l’écart d’une zone de 1.400 km² où pourraient se trouver des mines antinavires. Téhéran dispose d’un arsenal estimé entre 2.000 et 6.000 engins : mines de fond, dérivantes, à ancre ou propulsées par roquette.

Même si le nombre exact reste incertain, cette menace suffit à paralyser totalement le trafic maritime.

Les armateurs et les assureurs hésitent, asphyxiant un peu plus l’économie iranienne déjà durement éprouvée par la guerre et qui dépend à 90 % du commerce maritime. L’Europe et la Chine, très dépendantes de ce passage stratégique, sont également pénalisées.

Du côté américain, deux destroyers ont été déployés pour une mission antimine. Washington reconnaît toutefois ses lacunes dans ce domaine longtemps sous-priorisé et compte sur le savoir-faire européen – français, britannique, belge et néerlandais – équipé de sonars et de drones de déminage. Les Européens, déjà très mobilisés sur le front ukrainien, rechignent à engager des matériels rares loin de leurs priorités. La Russie a d’ailleurs mis en garde contre toute nouvelle escalade.

Même après un cessez-le-feu durable, le déminage complet des chenaux prendra plusieurs semaines sous escorte antiaérienne avant que la navigation puisse reprendre normalement.

Sur le plan diplomatique, les négociations indirectes entre Washington et Téhéran se poursuivent via la médiation pakistanaise à Islamabad. Un premier round a échoué le week-end dernier ; un deuxième cycle est en discussion. Les échanges de messages se multiplient depuis le retour de la délégation iranienne à Téhéran, mais rien de concret n’a encore filtré. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères s’est montré particulièrement prudent.

Donald Trump, qui a imposé un blocus total des ports iraniens, s’est déclaré optimiste en affirmant que « la guerre touche à sa fin ». Il a toutefois durci ses exigences : un abandon « significatif » du programme nucléaire iranien, plus contraignant que l’accord de 2015 qu’il avait dénoncé. Pour Téhéran, le temps joue en sa faveur. L’économie est étranglée, mais l’Iran mise sur l’impatience américaine et les pressions internationales pour obtenir un compromis minimal.

Le dossier libanais complique encore la donne. Trump a annoncé que les dirigeants israéliens et libanais se parleraient ce jeudi, pour la première fois en 34 ans, sous égide américaine. Benjamin Netanyahu pose comme préalable le démantèlement du Hezbollah, allié historique de l’Iran. Un accord au Liban affaiblirait l’« axe de la résistance » et faciliterait les discussions sur Ormuz, mais la méfiance reste totale.

Une concession nucléaire iranienne, des garanties américaines et un déminage international pourraient ouvrir une issue. Le temps presse : le cessez-le-feu expire mardi 21 avril. La reprise économique de la région dépendra largement de la capacité des parties à résoudre cette épineuse affaire des mines.

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