La fragilité politique du Premier ministre britannique Keir Starmer ouvre un nouvel épisode autour du Brexit. Affaibli par la lourde défaite du Parti travailliste aux élections locales du 7 mai, il fait face à des manœuvres de succession qui remettent en cause la ligne officielle sur les relations avec Bruxelles.
L’ancien ministre de la Santé Wes Streeting, qui a démissionné du gouvernement le 14 mai, a plaidé samedi 16 mai lors d’une conférence à Londres pour un rapprochement bien plus ambitieux avec l’Union européenne. Selon lui, le Royaume-Uni doit considérer à terme une nouvelle adhésion, car le Brexit a été une « erreur catastrophique ». Cette déclaration brise le consensus prudent défendu jusqu’ici par la direction travailliste.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2024, Keir Starmer a toujours écarté un retour dans le marché unique, l’union douanière ou la liberté de circulation. Mais les propos de Wes Streeting visent surtout un autre rival : Andy Burnham, maire du Grand Manchester, connu pour ses convictions pro-européennes. Ce dernier doit impérativement remporter une élection législative partielle pour pouvoir briguer la tête du parti. Ses soutiens dénoncent une opération destinée à le fragiliser.
Andy Burnham a répondu qu’il ne faisait pas de l’adhésion un enjeu immédiat de cette campagne, même s’il estime qu’elle se justifie à long terme. Keir Starmer, qui a passé le week-end dans sa résidence de Chequers pour réfléchir à son avenir, a apporté lundi son appui au candidat local, sans commenter directement le fond du débat. Il a simplement affirmé que le scrutin opposerait le Labour au parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.
Ce dernier s’est engouffré dans la polémique, critiquant la position pro-européenne d’Andy Burnham et rappelant son opposition à la libre circulation des personnes. La chef de l’opposition conservatrice Kemi Badenoch a, elle, jugé que rouvrir ce dossier prouvait l’absence de projet du Labour pour le pays.
Le sujet ressurgit alors que Londres et Bruxelles préparent un deuxième sommet bilatéral au début de l’été. Le précédent, en mai 2025, avait débouché sur un « nouveau partenariat stratégique » en matière de défense et de commerce alimentaire. Le Royaume-Uni doit aussi réintégrer le programme d’échanges Erasmus en 2027.
Antoine, rédacteur stagiare, service information


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