La crise politique qui fragilise le gouvernement britannique commence à peser lourdement sur les marchés financiers. Vendredi, les taux des obligations d’État britanniques à dix ans ont dépassé 5,1 %, un niveau inédit depuis la crise financière mondiale de 2008. Cette hausse traduit la méfiance croissante des investisseurs face à l’instabilité politique autour du premier ministre travailliste Keir Starmer.
Depuis plusieurs jours, le chef du gouvernement fait face à une contestation interne après les mauvais résultats du Labour lors des élections locales. Plusieurs figures du parti remettent ouvertement en cause son autorité. La situation s’est aggravée avec le départ du ministre de la Santé Wes Streeting, considéré comme une personnalité influente de l’aile droite travailliste et un possible successeur. Son retrait a renforcé les spéculations sur une lutte de pouvoir au sommet du parti.
Les marchés réagissent rapidement à cette incertitude. Les investisseurs exigent désormais des rendements plus élevés pour acheter de la dette britannique, signe qu’ils considèrent le risque plus important. Les obligations à trente ans ont également fortement progressé, atteignant près de 5,8 %, un record observé pour la dernière fois à la fin des années 1990.
La livre sterling subit elle aussi les conséquences de cette crise. La monnaie britannique a perdu près de 0,9 % face au dollar en une journée. Cette baisse intervient malgré des indicateurs économiques meilleurs qu’attendu. L’économie du Royaume-Uni a progressé de 0,6 % au premier trimestre, soutenue notamment par la consommation des ménages et le secteur des services.
Mais ces chiffres n’ont pas suffi à rassurer les marchés. Les analystes estiment que les investisseurs étrangers, très présents sur la dette britannique, pourraient réduire leurs achats si l’instabilité politique se prolonge. Le Royaume-Uni reste également confronté à une inflation encore élevée et à des finances publiques sous pression après plusieurs années de croissance faible et de hausse des dépenses publiques.
Cette nouvelle tension rappelle les turbulences de 2022, lorsque le projet budgétaire de Liz Truss avait provoqué une crise financière et forcé la Banque d’Angleterre à intervenir en urgence pour stabiliser les marchés.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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