Le ministère de l’Intérieur a confirmé mardi 19 mai le lancement prochain d’une expérimentation d’intelligence artificielle pour le traitement des contentieux des étrangers, confirmant une information de Mediapart. L’outil, baptisé Astrée (Assistance au traitement des requêtes), sera déployé à partir de la fin de l’année 2026 dans les préfectures de Seine-Saint-Denis, des Bouches-du-Rhône, des Hautes-Alpes et d’Ille-et-Vilaine. Le bureau du contentieux des visas, dépendant de la Direction générale des étrangers en France, participera aussi au test.
Ces contentieux concernent les recours déposés contre des décisions préfectorales : refus de titre de séjour, obligations de quitter le territoire français (OQTF), mesures d’éloignement. D’après les chiffres du ministère, le nombre de requêtes a bondi de 18,8 % entre 2024 et 2025, ce qui engorge les services et allonge les délais d’instruction. Actuellement, le traitement d’un recours peut prendre plusieurs mois. Cette augmentation, qui représente plusieurs milliers de dossiers supplémentaires chaque année, pousse l’administration à rechercher des solutions de productivité.
Conçu par la Direction des libertés publiques et des affaires juridiques et la Direction de la transformation numérique, Astrée a pour objectif d’automatiser les tâches répétitives. Concrètement, le logiciel analysera chaque requête, en extraira automatiquement les informations clés – identité, motif du recours, pièces jointes – et générera une synthèse. Le rédacteur disposera ainsi d’un résumé structuré avant d’entamer son enquête juridique, sans avoir à dépouiller manuellement l’ensemble du dossier. Le ministère espère que ce gain de temps permettra aux agents de se concentrer sur l’analyse de fond et la recherche de jurisprudence.
La Place Beauvau insiste sur le fait que l’intelligence artificielle n’a pas vocation à se substituer aux agents instructeurs. Elle doit seulement les décharger des tâches de tri et de saisie, souvent répétitives et chronophages, afin qu’ils se concentrent sur l’analyse de fond. Aucune généralisation n’est prévue avant l’évaluation de l’expérimentation. Si les résultats sont concluants, l’outil pourrait être étendu à d’autres préfectures, avec pour double objectif de fiabiliser le traitement et de faire face à la hausse continue des contentieux.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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