Le simulateur en ligne mis en place par l’administration fiscale a provoqué un flot de déceptions. De nombreux travailleurs espérant l’indemnité de 50 euros pour les grands rouleurs ont découvert leur inéligibilité. Le plafond de ressources, fixé à 1 508 euros net par mois pour une personne seule, exclut tous ceux qui le dépassent, même de peu. Les personnes sans emploi, les retraités et les étudiants, pourtant parfois très dépendants de leur véhicule, sont aussi laissés de côté.
Un agent administratif des pompiers de l’Hérault touche 1 780 euros par mois. Ce célibataire de 45 ans parcourt 30 kilomètres pour se rendre à sa caserne. La flambée du gazole alourdit sa facture mensuelle d’environ 60 euros. Privé de l’aide, il s’appuie désormais sur ses parents pour un repas le soir et ne rend plus visite à sa sœur.
En Ardèche, un sculpteur de ballons refuse des contrats éloignés car les frais de déplacement annulent tout bénéfice. Il critique l’absence de prise en compte des réalités rurales où la voiture reste indispensable. Une fonctionnaire de Haute-Savoie a troqué sa voiture contre le vélo, le train et le bus. Son temps de trajet quotidien est passé d’une à quatre heures. Les vacances d’été dans le Sud-Ouest ont été annulées. Elle aurait préféré une baisse des taxes, tout en reconnaissant que cette mesure profiterait surtout aux ménages aisés.
La situation d’une ancienne cadre informatique devenue paysagiste au smic illustre un autre écueil. Le simulateur a utilisé son revenu de 2024, bien supérieur à son salaire actuel. Résultat : refusée, alors que ses trajets domicile-travail de 20 kilomètres lui coûtent 200 euros par mois.
Un ingénieur autiste de Loire-Atlantique, qui parcourt 300 kilomètres par mois pour ses soins, a également été écarté. Il limite désormais ses loisirs et renonce à voir ses parents à 600 kilomètres. Le Secours catholique constate que cette logique d’aide réservée aux seuls travailleurs instaure une barrière. Des bénéficiaires doivent choisir entre le plein d’essence et l’alimentation. L’association réclame un élargissement des critères. Un retraité normand de 66 ans, qui se rend régulièrement en Ehpad auprès de sa tante de 104 ans à 210 kilomètres, réduit aussi ses dépenses de loisirs.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu présente ce jeudi 21 mai à 17 heures un nouvel ensemble de mesures. Il assure ne vouloir abandonner personne, mais exclut toute baisse de fiscalité pour préserver les finances publiques. Les exclus du simulateur restent dans l’attente de signaux plus concrets.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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