Espagne : le socialiste Pedro Sanchez affaibli par la multiplication des dossiers judiciaires

Large street protest with many people waving Spanish flags and banners, including a central sign that reads 'QUE VOTE TE GEPETTO'.

Pendant que Pedro Sanchez s’entretenait au Vatican avec le pape Léon XIV pour préparer sa visite en Espagne du 6 au 12 juin, la garde civile perquisitionnait le siège du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à Madrid. L’intervention visait une ancienne militante, Leire Diez, soupçonnée d’avoir participé à un réseau d’obstruction aux procédures judiciaires impliquant le parti ou le gouvernement.

Cette opération alourdit un climat déjà plombé par l’affaire Zapatero. L’ancien chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, au pouvoir de 2004 à 2011, est poursuivi depuis le 19 mai pour trafic d’influence. L’enquête examine le renflouement en 2021 de la petite compagnie aérienne Plus Ultra grâce à un prêt public de 53 millions d’euros. Le juge cherche à déterminer si M. Zapatero a été au centre d’un système de commissions occultes. Des photographies de bijoux trouvés dans un coffre-fort mis à disposition par le PSOE ont circulé. Son entourage assure qu’il s’agit d’héritages. Très actif en politique, l’ancien dirigeant a participé aux campagnes des dernières élections régionales, toutes perdues par les socialistes. Initialement convoqué le 2 juin, il a reporté son audition aux 17 et 18 juin. Depuis le Vatican, Pedro Sanchez a déclaré qu’il apportait tout son soutien à son prédécesseur et rappelé la nécessité de respecter la présomption d’innocence.

D’autres échéances judiciaires fragilisent l’exécutif. Le frère du premier ministre, David Sanchez, est jugé à partir du 28 mai pour trafic d’influence lié à son embauche dans une administration régionale. Son épouse, Begoña Gómez, soupçonnée d’avoir utilisé ses relations à des fins privées, est convoquée le 9 juin. Enfin, le verdict dans le procès pour corruption de l’ex-ministre des transports José Luis Abalos est attendu avant l’été.

Au sein même du camp progressiste, le malaise grandit. Ione Belarra, dirigeante de Podemos, a décrit une fin de législature douloureuse, marquée par une érosion de la confiance des électeurs. Le ministre de la fonction publique, Oscar López, a pour sa part laissé entendre que la succession d’affaires ne devait rien au hasard. Dans l’opposition, le Parti populaire réclame des élections anticipées. Son président, Alberto Nuñez Feijoo, estime qu’il n’y a pas d’autre solution que de rendre la parole aux Espagnols.

Pedro Sanchez écarte cette option. Il réaffirme son intention d’aller jusqu’au terme de son mandat en 2027 et mise sur la stabilité politique, qu’il présente comme un levier de la croissance économique espagnole, restée solide à 2,8 % en 2025.

Antoine, rédacteur stagiaire, service information

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