En visite en Chine de mercredi à vendredi, Donald Trump arrive avec un agenda chargé et peut-être une dépendance embarrassante : celle des États-Unis au gallium chinois, indispensable à leur arsenal militaire. La Chine ne se contente pas de détenir une large part des réserves mondiales de terres rares : elle domine aussi leur transformation. Parmi ces matériaux, le gallium occupe une place clé. Utilisé dans les semi-conducteurs, il entre dans la fabrication de nombreux missiles et bombes guidées, piliers des capacités militaires modernes.
Ces dernières semaines, Washington a puisé massivement dans ses stocks. La campagne aérienne menée contre l’Iran a laissé des traces et selon une étude récente de l’Ifri, près de « quarante jours » d’opérations ont donné lieu à « près de 19 000 sorties et quelque 24 000 frappes », menées conjointement par les États-Unis et Israël.
Le consultant en risques internationaux Stéphane Audrand invite d’ailleurs à relativiser : les difficultés de l’industrie de défense américaine « ne se résument pas à la non-production de terres rares ». Autrement dit, le problème dépasse la seule question des matières premières. Chaînes d’approvisionnement fragiles, lenteurs industrielles, arbitrages budgétaires, autant de facteurs qui compliquent la donne.
Donc celui qui a juré de contenir la montée en puissance chinoise se retrouve dans la position humiliante de devoir quémander quoi que ce soit. Tout le monde voit bien la distance entre la rhétorique belliqueuse et la réalité des rapports de force : face à la maîtrise chinoise de certaines ressources critiques, même l’hyperpuissance américaine doit baisser le ton avec la sensation désagréable de jouer en position de faiblesse.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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