Derrière cette faillite programmée, une enquête de Mediapart révèle les manœuvres méthodiques du géant allemand BASF pour éliminer son concurrent français dans les polyamides. Depuis le rachat des activités polyamides de Solvay en 2020, Bruxelles avait imposé la cession d’une partie des actifs à Domo Chemicals, le repreneur belge de Polytechnyl.
Mais dès lors, BASF aurait tout fait pour asphyxier l’entreprise : renchérissement systématique des coûts d’approvisionnement en matières premières, transferts de technologies défavorables, pression tarifaire sur les marchés clients et verrouillage des chaînes d’approvisionnement.
Résultat : une entreprise historiquement rentable et leader européen est devenue structurellement non viable en quelques années seulement.
La Commission européenne, qui avait validé l’opération initiale, est accusée d’avoir fermé les yeux, voire facilité ce monopole de fait.
Les salariés parlent ouvertement de « sabotage concurrentiel » organisé en toute impunité. Pire, Domo Chemicals, pendant ses cinq années de gestion, est également mis en cause pour des fraudes sociales massives sur le congé de reclassement de 128 salariés, laissant certains ex-employés sans ressources dès le 1er mai.
La guerre énergétique allemande : subventions massives et trahison européenne
Ce cas n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une stratégie plus large d’une Allemagne qui, sous couvert d’Europe, mène une guerre économique sans merci contre la France.
Dans l’énergie, Berlin vient d’annoncer des subventions massives de 3 à 5 milliards d’euros, négociées avec Bruxelles, pour diviser par deux ou trois le coût de l’électricité de son industrie lourde. Ces aides « temporaires » permettent à l’Allemagne de contourner les règles du marché européen qu’elle impose pourtant aux autres (voir ici). Pendant ce temps, la France, avec son nucléaire décarboné, continue de subventionner indirectement l’Allemagne via l’indexation des prix de l’électricité sur ceux du gaz et l’obligation de vendre son électricité bas carbone pour compenser les intermittences éoliennes et solaires allemandes. Des banques françaises (BNP Paribas, Société Générale, BPCE, Crédit Agricole) financent même l’expansion des mines de charbon allemandes, comme le prêt de 5 milliards d’euros à RWE pour la mine de Hambach, l’un des sites les plus polluants d’Europe. Résultat : la France investit des centaines de milliards dans des renouvelables importés tandis que son industrie paie le prix fort.
L’alliance toxique Allemagne-UE : marginaliser systématiquement la France
L’alliance Allemagne-UE apparaît de plus en plus comme un outil de marginalisation systématique de la France. Que ce soit dans le projet SCAF (avion de combat du futur, budget de 100 milliards d’euros), où Berlin exige le transfert complet des technologies françaises de Dassault tout en menaçant de tout bloquer et en explorant des alternatives (GCAP avec le Royaume-Uni ou partenariat suédois), ou dans les politiques commerciales où l’UE active l’Instrument Anti-Coercition pour protéger l’automobile allemande face à la Chine et aux États-Unis, c’est toujours le même schéma :
Bruxelles sert de cheval de Troie à Berlin.
Le Green Deal, les sanctions énergétiques contre la Russie et l’austérité imposée via la zone euro : tout concourt à désindustrialiser l’Europe au profit des excédents commerciaux allemands. La France, leader historique dans le nucléaire, l’aéronautique, la défense et la chimie, est progressivement reléguée au rang de figurant, privée de ses atouts compétitifs et forcée de financer un modèle qui l’affaiblit.
La haute trahison de Macron : collaboration active avec Berlin et Bruxelles
Face à cette réalité, la responsabilité d’Emmanuel Macron est écrasante. En cinq ans, son gouvernement n’a cessé de collaborer activement à cette éviction française. Qu’il s’agisse de laisser BASF et Bruxelles organiser le démantèlement industriel de Polytechnyl, d’accepter les règles européennes qui ruinent notre compétitivité énergétique, ou de financer indirectement la machine allemande via les banques et les budgets européens, c’est une politique de soumission assumée.
Cette inaction, ce choix délibéré de placer les intérêts de Berlin et de Bruxelles au-dessus de ceux de la nation, relèvent pour beaucoup d’une haute trahison.
Macron et ses ministres ont regardé, impuissants ou complices, la destruction de pans entiers de notre tissu industriel, au nom d’une « construction européenne » qui n’est plus qu’un marché captif au service de l’Allemagne. Au lieu de défendre la souveraineté nationale, ils ont accéléré le processus de désindustrialisation.
Conclusion : Polytechnyl n’est pas une faillite, c’est un assassinat industriel
Polytechnyl n’est pas une faillite accidentelle. C’est l’aboutissement d’une stratégie concertée : éliminer les concurrents français, s’approprier les technologies, et transformer l’UE en protectorat économique germanique. Pendant que Lone Star récupère les brevets Technyl, que BASF consolide son monopole et que Berlin subventionne son industrie, la France perd des centaines d’emplois qualifiés, des savoir-faire irremplaçables et une part supplémentaire de sa souveraineté.
Il est temps de nommer les choses : ce n’est plus de la simple concurrence, c’est une guerre économique asymétrique menée avec la bénédiction de nos propres élites. La « détraîtrisation » dont parle Philippot devient une nécessité vitale si la France veut survivre en tant que puissance industrielle. Sans rupture radicale avec cette logique de collaboration, les prochains fleurons – nucléaire, défense, chimie, aéronautique – suivront le même chemin que Polytechnyl. La question n’est plus « comment sauver l’industrie française ? » mais « jusqu’où Macron ira-t-il dans cette trahison ? »


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