La nouvelle baisse du chômage interroge les économistes

Miniature workers stand on scattered word cards about unemployment and employment (e.g., 'emploi', 'chômage'), illustrating labor market themes.

Après une fin 2025 chahutée, les derniers chiffres publiés ce mardi 28 avril par France Travail et la Dares dessinent un repli du nombre de demandeurs d’emploi.

Sur les trois premiers mois de 2026, le nombre d’inscrits en catégorie A, ceux sans aucune activité et tenus de chercher un poste, recule de 2,4 %. Si l’on élargit le spectre aux catégories A, B et C, incluant les personnes exerçant une activité réduite, la baisse atteint 1,3 % sur la période. À l’échelle annuelle, le recul reste plus modeste : -0,2 % dans les deux cas.

Mais les statistiques présentées ne tiennent pas compte de certains effets mécaniques liés aux réformes récentes, notamment l’inscription automatique des bénéficiaires du RSA. Ces ajustements administratifs ont gonflé les listes sans refléter fidèlement l’état du marché du travail. Même en corrigeant cet effet, la tendance reste toutefois orientée à la baisse, ce qui conforte l’idée d’un léger mieux.

Faut-il pour autant y voir un retournement durable ? Les autorités elles-mêmes appellent à la retenue. France Travail et la Dares évoquent une « certaine volatilité » des données d’un trimestre à l’autre et invitent à « ne pas surinterpréter » ces résultats. D’autant que ce recul intervient juste après un net coup de chaud à la fin de 2025. Pour les statisticiens, l’amélioration actuelle pourrait bien n’être qu’un effet de balancier, un simple contrecoup technique après une dégradation rapide.

Le contexte global n’incite d’ailleurs pas à l’optimisme. L’Insee rappelait en février que le taux de chômage avait atteint 7,9 % fin 2025, en hausse sensible par rapport aux 7,3 % un an plus tôt. On est loin des 7,1 % observés début 2023, un niveau historiquement bas qui semblait alors ouvrir une séquence plus favorable.

Selon les projections publiées en mars, la courbe du chômage devrait continuer de grimper dans les prochains mois. En cause : une économie en perte de vitesse, incapable de générer suffisamment d’emplois pour absorber une population active en expansion. La réforme des retraites de 2023 continue en effet de pousser davantage de personnes à rester sur le marché du travail, un effet qui ne s’atténuera qu’avec sa suspension prévue à la rentrée 2026.

Antoine, rédacteur stagiaire, service information

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