Navigation dans le détroit d’Ormuz : la France prend l’initiative d’une coalition de 35 chefs d’état-major

Liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz : la France prend l’initiative d’une coalition de 35 chefs d’état-major

Alors que le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce mondial, reste largement paralysé par les tensions entre l’Iran, les États-Unis et Israël, la France a pris une initiative diplomatique et militaire d’envergure. Le 26 mars, le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées (CEMA), a réuni en visioconférence les chefs d’état-major de 35 pays issus de tous les continents.

Objectif affiché : préparer une opération coordonnée pour rétablir la libre navigation dans ce passage stratégique dès que l’intensité des hostilités aura suffisamment baissé.

Cette réunion, organisée à l’initiative exclusive de Paris, n’est pas une déclaration de guerre. Le ministère des Armées français insiste : il s’agit d’une démarche « strictement défensive » et « décorrélée des opérations militaires en cours ». Pas question de s’engager dans les combats, mais de planifier concrètement la reprise sécurisée du trafic maritime une fois la phase la plus aiguë du conflit terminée.

Le détroit d’Ormuz, un goulet d’étranglement mondial en danger

Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, représente un enjeu économique colossal : il voit transiter quotidiennement 20 % du pétrole et une part majeure du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial. Depuis fin février 2026, le passage est quasiment bloqué ou sévèrement perturbé. Téhéran impose un contrôle préalable des navires, n’autorisant que ceux jugés « non hostiles » après autorisation expresse, et menace d’instaurer des droits de passage. Des milliers de navires et de marins sont actuellement coincés, avec des conséquences directes sur les prix de l’énergie et sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Cette crise s’inscrit dans un contexte de tensions exacerbées entre l’Iran d’une part, et les États-Unis et Israël d’autre part. L’Iran a multiplié les déclarations belliqueuses, tandis que Washington et Tel-Aviv maintiennent une posture de dissuasion ferme. Le trafic maritime, déjà fragilisé par les attaques de drones et de missiles ces dernières semaines, risque de rester paralysé pendant des mois si aucune solution coordonnée n’est trouvée.

La France en première ligne : une initiative qui s’inscrit dans la continuité

La visioconférence du 26 mars n’est pas une opération isolée. Elle prolonge directement :

  • Les déclarations d’Emmanuel Macron du 3 mars à Chypre, où le président français avait appelé à une réponse européenne et internationale pour garantir la liberté des mers.
  • La déclaration conjointe du 19 mars signée par six pays (Allemagne, France, Italie, Japon, Pays-Bas, Royaume-Uni), rapidement rejointe par une quinzaine d’autres États. Ce texte pose les bases d’une coalition prête à contribuer à la sécurisation de la navigation.

La France et le Royaume-Uni apparaissent clairement comme les deux locomotives de cette dynamique. Paris assume un rôle de coordinateur, profitant de son expertise historique en matière de protection des voies maritimes (opérations Atalante en mer Rouge, Clemenceau en Méditerranée orientale).

Les 35 pays participants n’ont pas été nommés publiquement pour des raisons de discrétion diplomatique, mais ils couvrent l’Europe, l’Asie, l’Amérique et l’Afrique, signe d’un large consensus au-delà des seuls alliés traditionnels de l’OTAN.

Une coalition défensive, pas offensive

Le ministère des Armées français insiste sur le caractère post-conflit de l’initiative. Il ne s’agit pas de former une armada pour forcer le passage aujourd’hui, mais de préparer, en amont, des mesures concrètes : escortes navales coordonnées, corridors sécurisés, partage de renseignements en temps réel et mécanismes de déconfliction avec les acteurs régionaux. L’objectif est clair : éviter que la crise ne s’éternise et ne provoque un choc économique mondial.

Cette approche tranche avec la posture plus unilatérale des États-Unis et contraste avec l’absence remarquée de l’Union européenne en tant que telle, qui peine toujours à parler d’une seule voix sur les questions de défense.

Enjeux stratégiques pour la France et pour l’Europe

Au-delà de la liberté de navigation, cette initiative renforce la crédibilité de la France comme puissance maritime responsable. Elle rappelle que Paris, dotée de la seconde zone économique exclusive mondiale et d’une marine de haute mer performante, reste un acteur incontournable dans la sécurisation des mers. Elle permet aussi à la France de démontrer que l’Europe peut agir de manière autonome, sans attendre systématiquement le feu vert de Washington.

Pour l’économie française et européenne, l’enjeu est vital : une prolongation du blocage d’Ormuz ferait exploser encore davantage les prix du carburant et pénaliserait lourdement les industries exportatrices. C’est aussi une question de souveraineté énergétique : la France, avec son parc nucléaire, est moins dépendante que d’autres (exceptée l’automobile), mais l’Europe dans son ensemble ne peut pas se permettre une telle vulnérabilité.

Vers une Europe de la défense qui passe aux actes ?

Cette réunion de 35 chefs d’état-major illustre un tournant. Alors que l’UE reste souvent paralysée par ses divisions, la France veut prouver qu’elle peut mobiliser une coalition large et concrète sur un sujet qui touche directement la sécurité collective. Reste à savoir si cette dynamique débouchera sur une opération effective dès que les conditions le permettront, ou si elle restera au stade des bonnes intentions.

Dans un monde où les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie) redessinent les lignes de force maritimes, la France tente de rappeller qu’elle n’entend pas rester spectatrice. La libre navigation dans le détroit d’Ormuz n’est pas qu’une question technique : c’est un test de volonté politique pour l’ensemble des nations qui refusent de voir les mers transformées en zones de non-droit.

La balle est désormais dans le camp des acteurs régionaux et des grandes puissances. La France, en prenant l’initiative, a posé les bases. Il reste à transformer cette réunion en action concrète. L’Histoire jugera si l’Europe des 35 a su, cette fois, passer de la parole aux actes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

NOUS CONCERNANT
NOUS CONCERNANT
MultiPol 360
À l’heure où tout semble s’effondrer dans les sociétés humaines et où ceux qui prônaient un Nouvel Ordre Mondial unipolaire découvrent avec rage que la majorité des peuples du monde n’acceptent plus la dictature occidentale, notre équipe a décidé de vous présenter ce monde en mutation en analysant les faits principaux qui sont soit occultés soit manipulés par les médias aux ordres. Nous couvrons l’essentiel de l’actualité française et internationale sans que vous perdiez votre temps à chercher parmi les milliers d’informations qui nous sont proposées chaque jour. Aujourd’hui, ceux qui veulent s’informer pour approcher la vérité et résister à la désinformation du Système ont un nouvel outil à leur disposition : Il s’appelle MultiPol360. Nous sommes heureux de le mettre à votre disposition. Bienvenue dans le monde multipolaire de demain !

NOS CONSEILS DE LECTURE

Vous y trouverez des conseils de lecture qui vous aideront à mieux comprendre les enjeux de la géopolitique et des interactions qui gouvernent notre monde.

SITES AMIS