L’incertitude est levée sur un point central du programme économique du Rassemblement national. Marine Le Pen a affirmé que son parti conservera l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans dans son projet pour l’élection présidentielle de 2027. Cette déclaration met fin à plusieurs mois de flottement, durant lesquels les responsables du RN avaient évité de trancher nettement entre un retour à 60 ans et le maintien de l’âge relevé à 64 ans par la réforme de 2023.
La candidate potentielle a précisé que, dans certains cas, un départ à 60 ans resterait possible. Elle n’a toutefois pas détaillé les conditions exactes, renvoyant ces précisions à la publication complète du programme. Le RN avait voté contre la réforme des retraites portée par le gouvernement Borne, mais ses prises de position ultérieures étaient devenues plus vagues. En 2024, Jordan Bardella, alors tête de liste aux élections européennes, avait déclaré que le retour à 60 ans ne ferait pas partie des priorités immédiates. Aujourd’hui, la femme politique choisit une ligne fixe à 62 ans, un chiffre qui était en vigueur avant la dernière réforme et qui reste majoritaire dans l’opinion selon plusieurs enquêtes récentes.
Sur le volet des salaires, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale a réitéré son opposition à une hausse du Smic. Elle considère qu’une telle mesure créerait, selon ses termes rapportés, une « trappe à bas salaires » et imposerait un coût supplémentaire aux entreprises. À la place, elle propose d’augmenter de 10 % l’ensemble des rémunérations, tous niveaux confondus. Cette revalorisation s’accompagnerait d’un moratoire sur la progression des cotisations sociales, afin de ne pas alourdir les charges des employeurs. Le dispositif reste toutefois à préciser, notamment sur son financement et son caractère obligatoire ou incitatif.
L’intervention intervient alors que l’avenir politique immédiat de la femme politique demeure suspendu à une décision judiciaire. La cour d’appel de la capitale doit rendre son arrêt le 7 juillet dans l’affaire des assistants parlementaires du RN au Parlement européen. En cas de condamnation assortie d’une peine d’inéligibilité, même avec sursis, elle pourrait être empêchée de concourir. Dans cette hypothèse, Jordan Bardella, qui jouit d’une grande popularité parmi les Français, est pressenti pour prendre le relais.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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