Vendredi 24 avril, après sa rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz, Emmanuel Macron fait le pied de grue devant les micros et les caméras. On lui demande si le SCAF est définitivement enterré. « Non, pas du tout », répond‑il net. Le projet, censé donner naissance à un avion de combat franco‑allemand, rejoint par l’Espagne, croule pourtant sous les retards, les reports de réunions et les réserves de l’industrie. En coulisse, on se parle de moins en moins bien entre Dassault Aviation et Airbus.
Comment éviter que le SCAF ne se transforme en projet fantôme, financé comme un monstre sacré mais décidé comme un compromis bancal ? Macron assure avoir eu « une bonne discussion » ce matin‑là avec le chancelier. Les deux hommes ont donné mandat à leurs ministères de la Défense de creuser plusieurs pistes, pas seulement autour de l’avion, mais sur l’ensemble des liens militaires entre les deux pays. « On continue d’avancer », répète‑t‑il.
Depuis 2017, date de l’acte de naissance du SCAF scellé entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, le discours officiel est toujours le même. Il s’agit de construire un système global, un chasseur de nouvelle génération, des drones connectés, un réseau de communication numérique baptisé « cloud de combat ». Le budget frôle les 100 milliards d’euros, ce qui, au‑delà de la technique, engage des enjeux industriels énormes.
Les industriels français et allemands ne se rencontrent pas seulement sur un plan technologique, mais sur des questions de leadership, de propriété des brevets, de position sur le marché mondial. Le SCAF, qui devait illustrer la solidarité franco‑allemande, devient un microcosme où chaque pays défend un modèle économique autant qu’un projet militaire.
Friedrich Merz, à la fin mars, a déjà affirmé qu’il ne voulait pas voir le programme s’éteindre. De son côté, le président français n’a, jamais, officiellement dévié. La ministre des Armées Catherine Vautrin évoquait ces jours‑ci un délai supplémentaire de dix jours, jusqu’au 28 avril, pour que les médiateurs franco‑allemands déposent leurs conclusions.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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