À chaque crise sociale ou agricole, les radars automatiques trinquent et leur remise en service traîne souvent en longueur. Sur les quelque 5 000 appareils déployés dans l’Hexagone, plusieurs centaines ont été rendus inopérants ces dernières années. Certains restent hors service pendant des semaines, parfois des mois.
Le phénomène a pris de l’ampleur avec la crise agricole lancée début 2024. Dans plusieurs départements comme Doubs, Gers, Rhône, des actions coordonnées ont visé ces équipements. Selon des syndicats locaux, jusqu’à 90 % des radars auraient été neutralisés temporairement dans certaines zones. À Bagas, en Gironde, un appareil surnommé « le plus détesté du département » a été vandalisé à six reprises en deux ans. Plus récemment encore, les tensions liées aux accords commerciaux internationaux, comme le Mercosur, ont ravivé ces attaques, notamment dans le sud-ouest.
Pourquoi ces remises en état prennent-elles autant de temps ? D’abord parce que la gestion des radars relève d’un système centralisé. Le ministère de l’Intérieur, via la Délégation à la sécurité routière, pilote l’ensemble : implantation, maintenance, réparations. Et comme souvent dans l’administration, les délais s’allongent., d’autant que les interventions passent fréquemment par des prestataires privés, ajoutant une couche de complexité.
Et la facture varie fortement selon l’ampleur des dégâts : quelques centaines d’euros pour une vitre brisée, jusqu’à 200 000 euros pour remplacer un radar dernière génération. Certains radars sont simplement « aveuglés » — leur capteur est obstrué, mais l’appareil reste intact. D’autres nécessitent un travail technique lourd : remplacement de composants électroniques, recalibrage, sécurisation, sans oublier les vérifications administratives et judiciaires.
Surtout, l’État établit des priorités. Les radars situés sur des axes très fréquentés ou accidentogènes sont réparés en urgence. À l’inverse, ceux implantés en zones rurales peuvent attendre plus longtemps.
Taguer, masquer ou dégrader un radar peut coûter jusqu’à 15 000 euros d’amende. Détruire l’appareil expose à 75 000 euros et cinq ans de prison. Et si l’action est collective ou dissimulée, la peine grimpe encore — jusqu’à 100 000 euros et sept ans d’emprisonnement.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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