Les enquêteurs ont procédé à quatre interpellations décisives, quatre jours après l’attaque qui a ensanglanté la place des Amaryllis, dans le quartier des Moulins. L’opération, conduite dans la nuit du mercredi au jeudi puis toute la journée de jeudi, s’est déployée sur plusieurs communes, pas uniquement à Nice. Le préfet des Alpes-Maritimes a confirmé que le tireur présumé figure parmi les personnes placées en garde à vue. Le parquet de Marseille, chargé du dossier, invite toutefois à la prudence : les investigations doivent encore déterminer avec précision le rôle de chacun des quatre mis en cause.
Le lundi précédent, aux alentours de 15h20, des coups de feu ont éclaté en pleine cité. Le bilan est lourd : deux personnes décédées et six autres blessées grièvement. Selon le parquet de Nice, les victimes tuées n’entretenaient aucun lien avec le trafic de stupéfiants. Ce point a immédiatement renforcé l’indignation locale.
La juridiction interrégionale spécialisée de Marseille a récupéré l’enquête, comme c’est la règle pour les affaires relevant de la criminalité organisée. Ses magistrats ne se penchent pas uniquement sur la fusillade du lundi. Des tirs avaient déjà retenti le vendredi précédent dans ce même secteur. Les policiers s’attachent maintenant à établir un éventuel lien entre ces deux épisodes de violence.
Le quartier des Moulins, classé zone de sécurité prioritaire, est identifié par les autorités comme un haut lieu du trafic de stupéfiants. Des opérations de contrôle y sont menées régulièrement, sans parvenir à éteindre les tensions. Le maire, Éric Ciotti, a salué le travail des enquêteurs de la police judiciaire et a réclamé des sanctions extrêmement lourdes contre les auteurs. Il a dénoncé des actes qui, selon ses propos, visent à défier l’autorité de l’État.
Le régime de la garde à vue en matière criminelle autorise une durée maximale de 96 heures. Ce délai donne aux enquêteurs le temps de confronter les versions, d’exploiter les données téléphoniques et les images de vidéosurveillance, et de débusquer d’éventuelles complicités. Les auditions en cours devraient permettre de reconstituer l’emploi du temps des suspects et de préciser la nature des liens qui les unissent. La JIRS de Marseille poursuit ses investigations sans précipitation, en intégrant les deux scènes de tir. Les prochains jours seront consacrés à la vérification des alibis et à l’analyse des armes éventuellement saisies durant les perquisitions menées au moment des arrestations.
Antoine, rédacteur stagiaire, service information


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